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.. Un autre monde

Couverture du livre Un autre monde

Auteur : Michka Assayas

Date de saisie : 02/02/2016

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rivages, Paris, France

Prix : 18.00 €

ISBN : 9782743634919

GENCOD : 9782743634919

Sorti le : 06/01/2016

Michka Assayas a tous les talents : il passionne les auditeurs de France Inter le dimanche, en partageant ses goûts musicaux (souvent du rock), il écrit des livres excellents (sur Bono par exemple), et il est aussi un romancier audacieux. L'écrivain qui est en lui exprime un souffle de liberté. Assayas nous apprend à aimer non seulement la musique mais aussi l'inattendu. Il aime la vie dans son ampleur. Il apprécie la singularité et les chemins de traverse. Son écriture est un bain de jouvence.
Dans «Un autre monde» Michka est critique de rock, écrivain et scénariste. Il est un père aimant. Pourtant, son fils de 16 ans et lui glissent petit à petit dans une incompréhension mutuelle. Le fils déserte les cours et disparaît des journées entières. Le dialogue est rompu. Naît alors une idée folle. Michka Assayas n'a jamais fait de musique. Il va tout de même proposer à son fils de créer un groupe de rock : «Suis Bomba». «Créer» : le mot magique est prononcé. Au-delà de l'âge et des générations existe un territoire merveilleux appelé «création». Nous trouvons en nous une énergie salvatrice, ici et maintenant.
Un autre monde raconte comment cette idée folle a sauvé la relation de Michka avec son fils et apporté un nouveau départ. Bientôt ils jouent ensemble certains morceaux qu'ils ont appris.
De ses confessions autobiographiques, nous découvrons la confiance dans la vie. Quel cadeau somptueux !


  • Les présentations des éditeurs : 28/12/2015

Un père et son fils, âgé de seize ans, jusque-là complices, sont brusquement séparés par une incompréhension mutuelle. Le père constate la disparition régulière de son téléphone, de son ordinateur portable, de son baladeur. Le fils déserte le foyer, fuit les cours et ne donne aucun signe de vie pendant des journées entières. Le dialogue est devenu impossible. Mais tout n'est pas perdu. Contre tout bon sens, le père, passionné de rock mais sans la moindre compétence de musicien, propose à son fils, qui a appris la batterie, de créer un groupe avec lui. Il branche un clavier à son ordinateur, fait l'acquisition d'une guitare basse et convainc même une jeune étudiante néo-punk de devenir chanteuse.
En nous racontant comment une entreprise folle a sauvé sa relation avec son fils et a apporté un nouvel élan à sa vie, Michka Assayas nous livre aussi un passionnant roman générationnel, centré sur l'histoire du rock, qui évoque avec finesse les questions de la transmission et de l'héritage dans un monde en pleine mutation.

Écrivain et spécialiste du rock, Michka Assayas est notamment le maître d'oeuvre du Dictionnaire du rock, et l'auteur de plusieurs romans, dont Exhibition (prix des Deux Magots, 2003) et Faute d'identité. Il anime également une émission sur France Inter, consacrée à l'histoire du rock : Very good trip.



  • La revue de presse Clémentine Goldszal - Les Inrocks, janvier 2016

C'est une histoire digne d'un roman de Nick Hornby : un écrivain d'une cinquantaine d'années, fan de musique depuis l'âge tendre, critique rock éminent, décide un jour de monter sur scène, assouvissant ainsi un rêve lointain dont il a mis du temps à accepter la réalité pressante. L'histoire ne se passe pas à Londres mais à Paris, le journaliste n'est pas Lester Bangs mais le non moins respecté Michka Assayas. Auteur d'un monumental Dictionnaire du rock, de quelques romans plus ou moins remarqués, d'un livre best-seller d'entretiens avec Bono...


  • Les courts extraits de livres : 28/12/2015

J'appartiens à cette catégorie de l'humanité pour qui chanter et jouer d'un instrument tout en restant en rythme a longtemps paru un exploit impossible - un peu comme piloter un avion supersonique. À douze ans, j'ai bien pris des cours de guitare classique avec un virtuose du flamenco. Ce petit Espagnol aux longues moustaches tombantes m'apprenait des chansons révolutionnaires. Il me dit une fois que, le jour de la mort de Franco, il «danserait». Je l'adorais. Hélas, il disparut vite et jamais je n'ai su s'il accomplit sa promesse. Il me mit entre les mains d'un de ses élèves, un gringalet sinistre qui m'enseignait la guitare dans le garage de ses parents comme si c'était des maths. Or j'étais nul en maths. Bien plus tard je compris qu'il n'avait pas tort : la musique obéit à des règles mathématiques, comment l'ignorer ?
Tordu sur mon instrument, je préférais me plonger dans un gros album réunissant les chansons de Bob Dylan. Sur les feuilles qui se détachaient, les paroles étaient imprimées en caractères de machine à écrire, surmontées, en plus petit, au-dessus de la syllabe indicative, du nom de l'accord à jouer. Je ne connaissais que les plus courants : do majeur, la mineur, sol majeur, peut-être une demi-douzaine en tout. Pour former les autres, je disposais de petites grilles dont les six lignes horizontales croisées symbolisaient les cordes et les frettes de la guitare. De petits ronds noirs indiquaient les positions des doigts sur les cases. Certaines me désespéraient par leur difficulté. Quelques formules scandées par Dylan étaient faciles à comprendre («How does it feel ?», «You know something's happening but you dont know what it is, do you, Mr. Jones ?»), mais d'autres me laissaient perplexe et, pour cette raison, me fascinaient. Je m'interrompais à chaque ligne pour chercher dans le dictionnaire Harrap's les mots dont le sens m'échappait. Je tournais et retournais les vers de Dylan qui, même traduits, restaient pour moi de l'hébreu : «Of war and peace the truth just twists / Its curfew gull just glides», même aujourd'hui je ne comprends pas clairement ce qu'il a voulu dire (et sans doute lui encore moins) au début de «Gates of Eden». De la guerre et de la paix la vérité se retourne / Et plane sa mouette de couvre-feu ? Quand la chanson avait plus de trois ou quatre accords, ou simplement que l'un d'eux était trop dur à plaquer, je passais à la suivante, et ainsi de suite. Je ne cherchais jamais à être en rythme, à aucun moment cette préoccupation ne me traversait. Je commençais sur un tempo arbitraire, puis, entraîné par l'émotion, j'accélérais. Mon impatience était grande et je me décourageais vite. Il y avait bien une chanson facile, «It's Alright, Ma», à l'accord unique, où je tentais quelques espagnolades à la main droite. Dans ma chambre d'enfant j'avais la hantise qu'on ne m'entende, alors je m'efforçais, pour ainsi dire, de crier en sourdine, sifflant entre mes dents cette chanson pleine de mépris et de fureur. J'avais le ventre noué à l'idée qu'on me découvre, pire que si l'on m'avait surpris à me branler.


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