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.. L'étreinte

Couverture du livre L'étreinte

Auteur : Adrien Genoudet

Date de saisie : 01/08/2017

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Inculte-Dernière marge, Paris

Prix : 16.90 €

ISBN : 9791095086468

GENCOD : 9791095086468

Sorti le : 20/09/2017

  • Les présentations des éditeurs : 01/08/2017

Je suis rentré dans le Bataclan les mains vides, comme cela, comme on entre dans un bistrot pour se réchauffer, l'oeil déposé, hagard, à la recherche du comptoir, d'un siège, du regard du serveur. Je suis rentré les mains vides, comme eux tous, comme vous tous, quelques heures auparavant.

Que nous reste-t-il de ce qui s'est passé le 13 novembre 2015 dans une salle de spectacle parisienne nommée Bataclan ? Et quelles résonances cet événement a-t-il suscitées dans notre mémoire ?
En parcourant une série d'images qui éclatent comme des flashs, comme les crépitements d'une arme à feu, et qui hantent les esprits de toute une génération, ce roman d'une grande sensibilité raconte les pensées qui jaillissent en nous quand le drame survient. Face à de telles violences qui nous laissent désarmés, il nous reste la faculté de convoquer les histoires, les contes de l'enfance, les figures, les symboles, les souvenirs à la fois subjectifs et communs auxquels elles nous renvoient. Adrien Genoudet, en adressant son récit à Salah Abdeslam et en marchant à sa rencontre, tente de percer l'insondable mystère du passage à l'acte, et de ce qui nous en préserve. Avec pudeur et précision, son écriture, qui met en dialogue le langage et l'image, nous rappelle que, seuls, les voies et les détours de la fiction nous permettent d'embrasser le présent quand la brutalité du réel nous submerge. Étreindre, non pour excuser, mais pour comprendre - pour reprendre vie.

Né en 1988, Adrien Genoudet est cinéaste, écrivain et chercheur en histoire visuelle. Il est assistant au Collège de France et enseigne le cinéma. L'Étreinte est son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 01/08/2017

AINSI, TOUJOURS POUSSÉS VERS DE NOUVEAUX RIVAGES
(première image)

Désormais, nous le savons, tout est à refaire.

Mes pensées, depuis ce jour, comme de la gouache, une eau gommée, dissoute ; elles sèchent puis craquellent, tombent, un coup de balai et hop. Je gratte mes pensées comme un lépreux se brosse. De la gouache, je n'ai que ce mot au bord des lèvres, je pourrais l'écrire sur des lignes de cahier d'école, au crayon de bois, des jours entiers, en copiste courbé, pour mieux essayer de croire qu'une image qui bronche est aussi le souvenir d'une matière. Depuis ce jour, rompue et humiliée, ma tête repose sur le plancher, la joue collante, bouillante, grumeaux sous la langue. J'y suis, dans la fosse, le visage entier, le corps disparu, étendu dans une flaque de gouache rouge. L'image est là, tapie et délimitée, présente comme une bactérie, chaque jour, chaque réveil, chaque nuit depuis. La gouache, c'est la matière broyée de l'enfance, l'humide laqué entre les doigts, les origines de l'alchimie des couleurs, la prise en main de l'espace, elle nous apprend que le ciel est bleu et que les nuages, sans déborder, restent blancs, comme la feuille de papier. La gouache c'est le sang de l'enfant, on s'en lave les mains car le sang des mômes ne coule pas, c'est une règle, c'est ainsi, nous sommes tous d'accord pour le dire : un enfant, ça ne saigne pas, ça reste vif, en place, en germe. Nous faisions ça, enfant, pour apprendre et passer le temps, avant la sieste : dessiner et peindre. Me reviennent en mémoire toujours les mêmes mains et les mêmes gestes, imprégner et épandre, étaler, coller et marcher en arrière, plisser une paupière et voir le résultat : les dentelures, le parchemin gratté, la mer figée et cabossée de la peinture épaisse. Ma main, positive, petite et maternelle, bonne odeur de première fois. L'innocence brute, étalée sur papier blanc, le blanc des nuages, comme ça, la marque rupestre en un premier geste identitaire. Puis, le devoir fini, la chose accomplie, je me souviens du maître derrière le dos, la voûte de son visage un cerne sur le bleu du ciel, et cette phrase, sentence de l'apprentissage : tout est à refaire.

Depuis le treize de novembre deux mille quinze, mon visage est crénelé de gouache, déposé en sommeil sur le plancher d'une fosse commune. Entre la matière et la mémoire, paraît-il, se joue notre colonne vertébrale, ce que nous sommes ou croyons être. Depuis ce jour, j'oscille entre la lâchée de l'enfance et l'allaitement de la douleur : croire que ce visage, mon visage, est à l'origine d'une fiction de l'étreinte.

Matière et mémoire, donc, pour y voir plus clair, pour tenter d'approcher la fabrique de cette image. Je ne suis pas d'accord, c'est ainsi ; non, une image n'est jamais seule, elle n'apparaît pas d'un trait, toute seule, de nulle part. Une image ne naît pas comme l'enfant hurle en inspirant. Cette image, quelque part, est inspirée. Vous m'excuserez, mais ce n'est pas possible autrement, je ne peux croire que le premier réflexe de l'esprit, dans un saut spontané, fut de déplacer mon visage, de le placer, juste là, au milieu des autres, au centre des gisants, de lui donner l'odeur et la couleur de la gouache. Je le promets, avec toute ma franchise battue par l'âge, que ce visage, mon visage, y était le jour même, au milieu de la fosse, avec vous, avant même d'y voir plus clair, avant même d'être assailli par les images des autres, des images interdites, des images volées - des images vendues sans scrupule. Je peux comprendre que l'esprit trouve ses propres fuites, produise ses recoins et ses pistes, je peux assimiler que des images adviennent sous les à-coups d'un pressoir, chaque jour, au gré des frôlements et des fusions, qu'elles émergent et parfois nous fassent jouir, seul, les dents serrées, le sexe entre les mains. Mais ce visage, mon visage, dans une mare de gouache de maternelle, parmi vous, au Bataclan, je cherche à l'étreindre.

(...)


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