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.. Agir, n° 31. Espaces chaotiques

Couverture du livre Agir, n° 31. Espaces chaotiques

Date de saisie : 11/09/2007

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Société de stratégie, Paris, France

Prix : 12.00 €

ISBN : 978-2-914319-23-2

GENCOD : 9782914319232

Sorti le : 11/09/2007

  • Les présentations des éditeurs : 23/09/2007

La revue AGIR n°31, intitulée «Espaces chaotiques», est parue en septembre 2007.

Si vous avez manqué ce numéro en librairie ou que vous souhaitez vous procurer d'anciens numéros, veuillez vous adresser directement à la Société de Stratégie à l'une des adresses données dans la rubrique «Contact».

Vous pouvez retrouver sur cette page les grandes lignes de ce numéro en consultant le sommaire et en lisant les articles sélectionnés spécialement pour le site. Bonne lecture...


  • Les courts extraits de livres : 23/09/2007

Ordre ou chaos...

Xavier Raufer

ZONES GRISES, MÉGAPOLES, TRIBALISME : LA FORMULE DU CHAOS MONDIAL
Réalité et origines du chaos mondial

Il y a chaos mondial, non parce qu'il y aurait sur la planète quantitativement plus d'insurrections, d'escarmouches, d'attentats terroristes, de micro-conflits, de rébellions, qu'auparavant (durant la guerre froide, par exemple), ni même parce qu'il y aurait beaucoup plus de brigands, de rebelles, de dissidents, que jadis. Il y a chaos mondial par manque qualitatif 'de distinction claire entre la guerre et la paix - et d'accord sur ce qu'est la guerre elle-même.

Définition du terme grec chaos

Le sens le plus lointain de ce mot est statique : le béant, l'abîme, l'ouvert-sans-fond. Dans la Grèce classique, le mot chaos prend un sens dynamique : c'est désormais l'espace de l'orage ; ce qui est dépourvu d'ordre et de loi ; le mouvant, livré au perpétuel et changeant afflux du fortuit. Bien plus qu 'un chahut momentané, le chaos - le trouble, le précipité, le pêle-mêle, le sens-dessus-dessous - est l'inverse du stable, du constant, du consistant, du déterminable, de l'ordonné.

Or dans l'histoire, un ordre international (le contraire d'un désordre, ou pire encore, d'un chaos) a toujours supposé que ses parties prenantes aient une seule vision de l'hostilité, une idée commune de la guerre. Pour qu'il y ait ordre international, les adversaires potentiels doivent d'abord simplement se voir et se reconnaître - physiquement comme juridiquement. D'où, pour le premier besoin, l'uniforme. Pour le second, juridique, l'ennemi devant être «juste» au sens formel du terme, c'est à dire «impeccable». Ainsi, «les brigands, les pirates, les rebelles ne sont pas des ennemis, des justi hostes, mais l'objet d'une poursuite pénale, que l'on met hors d'état de nuire». Enfin ces adversaires potentiels devaient avoir une conception analogue du temps.

Mais depuis la fin de la guerre froide, l'ennemi ne va plus de soi. Ainsi, la confusion a grandi dans un domaine où les choses étaient jadis claires, celui des règles de l'hostilité entre les hommes : en Europe, distinguer l'ennemi du criminel était ainsi la règle depuis la guerre de Trente Ans et les traités de Westphalie. Cette confusion nous ramène loin en arrière - pas loin en fait de la préhistoire - car elle était pour l'essentiel levée dans la Grèce post-homérique, qui distinguait clairement l'ennemi de guerre (polemos) n'inspirant nulle animosité personnelle, de l'être haï, détesté (echtros), à qui l'on souhaite mille morts.


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