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.. Toxique

Couverture du livre Toxique

Auteur : Nicolas Tackian

Date de saisie : 11/03/2017

Genre : Policiers

Editeur : Calmann-Lévy, Paris, France

Prix : 18.90 €

ISBN : 9782702160916

GENCOD : 9782702160916

Sorti le : 04/01/2017

Après "la nuit n'est jamais complète", Niko Tackian quitte un ancien village minier sur la route 33 aux États-Unis et une atmosphère mystérieuse, pour Paris et la "Crime" du 36 quai des orfèvres au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. La directrice d'une école maternelle de Fontenay-sous-Bois est retrouvée dans son bureau étranglée, l'affaire est confiée au commandant Tomar Khan, chef de groupe de la section 3, et à son équipe. Mais l'affaire ne sera pas pliée en 24 heures comme ils le pensent au départ... Des chapitres courts et un style percutant donnent un rythme soutenu à l'intrigue, mais c'est dans la profondeur psychologique de ces personnages que Niko Tackian va exceller. En commençant par notre héros, violent et fragile, dur et tendre, hanté par ses démons et habité par l'amour des siens, jusqu'à l'analyse des personnalités toxiques, vrai sujet du roman. C'est le côté noir des personnages qui s'affiche avant de percevoir l'humain. Brillant.


  • Le courrier des auteurs : 08/03/2017

1) Qui êtes-vous ? !
Et bien je suis un raconteur d'histoires. J'ai la chance de vivre de ma plume depuis une vingtaine d'années et d'avoir pu travailler sur des formats narratifs très différents. D'abord en tant que journaliste, ensuite comme scénariste pour la BD (j'ai publié une trentaine d'album), pour le jeu vidéo, le cinéma et la télévision. J'ai réalisé un film et quelques courts métrages et je suis venu au roman il y a tout juste trois ans. Toxique est mon troisième roman.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La complexité des rapports humains et en particulier, leur potentielle toxicité. Tous les personnages de ce roman ont un lien puissant à cette thématique à commencer par Tomar, le flic au passé brisé par un père violent et Marie-Thomas, la sociopathe dont la vie se construit au détriment des autres.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Quand on aime les gens, il faut leur dire. Après c'est trop tard.»
Une phrase prononcée par Ara, la mère du héros.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un morceau de duduk, un instrument de musique arménien ressemblant à une flûte. Sa sonorité vous emporte immédiatement dans des flots de nostalgie. De l'émotion à l'état pur.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Leur ressenti, leurs émotions, leur enthousiasme... le roman est le seul secteur de l'écriture dans lequel le créateur est directement en contact avec ses lecteurs. Ça n'existe pas ailleurs... C'est donc très important pour moi.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Mon rituel c'est la régularité dans une forme d'ascétisme. Tous les jours je dois écrire au moins deux heures mon roman en cours. Sinon pas vraiment, j'ai besoin de calme et de musique sans paroles pour éviter de me laisser distraire par les mots. J'ai d'immense playlists de musiques de films, de séries et même de jeux vidéo.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
En continue. J'ai la chance ou la malédiction d'avoir dix idées d'histoires par jour qui m'arrivent dans le crâne. Elles ne sont pas toutes bonnes, elles ne se prêtent pas toute à l'exercice du roman, du coup je les note et j'essaie de les proposer ailleurs. C'est sans doute pour ça que je travaille sur de nombreux formats en même temps. C'est en quelque sorte une angoisse de savoir que toutes ces histoires dorment sans trouver leur chemin vers un public... du coup je travaille beaucoup et tout le temps (en tout cas dans ma tête).

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
L'écriture est venue très rapidement avec la passion des livres et des jeux de rôles. Dans les années 80, j'ai beaucoup pratiqué d'activités ludiques et je pense que c'est cela qui a développé mon imaginaire et ma passion pour les histoires. Ensuite, j'étais un enfant «unique» assez solitaire pour lequel raconter des histoires était en quelque sorte un refuge ou fuir un monde réel que je ne comprenais pas. Avec les années, j'ai appris ce que le mot «travail» signifie pour raconteur d'histoires et je me suis appliqué à développer ma boite à outil en accumulant le plus d'expérience possible.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Asimov - P.K Dick - Lovecraft - Tolkien - Dan Simons - Franck Herbert et ensuite bien entendu le king, S.KING. An fait que des auteurs estampillés «genre» mais qui sont tous d'immenses écrivains et raconteurs d'histoires.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
À raconter des histoires en proposant aux lecteurs de les continuer dans leur tête.
Pour moi les écrivains sont un peu magiciens, ils vous transportent ailleurs, vous font voyager dans le temps et l'espace, vous contraignent à voir des images, à vivre des émotions... Mais c'est une magie blanche et positive, elle ouvre toujours l'esprit.


  • Les présentations des éditeurs : 11/03/2017

ELLE AIME SABOTER LA VIE DES AUTRES,
ELLE N'ÉPROUVE AUCUNE EMPATHIE,
ELLE POURSUIT UN BUT. ELLE EST TOXIQUE.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas. Nous sommes en janvier 2016. La directrice d'une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l'hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.
À première vue, l'affaire est simple, «sera bouclée en 24 heures», a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu'il n'y paraît.

«UN EXCELLENT POLAR BIEN NOIR. SI VOUS AIMEZ BRAQUO, TOXIQUE EST FAIT POUR VOUS !»
Jerôme Toledano,
librairie Les Cyclades

«C'EST ÉMOUVANT, C'EST PALPITANT»
Gérard COLLARD,
librairie La Griffe Noire, sur France 5.

Niko TACKIAN, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac.


  • Les courts extraits de livres : 11/03/2017

1

Il avait beau fermer les yeux, ça lui bouffait les entrailles depuis toujours. Le froid et la peur. Le garçon filait entre les murs gris, sa tignasse épaisse trempée de sueur. Il courait à en perdre haleine, les pieds nus meurtris par du gravier aux arêtes tranchantes. Il ne se souvenait plus quand ça avait commencé. Il devait avoir deux ou trois ans peut-être ? Il n'était même plus certain d'avoir connu un jour la chaleur du ventre maternel. Sa vie n'était que combat, un long et épuisant combat pour ne pas sombrer dans la folie, pour continuer à fuir entre les murs du labyrinthe sans se retourner. Derrière lui, la bête ne cesserait jamais de le traquer. Il pouvait sentir son souffle immonde dès qu'il réduisait l'allure. Et il savait que s'il abandonnait, son petit corps serait piétiné, roué de coups jusqu'à n'être plus que douleur. Alors il courait, encore et encore. Le dédale de galeries ne le menait jamais à la délivrance mais finissait par déboucher sur un jardin abandonné où se dressait un immense cerisier en fleur. Dans ce sanctuaire maudit, il pouvait enfin arrêter sa course. Ses jambes maigres et couvertes d'hématomes n'arrivaient plus à le porter, il tombait à genoux sur la terre jonchée de fruits pourris et grattait le sol avec ses mains, s'arrachant les ongles sans y prêter la moindre attention. Le sang mélangé à la chair des cerises formait une mélasse infâme mais son attention était ailleurs... Il dégageait enfin le coffret en bois clair enveloppé dans un chiffon qu'il dépliait avec mille précautions. Derrière lui, les pas lourds de la bête martelaient le sol dans un nuage de poussière rouge. Il savait que chaque seconde était précieuse et qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible. A l'intérieur du coffret se trouvaient deux objets : un miroir brisé et un pistolet. L'arme ne l'intéressait pas, elle était inutile contre le monstre à ses trousses. Il prenait avec délicatesse le miroir qu'une large fêlure lézardait d'un bout à l'autre, laissant présager une vie entière de malheur. Il le plaçait face à lui pour observer le reflet morcelé de son visage. Alors seulement il voyait la bête. Son long mufle d'où s'échappait un filet de bave et de sang mêlés, ses cornes noires recourbées vers le ciel entourant une touffe de poils sombres, et surtout, ses yeux immenses aux pupilles laiteuses. Le garçon aurait voulu y lire la haine et le goût du meurtre, mais il n'y voyait que le froid et la peur. Alors il comprenait que ce visage était le sien, posait le miroir dans la boîte et hésitait quelques secondes à prendre l'arme pour la pointer contre son front immonde. Mais ce n'était pas encore le moment, il avait beaucoup à accomplir avant d'en arriver là, beaucoup.

2

La lumière rouge fluo des néons se répandait sur le bitume humide. L'Étoile filante, c'était le nom du bar où Charline avait décidé de fêter ses vingt-deux ans avec quelques copines. Paris, en cette nuit de janvier 2016, avait quelque chose d'étrange. Comme cette terrasse de café anormalement bondée malgré le froid, et ces jeunes gens qui riaient mais jetaient des regards inquiets ici et là. Un Abribus affichait fièrement en lettres blanches sur fond noir la devise Fluctuat nec mergitur là où quelques mois plus tôt s'étalait une simple image publicitaire. Depuis les massacres du 13 novembre, la ville résistait plus que jamais à l'angoisse viscérale qui s'était saisie d'elle. Charline, elle, ne pensait presque plus aux attentats ni aux centaines de victimes, elle désirait juste s'amuser, boire un verre ou deux et pourquoi pas se laisser draguer par un des garçons qui gravitaient autour de sa table. De l'autre côté de la rue, le kebab Village d'Anatolie ne désemplissait pas. Il était presque 2 heures du matin, moment où les premiers fêtards sortaient de boîte la fringale au ventre avant de finir la nuit dans un autre quartier. Le long du trottoir (...)


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