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.. Les disparus du phare

Couverture du livre Les disparus du phare

Auteur : Peter May

Traducteur : Jean-René Dastugue

Date de saisie : 20/07/2016

Genre : Policiers

Editeur : Rouergue, Arles, France

Collection : Rouergue noir

Prix : 22.50 €

ISBN : 9782812610646

GENCOD : 9782812610646

Sorti le : 01/06/2016

Sorti d'une mer déchaînée, au beau milieu de l'île de Lewis, le narrateur cherche désespérément à retrouver la mémoire qui lui fait défaut. D'indices incertains en rencontres ambiguës, il recompose peu à peu le puzzle de sa mémoire. Mais le réussira-t-il avant d'être rattrapé par son passé ? Peter May nous entraîne dans une course échevelée où il sème les fausses pistes avec un plaisir évident tout en s'interrogeant sur ce qui fait notre identité.


  • Les présentations des éditeurs : 11/05/2016

Rejeté par les vagues, un homme reprend connaissance sur une plage. Tétanisé par le froid, le coeur au bord des lèvres, frôlant dangereusement le collapsus. H ignore où il se trouve et surtout qui il est; seul affleure à sa conscience un sentiment d'horreur, insaisissable, obscur, terrifiant. Mais si les raisons de sa présence sur cette île sauvage des Hébrides balayée par les vents lui échappent, d'autres les connaissent fort bien. Alors qu'il s'accroche à toutes les informations qui lui permettraient de percer le mystère de sa propre identité, qu'il s'interroge sur l'absence d'objets personnels dans une maison qu'il semble avoir habitée depuis plus d'un an, la certitude d'une menace diffuse ne cesse de l'oppresser. Muni, pour seuls indices, d'une carte de la route du Cercueil qu'empruntaient jadis les insulaires pour enterrer leurs morts, et d'un livre sur les îles Flannan, une petite chaîne d'îlots perdus dans l'océan marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, de trois gardiens de phare, il se lance dans une quête aveugle avec un sentiment d'urgence vitale.
Revenant à l'île de Lewis où il a situé sa trilogie écossaise, Peter May nous emporte dans la vertigineuse recherche d'identité d'un homme sans nom et sans passé, que sa mémoire perdue conduit droit vers l'abîme.

Né en 1951 à Glasgow, Peter May a été journaliste, puis brillant et prolifique scénariste de la télévision écossaise. Il vit depuis une dizaine d'années dans le Lot où il se consacre à l'écriture. Sa trilogie écossaise - L'île des chasseurs d'oiseaux, L'Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu -, initialement publiée en français par les Editions du Rouergue, a conquis le monde entier. Saluée par de nombreux prix littéraires, toute son oeuvre est disponible aux Éditions du Rouergue.



  • La revue de presse Hubert Prolongeau - Télérama du 29 juin 2016

...Lewis, petite île où tempêtes et marées rythment le quotidien. Passant des descriptions inspirées d'une nature sauvage à l'auscultation anthropologique d'un passé encore très présent, Peter May a su faire de ce bout de terre un personnage, et rendre palpable le mode de vie rude qu'il impose.


  • Les courts extraits de livres : 11/05/2016

La première chose dont je suis conscient est le goût du sel. Il emplit ma bouche. Envahissant. Pénétrant. Il domine mon être, étouffe mes autres sens. Jusqu'à ce que le froid me saisisse. Qu'il me soulève et me serre entre ses bras. Il me tient si fermement que je ne peux bouger. À part les tremblements. Intenses et incontrôlables. Et, quelque part dans mon esprit, je sais que c'est une bonne chose. Mon corps essaie de produire de la chaleur. Si je ne tremblais pas, je serais mort.
Après ce qui me semble être une éternité, je parviens à ouvrir les yeux. Je suis aveuglé par la lumière. Une douleur fulgurante me vrille le crâne et mes pupilles se contractent rapidement pour faire le point sur un étrange décor. Je suis étendu sur le ventre, du sable humide sur les lèvres, dans les narines. Je cligne frénétiquement des yeux pour que mes larmes les nettoient. Et tout ce que je vois, c'est une étendue de sable qui file vers un horizon brouillé en ondulations serrées. Pâle comme du platine. Presque blanc.
À présentée prends conscience du vent. Il tire sur mes vêtements, propulse une myriade de grains de sable qui forment un voile de l'épaisseur d'un soupir et traversent la plage en courants et tourbillons, tel un cours d'eau.
Je m'oblige à me mettre à genoux, actionnant mes muscles plus par réflexe que par la force de ma volonté, sans sentir mon corps. Presque immédiatement, le contenu de mon estomac se répand sur le sable. L'eau de mer dont il était rempli, amère, me brûle la gorge et la bouche en s'échappant. Je laisse ma tête pendre entre mes épaules et, soutenu par mes bras tremblants, je vois l'orange vif du gilet qui m'a certainement sauvé la vie.
C'est alors que j'entends la mer pour la première fois, au-dessus du vent, distincte du fracas qui m'envahit la tête, de ce bourdonnement atroce qui noie presque tout.
Je suis maintenant, Dieu sait comment, debout, les jambes flageolantes. Mon jean, mes chaussures de sport, mon pull sous le gilet de sauvetage, tous gorgés d'eau, m'alourdissent. J'essaie de contrôler ma respiration, les poumons agités de spasmes, et j'observe au loin les collines environnantes, au-delà de la plage et des dunes, et la roche violet, brun et gris qui perce la fine peau de terre tourbeuse qui s'accroche à leurs flancs.
Derrière moi, peu profonde, turquoise et sombre, la mer se retire des hectares de sable qui rejoignent les silhouettes noires des montagnes se découpant à distance contre un ciel menaçant, marbré de bleu et de mauve. Des échardes de soleil éclatent à la surface de l'océan et mouchettent les collines. Par endroits, un ciel d'un bleu parfait troue les nuages, surprenant, irréel.
Je n'ai aucune idée du lieu où je me trouve. Et, pour la première fois depuis que j'ai repris conscience, je me rends compte, soudain saisi par une angoisse fulgurante et douloureuse, que je n'ai pas la moindre notion de qui je suis.
Cette pensée me coupe le souffle et occulte tout le reste. Le froid, le goût du sel, la brûlure acide qui remonte de mon estomac. Comment puis-je ne pas savoir qui je suis ? Une confusion passagère des sens, certainement. Mais le temps passe et je reste là, debout, le vent me sifflant aux oreilles, tremblant de façon incontrôlable, assailli par la douleur, le froid et le désarroi, comprenant que la seule sensation qui persiste à m'échapper est la perception de qui je suis. Comme si j'habitais le corps d'un étranger, échoué en territoire inconnu, complètement perdu.


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