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.. Quarante ans : journal 1997

Couverture du livre Quarante ans : journal 1997

Auteur : Marc Lambron

Date de saisie : 13/02/2017

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 23.00 €

ISBN : 9782246863694

GENCOD : 9782246863694

Sorti le : 11/01/2017

  • Les présentations des éditeurs : 10/01/2017

Vingt ans après, quel miroir tend à notre époque le Journal d'un quadragénaire de la fin des années 1990, devenu un académicien des années 2010 ? Quels étaient alors les personnages publics, les événements privés, les bonheurs et les déboires d'un écrivain français ? Avec la patine du temps, on y trouve les portraits savoureux de figures alors rencontrées au fil d'une intense activité journalistique, tels Woody Allen, Isabelle Huppert, Philippe Sollers, Frédéric Mitterrand, Claudia Cardinale, Jean Paul Gaultier ou Alain Juppé. Ils tournent toujours dans notre actualité, mais étaient-ils les mêmes il y a vingt ans ? Cette année-là, Marc Lambron publiait chez Grasset 1941, roman sur les débuts du régime de Vichy. Engagé dans la bataille des prix d'automne, l'ouvrage cristallisa polémiques et passions en plein procès Papon. Au jour le jour, on suit dans Quarante ans les spasmes déclenchés par cette brûlure de la mémoire française, en même temps que l'on découvre le témoignage sans précédent d'un auteur jeté dans les jeux du cirque d'une rentrée littéraire. Au coeur intime de ce Journal, loin des tumultes parisiens, il y a le dialogue poignant que l'auteur engage avec son père dans les derniers mois de son existence. C'est un livre de deuil, c'est un livre de vie.

Marc Lambron est l'auteur chez Grasset de plusieurs romans : 1941 (1997), Étrangers dans la nuit (2001), Les Menteurs (2004) ; de récits : Une saison sur la terre (2006), Mignonne, allons voir... (2006), Eh bien, dansez maintenant... (2008), Tu n'as pas tellement changé (2014) et des fameux Carnets de bal. Il a été élu à l'Académie française en 2014.



  • La revue de presse Gilles Martin-Chauffier - Paris-Match, février 2017

En 1997, le Goncourt lui a échappé. C'était l'année de ses 40 ans. Et celle où il a perdu son père. Des souvenirs amers, donc. Vingt ans après, il est pourtant retourné patiner sur le glacier de sa mémoire...
Finalement, tout ce que Lambron aura eu en 1997, c'est un an de plus, quelques déceptions, un peu de sagesse et 400 pages de journal très agréable à lire. Au fond, ça fait une très bonne année.


  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 2 février 2017

Avec Marc Lambron, c'est toujours un peu Noël après Noël. Ça brille, ça crépite et ça champagnise à chaque page. Fusées de bons mots, cascades d'aphorismes, bouquets de citations...
L'auteur de «Eh bien, dansez maintenant» fait penser à ces comédiens frappés par le malheur qui remontent sur scène pour amuser la galerie, et parce que «the show must go on». C'est ça, «Quarante Ans» : une fête forcée autour d'un trou noir, une valse chancelante sur un volcan, une manière de traiter le chagrin par le dérisoire et d'étouffer un sermon de Bossuet avec du David Bowie à tue-tête.


  • La revue de presse Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 15 janvier 2016

Sait-on jamais ce que l'on écrit ? Le romancier et académicien Marc Lambron a tenu, durant l'année 1997, un journal de vies et de morts. Le journal est là, sous nos yeux, avec sa couverture sobre. Si on le feuillette rapidement, un tourbillon de noms célèbres en émerge comme d'une lampe d'Aladin : Jean d'Ormesson, Sophie Marceau, Érik Orsenna, Jeremy Irons, Maurice Schumann et d'autres et beaucoup d'autres et beaucoup trop d'autres...
Si on le lit méticuleusement, une mélancolie sourde semblable à de lointains bruits de tambour se fait entendre : la mort du frère puis du père le ramène à lui-même, voilant les fenêtres sur horizon. C'est comme ça qu'il ne veut pas s'aimer, Marc Lambron. Il redevient le petit Lyonnais trop doué et trop orgueilleux pour croire aux honneurs, aux paillettes, aux mondanités. Il est alors parmi le brouhaha des cocktails, seul avec ses ombres. Un enfant de la méritocratie française, admirateur des grandes figures de la Résistance, ayant trouvé son salut dans la littérature. On ne le connaît pas et c'est lui que l'on découvre dans des pages superbes où une émotion brisée se glisse sur la pointe des pieds...
La beauté du journal prend sa source dans le clic-clac d'un interrupteur nous faisant passer du personnage public au personnage privé.


  • La revue de presse Christophe Ono-dit-Biot - Le Point, janvier 2017

Vingt ans après, l'écrivain publie "Quarante Ans", son journal de 1997, l'année de tous les désastres, transcendés par la littérature. Lambron publie son journal. Celui de ses 40 ans. Vingt ans après. Veut-il cosigner ce livre avec le temps ? La réponse n'est pas dans le livre. Ou plutôt, elle n'y est que trop : 40 ans n'est pas un âge, c'est une révolution. La fin de la jeunesse, c'est-à-dire de l'invincibilité. Il fallait y revenir. Sans toucher une ligne à ce qu'il avait écrit alors.


  • Les courts extraits de livres : 10/01/2017

Mercredi 1er janvier 1997

L'année a débuté cette nuit, réveillon chez mon ami François Sureau. Il a trente-neuf ans, comme moi. Sa femme Ayyam va accoucher dans une semaine d'une fille qui devrait se renommer Maryam. On dîne par petites tables. Je parle avec François du livre que je suis en train de lire, Hauts fonctionnaires sous l'Occupation de Claude Gruson et François Bloch-Lainé : deux inspecteurs des Finances octogénaires qui dialoguent sur leur attitude pendant la guerre.
Ils le font avec une transparence - cette absence de prudence que les grands commis n'acquièrent qu'avec l'âge de la retraite - qui honore les hommes qu'ils auront été : la génération des prosélytes du service public, les reconstructeurs aux lèvres serrées. Ce qu'ils racontent, avec honnêteté, n'est pas si brillant; en 1940-1941, le mouvement de conquête qui pousse les grands fauves de la fonction publique, tenus sous le boisseau par la IIIe, vers la prise des postes et l'avènement de leur propre gloire. La clef de tout ça, c'est le contrôle parlementaire : avant 1940, une génération démiurgique et candide de technocrates piaffants devait rendre compte au Parlement, voir chaque jour ses élans réformateurs bridés par les lenteurs comme opiacées de la IIIe République. Soudain, le contrôle est levé : ces boy-scouts émancipés prennent les manettes et jouent avec les boutons. Vichy donne à la caste naissante des fonctionnaires-techniciens une maquette en grandeur réelle, avec, suspendues à la francisque, les clefs du royaume. Us ne s'abstiennent pas de les décrocher. Diverses forfaitures s'ensuivront.
François - il n'a pas tort - dit que notre génération n'est en rien vaccinée. A circonstances égales, il pense que les résistants précoces seraient aujourd'hui, dans la fonction publique, quelques bons garçons que, à l'inspection des Finances comme au Conseil d'État, on s'accorde à trouver un peu limités. Ceux-là fonceraient, avec caractère et sans questions. Pour les autres, les subtils, les petits malins, toutes les tergiversations seraient imaginables. Elles le sont déjà - il suffit de regarder autour de soi.
A minuit, deux tziganes viennent jouer sous le gui : accordéon, violon. Ils enfilent avec entrain les refrains du genre, Les Deux Guitares, Les Bateliers de la Volga, etc. L'accordéoniste a toutefois une allure qui, malgré les blouses brodées façon Raspoutine, fleure plutôt les guinguettes de la Marne et les valses tournées à l'envers. Vérification faite, c'est un roi du musette, en activité depuis 1947, qui a dirigé pendant cinq ans l'orchestre du Balajo. Il joue alors, à la demande, à peu près tout et n'importe quoi - à chaque fois merveilleusement. La mémoire des doigts sur les touches, le chant de sa vie passée. Je lui demande Perfidia, L'Âme des poètes, Mack the Knife, Le Troisième Homme, À Paris, il joue aussi La cumparsita et Plaisir d'amour, La Madelon et Adios Muchachos...
L'assistance suspendue aux doigts de ce tourneur de musette, la nuit du premier jour de l'année...


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