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.. Sélection officielle : journal

Couverture du livre Sélection officielle : journal

Auteur : Thierry Frémaux

Date de saisie : 16/01/2017

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 23.40 €

ISBN : 9782246863717

GENCOD : 9782246863717

Sorti le : 11/01/2017

  • Les présentations des éditeurs : 16/01/2017

Jamais, dans l'histoire du Festival de Cannes, qui soufflera en 2017 ses soixante-dix bougies, l'homme qui préside à la Sélection officielle n'avait ainsi tenu son Journal au jour le jour en vue d'une publication.
De la clôture de Cannes 2015 à celle de 2016, voici une année dans la vie d'un boulimique qui aime aimer.
Nous sommes conviés au coeur de la machine du plus important festival du monde : les équipes, le fonctionnement interne, le jury, les relations avec les critiques et les médias, mais surtout avec les artistes - scénaristes, réalisateurs, acteurs - du monde entier, les producteurs, les agents, les festivals concurrents, jusqu'à l'élection, à partir des mille huit cents films visionnés, de ceux qui feront la «Sélection officielle».
Nous sommes aussi au poste de pilotage de l'Institut Lumière de Lyon et à son festival Lumière, aux destinées desquels préside le même homme, qui nourrit pour sa ville de coeur une passion communicative.
Mais au-delà de la communauté du cinéma qui trouvera ici un des plus beaux livres d'hommage au septième art et à ceux qui vivent dans son culte (les portraits qui émaillent le texte sont étincelants), le lecteur sera emporté par la diversité des curiosités et la puissance d'un style, tant ce Journal de mémorialiste est avant tout celui d'un grand vivant. On comprend mieux, au fil de ces pages, qu'il n'est de passion du cinéma que nourrie par toutes les autres.

Thierry Frémaux est un enfant des Minguettes à Vénissieux dans la banlieue de Lyon. Directeur de l'Institut Lumière, il est appelé par Gilles Jacob qui lui propose de venir le seconder à la direction du Festival de Cannes, dont il sera fait délégué général en 2007. Lorsque Pierre Lescure succède à Gilles Jacob à la présidence du Festival en 2014, Thierry Frémaux est confirmé dans ses fonctions. Parisien et lyonnais à la fois, toujours entre deux vélos, deux trains, deux avions, plusieurs vies, il nous offre un témoignage unique qui comptera dans les annales de l'histoire du cinéma.



  • La revue de presse Jérôme Garcin - L'Obs du 5 janvier 2017

Un délégué général devrait dire ça. Et qu'importe le devoir de réserve. Car ce livre volumineux est aussi passionnant qu'édifiant. De la clôture du Festival de Cannes 2015 à celle de l'édition suivante, Thierry Frémaux, qui préside à la légendaire Sélection officielle, a tenu en effet son Journal de bord.


  • Les courts extraits de livres : 16/01/2017

Lundi 25 mai 2015

Lendemain de clôture au Festival de Cannes. Dans la matinée, le temps s'est couvert et m'a ôté tout regret de quitter la ville. Autrefois, nous restions quelques jours. Plus maintenant. Tous les jurés sont partis ou sur le point de le faire, m'a dit Laure Cazeneuve, qui a veillé sur eux pendant douze jours. «Jake Gyllenhaal et Xavier Dolan très tôt, suivis par Guillermo del Toro, Rossy de Palma à 10 h 30, les Coen à 11 heures puis Rokia Traoré et Sienna Miller entre 12 heures et 13 h 30 et Sophie Marceau en fin d'après-midi.» Hier, dominait déjà un parfum de tristesse. Les artistes sont des oiseaux de passage.
Marc, le chauffeur, m'a conduit à l'aéroport de Nice. C'est notre dernier voyage. Dans le tumulte de la Croisette, sa voiture était un havre de paix. Au guichet d'Air France, l'hôtesse m'a fait un grand sourire, a parlé du Festival et n'a pas taxé mon excédent de bagages. En salle d'attente, Sophie Marceau était là avec sa fille. Nous avons bavardé quelques minutes, sans évoquer la sélection, ni le palmarès, il est trop tôt, on se reverra à l'automne. À la librairie de l'aéroport, j'ai racheté L'Homme inquiet de Henning Mankell, mais pas les journaux - je ne veux rien lire sur le Festival. À 17 heures, j'ai sauté dans mon 23e et dernier avion de cette édition cannoise. La mer a vite laissé place aux montagnes du Vercors que nous avons survolées à travers les nuages. J'ai repéré quelques villages, Villard-de-Lans, Méaudre et Autrans, puis le passage entre les parois de la dent de Moirans et la forêt du côté de Montaud avec ses maisons de pierre et de bois que je connais depuis toujours. Atterrissage à Saint-Exupéry et me voilà à Lyon Presqu'île, entre Rhône et Saône, sur les quais du quartier d'Ainay qui font face à ceux de Saint-Georges. J'ai presque l'impression de revenir d'exil. Je ne suis pas rentré chez moi depuis un mois. Je ne suis pas fatigué, seulement heureux. J'ai envie de revoir Marie, les enfants et les copains. Cannes 2015 est terminé. L'été sera vite là.

Mardi 26 mai

Dimanche, la pluie, qui donne parfois aux montées des marches des allures de tempête bretonne, a menacé sans tomber vraiment.
Le Festival ne se termine pas avec la révélation du palmarès et la cérémonie qui l'accompagne. Quand s'achève le direct sur Canal+, il reste, pour les 2 200 spectateurs du grand amphithéâtre Lumière, la projection du dernier film puis, à destination de 700 privilégiés dont certains aiment faire mine d'y aller à reculons, l'ultime dîner de gala et enfin, pour tout le peuple cannois, les fêtes qui s'amoncellent sur la Croisette. En clôture, c'était La Glace et le Ciel, de Luc Jacquet, un film qu'on aimait bien et on s'est dit que ça serait notre acte politique pour la conférence climat de la fin de l'année.
Le dernier soir a duré jusqu'à l'aube. Une nuit blanche pour les derniers feux, comme en colonie de vacances, que je passe parfois avec deux cinéastes belges, habitués des palmarès et de la fête de la bière qu'ils aiment organiser dans leurs chambres (des fêtards, les Dardenne, ce que leur cinéma intense et grave laisse peu imaginer).
(...)


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