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Auteur : Jean d' Ormesson
Date de saisie : 17/09/2010
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Robert Laffont, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 9782221117026
GENCOD : 9782221117026
Sorti le : 19/08/2010
Qu'est-ce que la vie et d'où vient-elle ? Comment fonctionne l'univers ? Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ? Des mathématiciens aux philosophes grecs, à Einstein et à la théorie des quanta, en passant par Newton et Darwin, voilà déjà trois mille ans que les hommes s'efforcent de répondre à ces questions.
L'histoire s'est accélérée depuis trois ou quatre siècles. Nous sommes entrés dans l'âge moderne et postmoderne. La science, la technique, les chiffres ont conquis la planète. Il semble que la raison l'ait emporté. Elle a permis aux hommes de remplacer les dieux à la tête des affaires du monde.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? Dieu est-il à reléguer au musée des gloires étrangères et des puissances déchues ? La vie a-t-elle un sens ou est-elle une parenthèse entre deux néants ? Est-il permis d'espérer quoi que ce soit au-delà de la mort ?
Avec les mots les plus simples et les plus clairs, avec une rigueur mêlée de gaieté, Jean d'Ormesson aborde de façon neuve ces problèmes de toujours et raconte au lecteur le roman fabuleux de l'univers et des hommes.
Jean d'Ormesson est normalien et agrégé de philosophie. Il a publié notamment Au plaisir de Dieu, La Gloire de l'Empire, Histoire du Juif errant, La Douane de mer, C'était bien. Qu'ai-je donc fait.
Il est sans âge, il les a tous. Son public a 7 ans, 77 ans. Ses yeux clairs luisent entre les meubles de style, les reproductions assez bonnes de tableaux de maître. Ses livres sont des conversations au bridge, on les suit sans déplaisir et sans écouter. Ils fument le thé, mouillent les madeleines, tendent le velours des rideaux. Ils font glisser le temps qui passe...
Car ce qui serait chez tout autre un défaut est, chez Jean d'Ormesson, une qualité : ses livres s'arrêtent toujours au seuil de l'éclat, de l'original, du surprenant, du gênant, de l'intéressant, mais cette limite semble un signe de délicatesse, presque de générosité : plus que d'un manque, on y sent l'effet d'une courtoisie, d'une légèreté - d'une fermeté. Leur banalité soyeuse et bien structurée éclaire les uns sans assombrir les autres.
Connu pour son amour de la vie, l'écrivain favori des Français s'interroge sur l'au-delà. Et dévoile du même coup sa vraie personnalité...
Dieu, la transcendance, d'Ormesson, pourquoi pas ? Lorsque, entre une couverture sur le mal de dos et une autre sur le plaisir sexuel, les magazines font leur une sur le Grand Horloger, on aurait mauvaise grâce à refuser cette brillante méditation sur le fonctionnement de l'univers. D'autant qu'elle éclaire l'autre face de l'écrivain préféré des Français : sensuel, panthéiste, insolite...
Reste le style car «une histoire ne fait pas l'écrit», les formules, les portraits et croquis au scalpel, l'ironie douce ou mordante. Et, indexée sur son amour pour la vie, une passion communicative pour la littérature.
Pas optimiste, pas pessimiste : ce n'est pas son sujet. Il ne cesse de rendre grâce d'avoir vécu. Voilà un livre simple et requinquant...
Très bien, mais, au fait, de quoi est-il question dans cette histoire de l'Oncle Jean ? De tout, figurez-vous. De toutes les questions qu'un esprit affûté pose et se repose en voyant approcher le terme de ses jours. Du sens de la vie, de la formation de l'univers, des pourquoi et des comment que tous les hommes de science et tous les philosophes ont creusés depuis que l'homme, sur Terre, est en âge de penser. De tout ce qu'un adolescent anxieux se pose comme tourments : la vie, la mort, l'amour, Dieu. Tout, on vous dit. Comme le grand adolescent en question est gai, talentueux, limpide dans l'expression, le lecteur glisse avec bonheur, grâce à lui, sur le fleuve des grands questionnements.
En filigrane, tout au long du livre, les questions «D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Que faisons-nous sur cette Terre ?» reviennent avec insistance. L'interrogation de Leibniz «Pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien ?» (titre du deuxième chapitre) tourmente l'auteur...
Jean d'Ormesson confesse qu'il a écrit ce livre pour tenter «d'inverser le mouvement et de donner ses chances à Dieu dont il est aussi impossible de prouver l'existence que la non-existence». Il voulait aussi «tenter d'y voir un peu plus clair». Vous serez également éclairés. L'auteur ajoute que «les bons livres sont ceux qui changent un peu leurs lecteurs... (Celui-ci) m'a guéri de mes souffrances et de mes égarements. Il m'a rendu l'espérance.» Comme lui, vous non plus ne sortirez pas indemne de la lecture de ce livre.
Prenez des questions. Choisissez-les simples, compréhensibles par tous, mais impossibles à résoudre. Par exemple : le monde a-t-il un sens ? Dieu existe-t-il ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Laissez de côté l'air grave. Evitez comme la peste concepts et références. Faites comme si, un matin, tout ça vous tombait dessus. Découpez ces grandes interrogations en fines lamelles, nappez d'une couche d'histoire universelle, saupoudrez d'un rien de Platon, de Hegel, de Darwin, ajoutez un zeste de Heidegger, un soupçon de Max Planck. Intitulez le tout "roman" et prenez l'air ingénu. Vous croirez tenir la recette de Jean d'Ormesson. La vôtre sera ratée. Parce qu'il joue, lui, pour de vrai. Assez rusé pour être réellement candide. Assez factice pour sonner juste. Suffisamment hâbleur pour émouvoir. Du coup, même dans son rôle d'énergumène officiel, il finit par charmer.
De livre en livre, Jean d'Ormesson se bonifie et prend de la hauteur. Son dernier opus, C'est une chose étrange à la fin que le monde, relève du tour de force. Il ose tout. Il se met dans la peau de Dieu, ni plus ni moins, et nous raconte carrément le roman du monde. Des idées, surtout, et puis aussi des sciences et des systèmes philosophiques. On pourrait y voir la marque d'une boursouflure terminale d'académicien statufié, mais non, l'auteur mène cette titanesque entreprise sans enflure ni moulinets, avec la vraie modestie des vrais érudits. Si la culture est ce qui reste quand on a tout oublié, alors il s'agit là d'un monument à sa gloire.
Curieusement étiqueté "roman", C'est une chose étrange à la fin que le monde n'a pas non plus la prétention d'être un essai. L'octogénaire agrégé de philosophie nous livre, avec sa modestie coutumière, dans un style agréable et simple, les réflexions d'un "Vieux" sur la vie, la place de Dieu et la progression de la science...
On aimerait être un enfant et entendre ces histoires pour la première fois. On ne saurait trop recommander à tout adolescent de les lire pour parfaire son initiation à la culture générale. Mais on ne regrette pas, adulte, de les redécouvrir...
Sa sagesse nous illumine. "Le passé s'éclaire à mesure qu'il s'éloigne." Soyons patients. A la fin, les secrets du monde nous seront révélés.
le fil du labyrinthe
Un beau matin de juillet, sous un soleil qui tapait fort, je me suis demandé d'où nous venions, où nous allions et ce que nous faisions sur cette Terre.
Le rêve du vieux
le fil du labyrinthe
Où nous allons ? Qui le sait ? Devant moi, il y avait... qu'y avait-il ? Autre chose. Autre chose qui n'existait pas encore et que nous appelons l'avenir. Quelque chose de différent, et même de très différent - et pourtant de semblable. Autre chose, mais la même chose. Et la mort.
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