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.. Vivement l'avenir

Couverture du livre Vivement l'avenir

Auteur : Marie-Sabine Roger

Date de saisie : 11/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rouergue, Arles, France

Collection : La brune

Prix : 19.00 €

ISBN : 9782812601446

GENCOD : 9782812601446

Sorti le : 18/08/2010

Alex, jeune fille paumée, a posé son sac dans cette banlieue triste. Elle travaille dans une usine de volaille et est hébergée par un couple.
Chez eux, elle prend sous son aile un jeune handicapé qu'elle surnomme gentiment «Rosewell».
Dans ses pérégrinations avec Roswell elle rencontre Olivier et Cédric tout aussi paumés qu'elle.
Ensemble l'avenir devient possible.
Marie-Sabine Roger nous concocte un ouvrage réjouissant. On le lit le sourire aux lèvres et ça fait du bien.


Marie-Sabine Roger est une auteure que nous apprécions déjà pour ses romans jeunesses. Particulièrement "Le quatrième soupirail" (Prix Sorcières)
De plus "La tête en friche" avait rencontré un fort engouement auprès de notre clientèle et cela bien avant la sortie du film.

Son dernier livre se passe dans un petit village du nord de la France. On y suit une jeune femme, Alex, qui vit de petit boulot en petit boulot en se créant le moins d'attaches possible. Elle est hébergée par un couple dont la vie ne semble pas toute rose surtout qu'ils doivent s'occuper de Gérard, le frère handicapé mental et physique du mari de Marlène. Alex va faire la rencontre de deux autres jeunes trentenaires paumés et contre toute attente ils vont s'attacher à Gérard. "Vivement l'avenir" est un roman aux personnages forts, un très beau conte.

Nous avons eu la chance de rencontrer Marie-Sabine Roger en septembre 2010 pour la parution de ce livre.
http ://librairiemlire.hautetfort.com/archive/2010/09/27/rencontre-dedicace-avec-marie-sabine-roger.html
La rencontre s'était déroulée à la librairie et comportait à la fois une séance de dédicaces et une interview.

Une petite note sur le livre avait été publiée sur notre blog :
Après le succès de La tête en friche, Marie-Sabine Roger nous revient avec un roman sur l'amitié de trois jeunes en plein crise de la trentaine. Un peu perdus, ils vivent de petits boulots et traînent avec nonchalance dans les bistrots et sur les berges du canal d'une ville de province. C'est avec la rencontre de Gérard, souffrant de lourds handicaps physiques et mentaux, qu'ils vont apprendre à aller de l'avant et à enfin prendre en main leur avenir.


Trois trentenaires un peu en marge et un handicapé à l'apparence repoussante. Avec tendresse et réalisme, Marie Sabine Roger nous raconte l'histoire de ces quatre personnages un peu cassés, isolés. Une histoire en apparence toute simple qui, servie par une écriture pleine d'humour et d'énergie donne un livre plein d'humanité. Un livre qui fait du bien.


Nous avons ADORÉ "Vivement l'avenir" de Marie-Sabine Roger. Comme dans son roman précédent, "La tête en friche", Marie-Sabine Roger traite de sujets difficiles mais toujours avec un espoir immense. À la fin de notre lecture, on se sent meilleur, et on a l'impression que tout peut s'arranger : il suffit d'avoir la gentillesse de l'auteur, sa simplicité et l'envie de changer ! Et le bonheur est à portée de main... "Vivement l'avenir", un titre déjà prometteur, un rayon de soleil dans la littérature larmoyante et noire contemporaine, porté par l'écriture délicieuse de Marie-Sabine Roger. On adore !


J'aime beaucoup Marie Sabine Roger, ce dernier titre "Vivement l'avenir" est véritablement positif. Cette rencontre improbable entre trentenaires est vraiment intéressante, c'est une très belle histoire d'amitiés et en plus c'est drôle. Je conseille aussi son recueil de nouvelles "Il ne fait jamais noir en ville" chez Thierry Magnier, c'est superbe.


"Avec la "tête en friche" et son adaptation goulûment réussie (merci à Depardieu et Mme Cassadessus) Mme Roger était enfin reconnue comme écrivain en-dehors du roman jeunesse ! Dieu merci ! Car, avec quelques autres (Barbara Constantine par ex) elle fait partie des ces femmes écrivains pétries d'humour, de verve de style, d'humanité, bref d'un sacré plaisir de lecture. Dans une province anonyme, clone urbano campagnard d'autres coins en France ou ailleurs, se côtoient avec indifférence une tribu de bras-cassés, de fragiles, de rebelles qui seront promptes à faire exploser leur routine mortifère. Alex, routarde, rebelle et androgyne plus par sécurité que par choix, habite chez l'autochtone et nous dépeint cet indigénat avec un regard matois, roublard et finalement attendri. Nantie d'un cdd de 6 mois au poulailler industriel local, elle se prépare à continuer son tour du monde et des gens depuis qu'elle a décidé de voyager pour ne pas mourir d'ennui. Marcelle, la taulière, virago qui a mangé un mégaphone au p'tit dèj' et explose sporadiquement en dantesque colères, Bertrand l'insipide mari (quoique) et Gérard, frère handicapé du précédent (SSSHUUperrrr), centre de gravité, dans tous les sens du terme, de la smala, composent le reste de la maisonnée. Alentour, grenouillent Cédric récent et long chagrin d'amour déprimant comme bandoulière, et son binôme gargantuesque le superbement gros et j'm'en foutiste Olivier, héritier dilettante de l'électroménager local, et qui n'en a rien à foutre du quart comme du tiers (seul projet : construire un improbable barrage de cannettes de Kros lestées dans le canal qui leur sert de repères à leurs mornes plaines). Et Alex, contre tous ses principes d'animal misanthrope et sans attache fond pour Géééééééérarrrd, lanceur de pop-corn dégauchi, incendiaire de cuisine, étonnant poète et chanteur d'opérette à tue-tête (avec voix de fausset à hauts décibels oeuf corse) au point de remettre en cause ses errances viscérales. Et comme la Marcelle, au bord de la crise de nerfs fomente un complot anti-gérard...On le sent tout ce monde là va frayer sans coup férir, on pressent la grosse ficelle, l'artillerie de 70, on la redoute, on l'espère...Et bien ! Oui, si on y a droit c'est pour mieux exulter, pousser des BWAAAA intempestifs à faire sursauter son voisin de métro ou de matelas (rarement les mêmes), et l'on se surprend à rêver de faire un tour dans ce fameux side-car rouge et noir qui surgit dans l'histoire pour espérer comme eux sortir du gris au-dehors, le leur, le notre. Foin d'hypocrise, impétrant lecteur qui a frémit dans le bon sens ou le mauvais, aux histoires de mesdames Gavalda, Pancol (ici en plus drôle, mâtiné de Pennac et San-Antonio croisés au bord du zinc) ou Barbara Constantine (la méconnue du tiercé que je ne saurais trop re-conseiller aux heureux lecteurs qui ne la pratiqueraient pas), même le plus madré d'entre vous devrait devenir accroc à cette platée d'humanité joviale ! C'est THE livre drôle de la rentrée littéraire, précipitez-vous et mangez-en ! Mme Roger, je vous aime !


C'est un très beau livre, très bien écrit. Marie-Sabine Roger traite dans ses livres de sujets graves, mais toujours avec beaucoup de poésie, et surtout beaucoup d'espoir ! On en sort apaisé, heureux : ça fait du bien !


On a découvert Marie-Sabine Roger avec La tête en friche, gros succès de librairie puis au cinéma. L'auteure garde cet humour et son sens de la formule pour son nouveau livre qu'elle situe cette fois dans le nord de la France. Ses héros sont des marginaux, de tendres marginaux qu'on finit par aimer au fil des pages tant ils nous attendrissent. Sur fond de crise sociale, Marie-Sabine Roger continue de nous émouvoir.


Une petite ville du nord, triste, pèse lourdement sur le présent et l'avenir des personnages principaux de "Vivement l'avenir". Alex jeune femme au physique masculin travaille depuis peu à l'usine et vient poser ses sacs dans ce coin pourtant déprimant. Elle est hébergée par un couple, Marlène et Bernard, que la rancoeur et les regrets éternels épuisent et aveuglent. Ils hébergent également Gérard, le frère de Bernard. Gérard est handicapé et Marlène le supporte de moins en moins. Alex se rapproche de Gérard, sans jugement, avec une acceptation totale de l'autre mais avec lucidité (elle le surnomme Roswell ! "Il est comme les orchidées, il vit dans une serre, il ne ressemble à rien de connu. On peut éventuellement l'aimer, si on aime ce qui est bizarre"), ne sont-ils pas tous les deux différents... Lors d'une promenade au bord du canal, point d'ancrage de ces jeunes, ils rencontreront Cédric qui a enchaîné les petits boulots mais ne peut digérer sa séparation récente avec Lola. Déçu de ne pas réaliser ses rêves, son copain Olivier dit le Mérou a choisi son amie pour la vie : la cirrhose. La vie de ces quatre trentenaires est décryptée chapitre après chapitre, on les sent ancrés dans ce lieu désespéré qui les étouffe et annihile tout projet de bonheur. Quelle rencontre, quel évènement motivera suffisamment ces pauvres hères pour sortir de l'impasse ("Si un jour je trouve ma voie, ce sera sûrement une impasse"), pousser la porte et découvrir un autre monde et y trouver sa place. Marie-Sabine Roger nous offre à nouveau un roman réaliste avec de vrais personnages, roman particulièrement contemporain, éclairé avec tendresse, humour et humanité par de jeunes personnages qui peinent à trouver leur place dans une société a contrario de plus en plus inhumaine. Le langage imagé et les multiples percutantes formules renforcent sa vivacité, l'hommage appuyé à la différence et une nostalgie certaine de l'enfance. Marie-Sabine Roger a vraiment l'art de tisser des liens forts entre ses personnages eux-mêmes et avec le lecteur.


  • Le courrier des auteurs : 18/01/2011

1) Comment vous vient l'inspiration ?
En fait, je ne fais jamais de plan, aucun de mes romans n'est l'aboutissement d'un projet, je ne peux même pas dire que je sois inspirée par un thème particulier, qui serait - même de très loin - à la naissance d'un de mes romans. Tout se fait à mon insu, comme si je sédimentais pendant des mois et qu'un beau jour commence à émerger un texte, dont je porte l'essentiel en moi, mais dont je ne vois que la partie émergée, les mots, que je découvre au fur et à mesure que j'avance dans l'écriture.
Les personnages arrivent, et me parlent. Voilà. Je me laisse embarquer par eux, ou pas. C'est ce qui fait la différence entre le roman avorté et celui que je mène à terme : l'attachement et la curiosité que j'éprouve envers mes personnages et ce qu'ils ont à me «dire». Si je ne suis pas attachée à eux, notre relation se distend, elle s'épuise et meurt, l'écriture s'arrête.

2) Avez-vous des rituels ou habitudes d'écrivain ?
Je n'ai pas d'horaires particuliers, en général j'écris entre 10H00 et 20H00, mais je ne me donne aucune règle en la matière.
Le lieu est plus qu'important, par contre, il est essentiel, puisque je ne peux écrire que «chez moi». Le problème se pose depuis 2008, car un changement de vie (un nouveau compagnon de route) a bouleversé ma bienheureuse sédentarité. En trois ans, j'ai vécu à Madagascar, dans l'est de la France, en Picardie, à La Réunion, dans le Gard - où sont mes attaches familiales - et je suis en ce moment au Québec. Depuis quelques mois, donc, mon urgence est de recréer à chaque fois mon terrier le plus vite possible, afin de pouvoir me remettre au travail.
J'écris très souvent en musique, certains de mes romans ont même une vraie «bande son», parfois réduite à l'extrême : un seul air, que je vais écouter en boucle pendant des mois. Le choix se fait de façon intuitive, cela n'a rien à voir avec la qualité supposée d'un morceau, ou d'un interprète ni même avec le sens des paroles, s'il y en a, mais plutôt avec le climat du roman que je tente d'écrire.
Je me connais, je sais que les airs mélancoliques ou sombres me tirent immédiatement vers la gravité, la noirceur. Si j'ai le sentiment que le personnage, ou son histoire, n'est pas dans cette tonalité, alors j'évite absolument ce registre. Par contre, s'il y a de la douleur, de la peine, je l'appuie, et je m'appuie sur l'émotion qui naît de la musique.
La bande son n'était évidemment pas la même pour Le quatrième soupirail et Un simple viol que pour La tête en friche et Vivement l'avenir.

3) Quelle relation avez-vous avec vos personnages ?
Je sais très bien que lorsque je parle des rapports que j'entretiens avec mes personnages je donne l'impression d'être frappée de schizophrénie, et que les gens s'inquiètent de ma santé mentale - rassurez-vous, ça va ! - mais j'ai une vraie histoire avec eux. Je les découvre, j'apprends à les connaître, ils me font rire ou ils me touchent. C'est une relation voleuse et égoïste, ils me donnent beaucoup d'eux même, je ne leur donne rien de moi. Si ce n'est quelques mois de ma vie. Et ce qui est le plus troublant pour moi c'est que mes personnages m'apprennent réellement des choses, qu'ils me font grandir. Avant d'écrire ce passage dans Attention Fragiles, je ne m'étais jamais demandé comment font les femmes qui sont dans la rue pour se protéger lorsqu'elles ont leurs règles. Avant que Germain ne me montre cette évidence, dans La tête en friche, je n'avais jamais réalisé que pour chercher un mot dans le dictionnaire il faut d'abord savoir l'écrire.

4) Comment est-entrée l'écriture dans votre vie ? Quand vous êtes-vous dit «un jour je serai romancière» ? Depuis quand écrivez-vous pour de bon ?
J'ai toujours écrit. Et je l'ai toujours fait «pour de bon», c'est à dire comme une chose sérieuse et pas comme un passe-temps, un loisir. Même lorsque j'étais enfant.
L'écriture a commencé à prendre une place importante dans ma vie vers treize ou quatorze ans, à seize ans j'écrivais déjà beaucoup, des poèmes, des nouvelles, mais j'étais quand même plus attirée par la peinture, que j'ai pratiquée pendant quelques années. Les passages sur la peinture, dans Le ciel est immense, mon premier roman pour adultes, étaient très certainement issus de ces moments de grâce que j'ai pu connaître avec la peinture, entre seize et vingt-huit ans.
Lorsque vous dites «pour de bon», vous pensez sans doute au fait d'être publiée. Si c'est le cas, je suis à floraison tardive : j'ai été publiée pour la première fois à presque trente-deux ans. J'en ai cinquante-trois aujourd'hui.
Je me suis dit que je serai peut-être romancière un jour quelques années après mes premiers livres. Aujourd'hui, si vous me demandiez quel est mon travail, je vous dirais «auteur», sans hésiter. Pendant longtemps je n'osais pas le dire, ça me semblait extrêmement prétentieux de me prétendre auteur. Sans doute parce que j'étais jeune, et que je plaçais la prétention là où elle n'a pas lieu d'être. Être auteur n'est pas plus ou moins gratifiant, pas plus ou moins exigeant qu'être ébéniste ou cuisinier. C'est un métier de passion, de création. La spécificité des métiers dits artistiques c'est peut-être qu'ils génèrent plus de doutes que de certitudes, mais ce sont les doutes qui font nous avancer. Si je dis que je suis auteur, aujourd'hui, je n'en conclus pas que j'écris bien, j'assume simplement le fait de ne pas être autre chose, et j'accepte à l'avance toutes les inquiétudes, les exigences et les joies liées à cette vie, parce que je l'ai choisie.

5) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Entre douze et seize ans : Zola, les nouvelles de Maupassant, Edgar Poe, Lovecraft, Bradbury, Jack London, Jules Verne, Pagnol, le théâtre de Sartre, Le Petit Prince, Jack London, Kipling, Huckleberry Finn, les Mille et une nuits, Propos sur le Bonheur...

Mais mon premier vrai choc, c'était La petite chèvre de M. Seguin, album et
33 tours, avec la voix chantante Fernandel. Je n'ai jamais pleuré autant sur une histoire, je crois bien.
J'avais quatre ans.

6) A quoi servent les écrivains ? !
Je ne vais pas avoir assez de verbes.
Disons, pour l'essentiel, qu'ils servent à : grandir, rêver, pleurer, rire, sourire, réfléchir, comprendre, protester, accepter, entendre et voir, s'échapper, revenir, libérer, témoigner, soutenir, compatir, expliquer, et peut-être aussi vivre.

7) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Pour moi, une librairie c'est un lieu qui tient à la fois de la caverne d'Ali Baba et de la pâtisserie ou du salon de thé. (Ceux qui me connaissent comprendront...)
J'y entre avec le contentement béat de celui ou de celle qui prévoit un plaisir assuré. Si j'étais un chat, je ronronnerais en franchissant la porte. Je le fais d'ailleurs, certains jours, mais avec beaucoup de discrétion.
Je vais à la librairie comme on va au marché, et je dis cela avec tout le respect que j'ai envers la bonne chère et les petits producteurs. Je sais que je vais y trouver, selon l'humeur du jour, de quoi satisfaire mes appétits, goûter léger, repas de fête, dîner de famille ou d'amoureux, parce que les livres s'offrent et se partagent.
J'entre en librairie comme d'autres en religion. J'anticipe la grâce.


  • Les présentations des éditeurs : 30/07/2010

«Dans les maternités, d'après moi,
il n'y a que des princesses et des princes charmants,
dans les petits berceaux en plastique.
Pas un seul nouveau-né qui soit découragé,
déçu, triste ou blasé.
Pas un seul qui arrive en se disant :
Plus tard, je bosserai en usine
pour un salaire de misère.
J'aurai une vie de chiotte et ce sera super.
Tra-la-lère.»

Après le succès de La tête en friche, adapté au cinéma par Jean Becker, Marie-Sabine Roger nous raconte, avec chaleur et drôlerie, une histoire d'une justesse rare sur notre époque.

Née en 1957 près de Bordeaux, Marie-Sabine Roger vit entre la France et La Réunion. Depuis dix ans, elle se consacre entièrement à l'écriture. Son travail est très reconnu en édition jeunesse, où elle a publié une centaine de textes, souvent primés. En littérature générale, elle a notamment publié un roman chez Grasset, Un simple viol en 2004, et des nouvelles chez Thierry Magnier, La théorie du chien perché (2003) et Les encombrants (2007). Son roman précédent, publié au Rouergue en août 2008, La tête en friche, est encore un beau succès en librairie. Il a dépassé les 22 000 ventes. Le film, adapté par Jean Becker, avec Gérard Depardieu et Geneviève Casadesus, sort en salles le 2 juin. La Tête en friche a fait l'objet de plusieurs traductions à l'étranger. Il a obtenu une dizaine de prix, dont le prix Inter-CE (décerné par les comités d'entreprise).



  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, août 2010

Marie-Sabine Roger brosse un portrait plein d'espoir de quelques paumés de province. Et confirme tout son talent de conteuse...
Marie-Sabine Roger, 52 ans, l'auteure de La Tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker) et de très nombreux livres pour enfants et ados, a un don pour trouver le ton juste. Rien ne sonne faux dans ce tableau plein d'humour de Français moyens, des dialogues désabusés des jeunes aux soumissions des adultes. Vivement l'avenir se situe dans un univers de terre grise, d'entrepôts, de pylônes et de lotissements. Mais c'est sa lumière qui capte le lecteur.


  • La revue de presse Baptiste Liger - Lire, septembre 2010

Après Bienvenue chez les Ch'tis, c'est au tour de Marie-Sabine Roger - La tête en friche, c'était elle - de nous proposer, avec Vivement l'avenir, sa vision du nord de la France. Au début, on peut être décontenancé par le langage de l'auteur, artificiellement argotique, jouant avec les onomatopées, et redouter l'avalanche de (trop) bons sentiments. Mais Marie-Sabine Roger a plutôt bien dosé tenresse et férocité - à la manière du récent Mammuth de Benoît Delépine et Gustave Kervern. Et il est difficile de ne pas s'attacher aux personnages, pittoresques et très réussis, de cette sympathique comédie douce-amère de crise.


  • La revue de presse Martine Laval - Télérama du 8 septembre 2010

Mieux qu'une fresque sociale au réalisme foudroyant, ce roman, par son rythme déluré, réinvente la solidarité, l'amitié qui se forge doucement, sans faux discours. Marie-Sabine Roger, romancière et nouvel­liste, puise son inspiration dans les fractures de notre société. Avec tendresse, elle bannit tout angélisme. Elle dépoussière les formules, renouvelle les bons mots, et met en scène la grisaille en lui donnant du tonus, sorte de liberté poétique.


  • Les courts extraits de livres : 30/07/2010

Côté poulailler

Comment c'était venu dans la conversation, je ne sais plus très bien.
C'était venu. C'est tout.
L'origine, elle était peut-être à chercher du côté des clébards, quand la télé avait parlé de ceux qu'on abandonne à la SPA, au début des vacances. Tous ces braves chiens-chiens avec la truffe humide et dans leurs yeux marron de l'amour sans reproche.
- Abandonner son chien ! Si c'est pas malheureux ! a dit Marlène, à un moment, en caressant Tobby. La peine de mort, il leur faudrait, à tous ces salopards !
- Bah ! La peine de mort, faut pas pousser, non plus... Mais de la tôle, oui. Là, je dirais pas non ! a répondu Bertrand, de sa voix toujours calme.
Jamais je ne l'ai vu énervé, celui-là.
Marlène a secoué la tête. Quand elle a une idée, elle s'y tient.


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