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.. La chair

Couverture du livre La chair

Auteur : Rosa Montero

Traducteur : Myriam Chirousse

Date de saisie : 31/03/2017

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque hispanique

Prix : 18.00 €

ISBN : 9791022605403

GENCOD : 9791022605403

Sorti le : 19/01/2017

Une histoire très agréable à lire, légère en apparence mais qui se révèle d'une grande profondeur.
L'héroïne, parfois agaçante et souvent plus vraie que nature. L'écriture est fluide et le roman est émaillé de jolies considérations, toujours très bien vues, sur la maternité, la vie et l'amour, la folie, la gémellité et les "écrivains maudits".
Un roman réaliste, bien rythmé, sympathique et intelligent.


  • Les présentations des éditeurs : 10/02/2017

Pas facile d'accepter son âge quand on a soixante ans, qu'on vit seule et que votre amant vous quitte pour faire un enfant avec sa jeune épouse. Soledad engage donc un gigolo de trente ans pour l'accompagner à l'opéra et rendre jaloux le futur père. Mais à la sortie, un événement inattendu et violent bouleverse la situation et marque le début d'une relation trouble, volcanique et peut-être dangereuse.
Soledad se rebelle contre le destin avec rage et désespoir, avec humour aussi, et le récit de son aventure se mêle aux histoires des écrivains maudits de l'exposition qu'elle prépare pour la Bibliothèque nationale.
La Chair est un roman audacieux et plein de surprises, l'un des plus subtils et personnels de l'auteur. Son intrigue touchante nous parle du passage du temps, de la peur de la mort, de l'échec et de l'espoir, du besoin d'aimer et de l'heureuse tyrannie du sexe, de la vie comme un épisode fugace au cours duquel il faut dévorer ou être dévoré. Le tout dans un style allègrement lucide, cruel et d'une ironie vivifiante.
Une grande romancière décortique avec acuité et humour les sentiments d'une séductrice impénitente aux prises avec les ravages du temps.

Rosa Montero est née à Madrid où elle réside. Après des études de journalisme et de psychologie, elle entre au journal El Pais où elle est aujourd'hui chroniqueuse. Best-seller dans le monde hispanique, elle est l'auteur de nombreux romans, essais et biographies, traduits dans de nombreuses langues, parmi lesquels La Fille du cannibale (prix Primavera), Le Roi transparent et L'Idée ridicule de ne plus jamais te revoir.



  • La revue de presse Sophie Pujas - Le Point, mars 2017

Dans La Chair, son nouveau roman, l'histoire est vieille comme le monde : celle du désir déraisonnable d'un être qui voit la jeunesse lui échapper pour de la chair fraîche...
Pourtant, le sexe n'est ici jamais qu'une façon de se perdre, de se mettre en danger. Montero ausculte un être au bord de la brisure, qui fait le compte de ce qui lui restera interdit.


  • La revue de presse Hubert Artus - Lire, février 2017

Cruel, ironique, mais aussi sensuel : un roman tendu comme un arc et d'une efficacité exemplaire...
Dans la lignée de ses romans précédents (notamment dans La Folle du logis, qui reparaît en poche), l'auteure brandit le pouvoir de la culture pour surpasser les douleurs intimes. Rosa Montero offre ici une histoire brève doublée d'une composition sur l'envoûtement. Soledad se raconte des histoires. Elle s'en fait une montagne, pour se prouver qu'elle peut encore la renverser.


  • La revue de presse Macha Séry - Le Monde du 9 février 2017

Réflexion sur la vieillesse et le besoin viscéral d'amour, La Chair, de la grande romancière espagnole Rosa Montero, mêle humour et inquiétude, mélancolie et optimisme. Son récit témoigne combien le sexe peut être une dictature aussi délicieuse qu'impérieuse.


  • Les courts extraits de livres : 21/11/2016

La vie est un petit espace de lumière entre deux nostalgies : celle de ce que vous n'avez pas encore vécu et celle de ce que vous n'allez plus pouvoir vivre. Et l'instant précis de l'action est si confus, si fuyant et si éphémère que vous le gaspillez à regarder autour de vous avec hébétude.
En cette fin de nuit d'octobre, cependant, Soledad était bien plus furieuse qu'hébétée. Trop de colère c'est comme trop d'alcool, cela produit une intoxication qui vous fait perdre la lucidité et le discernement. Les neurones grillent, la raison cède la place à l'obnubilation et une seule pensée occupe la tête : vengeance, vengeance, vengeance. Enfin, peut-être une pensée et un sentiment : vengeance et douleur, vengeance et beaucoup de douleur.
Impossible de penser à se coucher dans cet état, malgré un rendez-vous très important à la bibliothèque à neuf heures du matin. Dans ces conditions d'incendie mental, le lit ne faisait qu'aggraver la situation. L'obscurité des nuits était remplie de monstres, en effet, comme Soledad le craignait et le soupçonnait dans son enfance ; et les ogres se nommaient obsessions. Elle poussa un soupir qui gronda comme un rugissement et cliqua encore une fois sur le lien. La page s'ouvrit à nouveau, un graphisme élégant dans les gris et mauve. Elle chercha l'onglet qui disait "Galerie" et entra. Les trois premiers garçons apparurent à l'écran ; une photo de chaque et une description succincte, le prénom, l'âge, la taille, le poids, la couleur des cheveux et des yeux, la condition physique. Athlétique. Ils disaient tous athlétique, même ceux qui semblaient avoir un peu d'embonpoint. Sur la première photo, presque tous étaient habillés ; mais lorsque vous cliquiez sur les images, deux ou trois autres clichés de chaque homme apparaissaient, dont un généralement avec le torse nu et la ceinture du pantalon plutôt tombante, laissant voir quelques centimètres de peau tendue et tentante sous le nombril. Certains, plus audacieux, s'affichaient entièrement nus, mais, dans ce cas, allongés à plat ventre et entourés d'ombres, montrant juste le dôme parfait de leurs fesses. Il s'agissait d'assez bonnes photos dans l'ensemble, faites avec un certain goût. On voyait que c'était un site cher. AuPlaisirDesFemmes.com. C'étaient des gigolos, des escorts. Des prostitués masculins. Le service minimum, deux heures, coûtait trois cents euros, hôtel compris. Les femmes se retrouvaient perdantes, comme toujours, rumina Soledad : les gigolos coûtaient plus chers que les putes.
Elle réexamina la galerie avec attention. Il y avait quarante-neuf hommes, l'immense majorité dans la trentaine, quelques-uns la vingtaine, deux ou trois de plus de quarante ans. Plusieurs noirs. On ne pouvait pas dire que les garçons étaient laids ; en fait, presque tous répondaient au modèle standard de l'homme jeune, fort et les traits réguliers. Mais, à l'exception d'un ou deux, ils ne lui plaisaient pas. Les plus beaux lui faisaient l'effet de mannequins en plastique, retouchés et pomponnés, sans expression ni personnalité. Et elle trouvait aux moins bien lotis de terribles têtes de brutes. Il est vrai que Soledad avait toujours été difficile à contenter : son désir était exigeant, pointilleux et tyrannique. Quoi qu'il en soit, elle n'avait même pas à désirer le gigolo. Elle cherchait simplement quelqu'un ayant un physique renversant. Un accompagnateur spectaculaire qui rendrait Mario jaloux. Ou, du moins, sans être jaloux, qu'il voie qu'elle se débrouillait très bien sans lui. Elle imagina un instant la scène à l'opéra. Par exemple : elle, entrant au Teatro Real accompagnée par le canon et tombant sur Mario et sa femme dans le hall ; et elle, sereine, légère, imperturbable, laissant glisser sur son ancien amant un regard hautain et glacé ; certes, regarder de haut une personne qui mesurait dix centimètres de plus qu'elle allait être compliqué, mais, dans son imagination, Soledad parvenait à régler à la perfection cette géométrie du mépris. (...)


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