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Nul n'est à l'abri de l'abominable.
Nous sommes tous capables du pire !
Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Pourquoi une telle horreur est-elle possible ? Comment une foule paisible peut-elle être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare ?
Jean Teulé a reconstitué avec une précision redoutable chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'histoire du XIXe siècle en France.
La revue de presse Thomas Wieder - Le Monde du 2 juillet 2009
Mangez-le si vous voulez est à l'image des précédents romans de Jean Teulé, même s'il y manque le côté pince-sans-rire qui est l'une des marques de fabrique de cet ancien collaborateur de Hara Kiri et de L'Echo des savanes - le sommet, dans ce registre, ayant été atteint avec Le Magasin des suicides (2007). Mais, pour le reste, c'est bien du Teulé tout craché : un récit bref, efficace, inspiré de faits et de personnages réels, rigoureusement documenté. Et, comme souvent, un livre dont le protagoniste est traité sans pitié par ses congénères. En cela, Monéys est un peu le cousin du marquis de Montespan, ce célèbre cocu dont Teulé s'est amusé à narrer les déconvenues ; de François Villon, ce réprouvé de génie dont il rédigea une autobiographie fictive (Je, François Villon, 2006) ; ou de Catherine, cette cousine éloignée qui déboula un jour dans le hall de Canal+, quand il était chroniqueur dans l'émission "Nulle part ailleurs", pour qu'il compose un récit à partir de sa vie de femme battue (Darling, 1998).