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.. Mémoire cavalière

Couverture du livre Mémoire cavalière

Auteur : Philippe Noiret

Préface : Daniel Rondeau

Date de saisie : 01/03/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-221-10793-5

GENCOD : 9782221107935

Sorti le : 01/03/2007

Charlotte Thomas - 20/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 16/03/2007

" J'ai toutes les apparences d'un bourgeois, l'allure d'un bourgeois, le parfum d'un bourgeois, mais je ne me suis jamais senti un bourgeois.
Qu'on ne se méprenne pas : le mot n'a pas de sens péjoratif dans ma bouche, bien au contraire. Mais je ne me sens pas en phase avec cet esprit-là. Je me considère d'abord comme un saltimbanque. Ce n'est pas le mode de vie qui compte, mais la façon dont on envisage l'existence en général. " P. N. Enfant rêveur, Philippe Noiret a connu les affres du métier de cancre, avant qu'un professeur attentionné ne décèle en lui un comédien-né.
Admirateur de d'Artagnan, il a mené sa vie avec l'enjouement et la générosité du héros d'Alexandre Dumas que Bertrand Tavernier lui a permis d'incarner sur le tard dans sa carrière - l'une des plus impressionnantes de la scène française, jalonnée de cent vingt-cinq films, et de nombreux chefs-d'oeuvre et succès populaires comme Alexandre le bienheureux, Le Vieux Fusil, Que la fête commence, Les Ripoux, Cinema Paradiso ou Le Facteur.
Philippe Noiret a traversé l'existence avec légèreté, entrain et élégance, faisant des allers-retours entre le théâtre et le cinéma, mêlant compositions comiques et tragiques. Sa trajectoire hors normes a croisé celles de Jean Vilar et de Gérard Philipe, qui fut comme son ange gardien, mais aussi celle de Françoise Sagan, d'Alfred Hitchcock, de Philippe de Broca ou de certaines de nos plus belles comédiennes telles que Romy Schneider ou Catherine Deneuve.
De Gabin à Mastroianni ou Fred Astaire, sans oublier ses deux complices, Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle, il a été l'ami et le partenaire des plus grands. Juste avant de tirer sa révérence, Philippe Noiret raconte de sa voix si reconnaissable les mille et une histoires d'une vie exceptionnelle. Une chevauchée à travers le siècle.



  • La revue de presse François-Guillaume Lorrain - Le Point du 15 mars 2007

Peu de révélations surgissent de ces souvenirs...
L'intérêt est ailleurs, dans le portrait d'un homme singulier : un mélancolique attaché à sa famille, un élégant qui, entre tweed et charentaises, avait trouvé son style, un gai luron qui profita de la vie avec ses amis de cinéma. On le voit donc s'attarder sur sa chevalière, les mouchoirs de Marco Ferreri, de jolies bottes faites sur mesure chez John Lobb ou un tournage aux Grands-Chézeaux avec Hitchcock...
Avant d'aller chevaucher d'autres immensités, l'artiste nous a laissé une dernière ballade, tendre et apaisée.


  • Les courts extraits de livres : 17/03/2007

En 1945, les patrons de la société pour laquelle travaillait papa, MM. Audrain et Courant, décidèrent de l'envoyer à Paris. Nous étions tous contents de ce déménagement. Papa quittait la direction des magasins pour devenir acheteur. C'était désormais à lui d'approvisionner la chaîne en matières premières. Quant à moi, je connaissais déjà un peu la capitale : l'école Montalembert était arrivée en finale du championnat de natation des écoles catholiques. Je m'étais spécialisé dans le quatre fois cinquante mètres nage libre. Au jour fatidique, rien ne s'était passé comme prévu : en bon cancre qui se respecte, je m'étais trompé d'heure pour la compétition. Je n'ai donc jamais connu les joies du podium. Nous nous sommes installés rue Michel-Ange, près de la porte de Saint-Cloud. L'appartement était banal, mais très agréable.
À peine inscrit au lycée Janson-de-Sailly, j'ai immédiatement repris mes bonnes vieilles habitudes. Paris ne changeait rien à l'affaire. J'étais indiscipliné, je chahutais, je n'avais aucun résultat. Mon frère m'engueulait, mais ne pouvait guère m'aider. On me donnait des cours particuliers, en pure perte. Je cultivais l'insolence. Je ne voudrais surtout pas donner l'impression que j'étais quelqu'un d'intéressant; ou alors seulement au sens où l'entendait maman lorsque je rentrais collé : «Tu as encore fait ton intéressant...» Il y avait là quelque chose de pathétique.
N'ayant aucun succès dans les études, j'avais besoin d'être reconnu autrement. Je ne me sentais pas bien dans ma peau. Le visage orné d'un pif qui avait surgi sans crier gare, à la puberté, je ne savais que faire de ce corps maladroit de grand gars poussé trop vite. Cette tendance à faire mon intéressant, selon l'expression si juste de ma mère, a duré encore quelque temps, y compris après que je suis devenu comédien. J'en faisais trop. Le père Tardiveau, préfet des études à Juilly, allait bientôt résumer tout cela dans une formule lapidaire, dont j'imagine qu'il n'était pas l'auteur : «Noiret, votre suffisance n'a d'égale que votre insuffisance...» Aussi l'épisode Janson fut-il bref. Ils n'ont pas tardé à me virer.


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