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.. La secrète mélancolie des marionnettes

Couverture du livre La secrète mélancolie des marionnettes

Auteur : Denis Grozdanovitch

Date de saisie : 09/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 20.00 €

ISBN : 9782879296920

GENCOD : 9782879296920

Sorti le : 13/01/2011

"La secrète mélancolie des marionnettes" de Denis Grozdanovitch (L'Olivier)
premier ouvrage qui peut s'apparenter à un roman pour cet auteur très érudit et esthète, de beaux portraits et l'atmosphère italienne brillamment décrite, parfois un registre de langue trop élevé que l'auteur ne module pas en fonction des personnages.


Il l'avait annoncé ici-même il y a un an et demi, Denis GROZDANOVITCH voulait passer des nouvelles à son premier roman. Après nous avoir régalé de ses «exquis d'écrivains» et autre méthode sur «l'art difficile de ne presque rien faire», sa prose est toujours aussi flamboyante, son humour aussi vif, et son sourire est toujours porté par l'irrésistible gravité des moments les plus précieux.
En compagnie d'un écrivain en voyage pour une résidence d'auteur en Italie, la ballade entre Sienne, Venise et Florence est séduisante. Mais l'agrément de la visite dans les plus belles villes d'Italie cèdera la place à la rencontre de ce que, dans sa vie, il n'avait jamais réalisé.
Rencontre d'un homme avec son destin, et avec le grand amour, aussi sûrement que les fils d'une marionnette déterminent ses mouvements, cette histoire est celle de tous nos espoirs encore irréalisés.
Peut-être finira-t-on par savoir qui des marionnettes immortelles ou des personnages éphémères ont le plus de liberté finalement ?


Roman subtil et plein d'humour. Le personnage est un auteur en panne d'inspiration. Invité par une aristocrate, il part s'installer dans sa résidence chic dans la campagne Toscane où elle héberge des artistes. Il fera des rencontres avec des personnages étonnants avec qui il aura des conversations légères et graves comme avec ce curieux fabriquant de marionnettes. Des poupées animées par la pensée du marionnettiste qui nous renvoie à notre condition de simple pantin. La plus belle rencontre demeure celle de cette femme croisée il y a longtemps et soudain retrouvée. Charme infini d'une plume élégante, souriante et érudite.


Écrivain talentueux, érudit, étincelant, hors mode, d'une intelligence rare. Le livre, une fantaisie philosophique rafraichissante.


  • Le courrier des auteurs : 09/02/2011

1) Qui êtes-vous ? ! ! ! ?
Voilà une question bien embarrassante... Je crois néanmoins pouvoir répondre : intimement le même garçon de sept ans qui, s'étant aventuré un matin au fond du jardin de la maison familiale, y fit sa première rencontre avec la solitude et de cette minute commença de vouloir la tromper en se parlant à lui-même, créant innocemment les prémisses de sa vocation littéraire.
Cependant, si nous devons nous en tenir aux faits officiels, il semblerait que je sois né à Paris, par un jour de pluie tenace, d'un père et d'une mère tous deux artistes-peintres. Or, mon père étant un grand lecteur, je fus initié à la littérature la plus exigeante dès mon jeune âge - sa méthode consistant à nous faire, à ma soeur et moi, des lectures ardues (Saint-John Perse à huit ans, Gracq à dix ans, Les caractères de La Bruyère à onze, etc.). Le sens nous échappait mais l'imprégnation était puissante et durable.
Mes parents étant par ailleurs très sportifs, je débutai en même temps ma carrière sportive sous leur tutelle. Je fus Champion de France junior de tennis à 17 ans, champion de France de squash à 25, champion de France de Courte-Paume à 35. Parallèlement, mon père, d'origine slave, m'initia au jeu d'échecs, que je n'ai jamais cessé, depuis, de pratiquer assidûment.

2) Comment vous est venue l'idée d'écrire «La secrète mélancolie des marionnettes» ?
Le projet de m'atteler à la rédaction d'un premier roman (en l'occurrence La secrète Mélancolie des Marionnettes) est né du désir lancinant de me projeter dans une longue rêverie voyageuse. J'ai tenté de suivre pour le rédiger - me confectionnant au passage un alter ego fantasmé - la méthode de l'un de mes maîtres en littérature - Blaise Cendrars - m'essayant, à son instar, au procédé de «l'affabulation vraisemblable», laquelle consiste à restituer la perception intime des événements plutôt que d'en faire le «procès verbal» ; méthode qui a pour avantage de traduire le courant de lyrisme poétique qui m'a toujours semblé animer en profondeur les êtres et les choses.
Ce roman, conçu à la manière des romans d'apprentissage pour grands enfants rêveurs aimerait se placer sous le patronage du Neveu de Rameau de Diderot, ou du Voyage Sentimental de Laurence Sterne ; romans où il ne se passe presque rien de sensationnel sur le plan de l'action, mais où est minutieusement décrit à la fois les états d'âmes des protagonistes ainsi que la comédie burlesque - le spectacle de marionnettes - des vanités humaines.
Ce livre cherche également à résister (luttant d'arrière-garde mais avec opiniâtreté) aux courants progressistes et secrètement nihilistes de l'époque. Attirés les uns par les autres de façon magnétique, les personnages du livre fuient le monde d'aujourd'hui, se communiquant à voix basse leurs recettes pour échapper au technicisme généralisé dont, estiment-ils, les douteux bénéfices à court terme ne sauraient compenser les aspects catastrophiques à longue échéance.
Bref, ce roman d'idées tente d'évaluer les minces chances qui nous restent de demeurer heureux - malgré tout ! - au coeur d'un monde savamment programmé pour un doucereux malheur - ce que certains ont si bien nommé le cauchemar climatisé.

3) Avez-vous des rituels ou habitudes d'auteur (choix du lieu, horaires, musique en fond sonore ou pas, etc.) ?
Ayant du écrire près de quarante ans durant pour le seul bénéfice d'un lectorat imaginaire, je me suis, au fil du temps, confectionné une manière spécifique qui me permet de rédiger des pages qui, indépendamment de leur valeur intrinsèque, soient déjà satisfaisantes en tant que simples objets visuels. Pour ce faire, j'ai appris à calligraphier à la pointe Rotring et à l'encre de Chine, laquelle conserve longtemps sa brillance et tolère facilement - au contraire de l'encre ordinaire - qu'on repasse sur le blanc de correction.
Pour finir, je prends un plaisir artisanal à recomposer mes textes sur l'ordinateur, bien que je soupçonne cet outil d'être un piège proprement diabolique dont il nous faudra sans doute payer cher un jour la contrepartie ; le prétendu progrès n'étant la plupart du temps que le remplacement d'un inconvénient par un autre...

4) Quand vous êtes en plein travail d'écriture, vous «protégez-vous» des autres écrivains ou philosophes (vous protégez-vous d'éventuelles influences «inconscientes») ?
Lorsque je suis en plein travail d'écriture, je lis plus qu'à l'accoutumé pour m'imprégner de l'atmosphère des grands ouvrages dont j'aimerais emboîter le pas et mimer l'allure. Il faut dire qu'à mes yeux, l'écriture et l'art en général, ressortissent plus ou moins toujours du plagiat psychique. Durant le temps consacré à La Secrète mélancolie des marionnettes j'ai relu avec ferveur les quelques écrivains (tels Prokosch et Bassani) tenants de ce «Réalisme Magique» dont Tchékhov a défini le projet en déclarant :
«Il faut montrer la vie non telle qu'elle est, ni telle qu'elle doit être, mais telle qu'elle nous apparaît en rêve.»

5) Lors de l'écriture, accordez-vous une totale liberté à votre inspiration. Acceptez-vous sans réserve que l'inspiration guide votre plume ?
Quand à la liberté accordée aux personnages ? Je ne puis répondre ici qu'en citant ce qu'a dit l'écrivain américain Pico Ayer à propos de l'art narratif de Somerset Maugham :
«L'un des grands talents de Maugham était de nous donner l'impression que ces personnages lui échappaient et poursuivaient une vie bien à eux. Parfois, il va jusqu'à interrompre l'action au beau milieu afin d'inclure une digression embarrassée concernant sa probable incapacité à pénétrer les motifs de ses propres personnages, ainsi que les tenants et les aboutissants de l'histoire qu'il tente de nous raconter. C'est, bien entendu, un stratagème littéraire - il se récrie habilement de son manque d'habileté et ce faisant il délivre quelque chose qui confère à ses histoires leur rare spontanéité équivoque. Elles hésitent et vacillent au bord de l'abîme que constitue cette secrète fascination de l'être humain pour le désordre.»
Oui, voilà bien ce que je souhaiterais restituer : cette incertitude fondamentale, flottante, concernant le réel, si bien montrée par les anciens maîtres de la peinture chinoise.

6) Comment est-entrée l'écriture dans votre vie ? Quand vous êtes-vous dit «un jour j'écrirai» ?
J'ai commencé à prendre des notes vers l'âge de quatorze ans et je me souviens avec précision du moment exact (pendant l'ennui d'un interminable cours de maths) où j'ai décidé de commencer mon espionnage à la fois pointilliste et «animique» : détails du quotidien (faits et gestes, paroles, attitudes) et météorologie des états d'âme qu'ils suscitaient. Je n'ai jamais plus cessé, par la suite, et jusqu'à aujourd'hui, de me livrer à cette marotte quotidienne devenue à la longue véritable discipline. Mon but étant d'ériger sur la page du carnet une sorte de stèle mémorielle reliée à un événement pour, plus tard, des années après parfois, retrouver ce signe et que celui-ci, tel un sésame, ouvre la grotte de la mémoire et en révèle les trésors enfouis - toujours aussi vifs pour peu qu'on veuille les tirer au clair. Ceux-ci ressemblent alors à des clichés photographiques en train de se révéler. Proust a dit des choses merveilleuses à ce sujet.
Écrivain instinctif, je suis plus ou moins aveuglément mon inspiration. Le principal attrait de l'écriture consiste, pour moi, à avancer à la fois dans la remémoration des faits, et dans le texte qui en découle, à la manière d'un voyageur qui découvre le paysage au fur et à mesure de sa progression. L'aspect épineux de l'exercice me semble de rendre ce spectacle aussi attrayant par écrit qu'il l'est dans ma mémoire et, à ce stade, il me reste plus à espérer qu'une seule chose : que l'oreille interne que j'ai développée au fil des années au moyen de la lecture assidue soit au diapason de celle du lecteur.

7) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Mes premiers chocs littéraires, outre les écrivains déjà mentionnés furent surtout des poètes : Fernando Pessoa, Luis Cernuda (mon préféré), Saint-John Perse (dont les prodigieuses images illuminèrent ma jeunesse), Valéry Larbaud, Léon-Paul Fargue, Jean Follain, et beaucoup de poètes chinois anciens.

8) Savez-vous à quoi servent les écrivains, les philosophes ? !
Il me semble que le rôle des écrivains - souvent inaperçu d'eux-mêmes - est de maintenir à flot dans le monde actuel livré aux démons du pragmatisme, la part brimée de l'âme poétique collective. Cela me paraît crucial. Il me semble qu'ils ont aussi le devoir de défendre une langue dégagée des divers slogans de la propagande consumériste permanente.

9) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Franchir le seuil d'une librairie a toujours été comparable pour moi à ce que mes camarades joueurs et moi ressentons lorsque nous pénétrons sur une de nos aires de jeu favorites. Et ces nombreuses heures, soustraites aux prétendues urgences impondérables de la «vie sérieuse», bienheureusement préservées de l'espace public vrombissant à quelques mètres de là, ces heures, oui, m'ont toujours paru comme des instants bénis - définitivement gagnés ! - non seulement sur le temps qui passe, mais aussi sur la cruelle course aux vanités de notre époque inféodée aux impératifs du «time is money».
Ces heures passées à fureter parmi les livres dans le calme des librairies me semblent ne faire qu'un seul long moment suspendu, depuis cet instant d'enfance où je décidai de pallier la solitude par le monologue intérieur, mais elles me paraissent surtout susceptibles de m'être comptées au nombre des rares joies sans mélange que la mort elle-même ne pourra me ravir, car elles viennent s'inscrire au coeur de la seule dimension d'éternité directement palpable en ce monde transitoire : la pure extase livresque.


  • Les présentations des éditeurs : 22/01/2011

«...Nous étions en train de nous échauffer, une fois de plus, sur les mérites comparés de nos auteurs de prédilection, sur nos rejets et nos engouements passagers, lorsqu'elle m'avait demandé à brûle-pourpoint si j'avais toujours l'intention, comme elle avait cru le comprendre, de me lancer dans une entreprise romanesque.
- Dans la vie réelle ou sur le plan littéraire ? lui avais-je demandé à mon tour en toute mauvaise foi afin de me donner le temps de réfléchir.»
Répondant à une invitation, le narrateur se rend dans une résidence d'écrivains située près de Florence. Une aristocrate italienne règne sur cette communauté très cosmopolite, agitée par les manies de ses pensionnaires. Ce voyage, ce séjour ne sont que le prétexte d'une série de rencontres qui lui permettront - du moins l'espère-t-il -de combler l'inaccompli de son existence. Mais le sens véritable de sa quête ne lui apparaîtra qu'au terme de son périple, lorsque son chemin croise à nouveau celui d'une femme qu'il croyait à jamais perdue.
Dans La Secrète Mélancolie des marionnettes, les débats d'idées se mêlent aux jeux de séduction auxquels se livrent les protagonistes. Avec ce récit élégant, au charme intemporel, Denis Grozdanovitch montre qu'il sait manier l'ironie avec brio.

Denis Grozdanovitch a notamment publié Petit traité de désinvolture (2002), Rêveurs et nageurs (2005), et, plus récemment, L'Art difficile de ne presque rien faire (2009). Ce lecteur érudit, cinéphile et photographe passionné, a mené en parallèle une carrière de sportif professionnel et joué régulièrement aux échecs en compétition. La Secrète Mélancolie des marionnettes est son premier roman.



  • La revue de presse Chloé Brendlé - le Magazine Littéraire, janvier 2011

L'auteur du Petit traité de désinvolture (2002, José Corti) et de L'Art difficile de ne presque rien faire (2009, Denoël) poursuit sa chasse aux instants papillons et pénètre le territoire de la fiction avec un très pirandellien premier roman. Dédié aux mânes d'Eric Rohmer, La secrète mélancolie des marionnettes emprunte autant à l'univers baroque et compassé des Amours d'Astrée et de Céladon qu'à la dramatisation toute théâtrale des plus fameux romans de Diderot. Les dialogues et leur mise en scène sont en effet au centre de ce roman : entre joutes verbales et duels amoureux, loisirs inoffensifs et esquisses théoriques, tous gravitent autour du plaisir de l'invention.


  • Les courts extraits de livres : 07/01/2011

Prétendre qu'un décor aussi indigent que celui de la gare parisienne de Bercy puisse jamais représenter une invitation au voyage et, qui plus est, vers une destination aussi mythique que l'a été de tout temps la péninsule Italique, serait d'une ironie presque cruelle. Néanmoins, les circonstances de mon départ pour Florence firent que j'eus droit à un avant-goût de l'atmosphère transalpine.
Tandis qu'à l'ébranlement des voitures l'accompagnatrice d'un des voyageurs s'amusait à pasticher un départ mélodramatique en agitant un large mouchoir blanc, dans un crissement formidable - comme si ce geste avait tout déclenché - le train freina brusquement, puis s'immobilisa. Surgirent alors de toutes parts des employés italiens et français suragités, s'interpellant dans les deux langues et s'activant autour des wagons, jusqu'à ce que l'information eût remonté parmi les passagers descendus sur le quai : rupture d'attelage et réparation à durée indéfinie.
Familier des trains italiens et de la relative désorganisation qui y préside généralement, ayant de surcroît subodoré, au ton d'un des employés qui paraissait renseigné, ce que laissait augurer cette durée «indéfinie», je décidai - après m'être enquis de la faisabilité de l'opération - de reporter mon départ au lendemain.
Le lendemain, il s'avéra que le changement de billet, dont on m'avait pourtant assuré de la possibilité, la veille, à ce même guichet SNCF, s'annonçait - mauvaise volonté, sourde revanche sociale de l'employé, ou égarement labyrinthique du système informatique ? - d'une complexité administrative typiquement française. L'heure du départ approchant et mon affaire prenant des dimensions de cas d'école, la préposée devenant en outre très agressive, je ne dus mon salut qu'à un voyageur de la file voisine qui, ayant rapidement jaugé la situation, me conseilla de régler le problème en direct avec le chef de train italien.
J'avisai donc sur le quai ledit chef de train en train de plaisanter nonchalamment avec un collègue. Après qu'il eut jeté un bref coup d'oeil à mon billet, celui-ci me déclara :
- Ma tutto va bene cosi !
Et sortant son carnet de réservations, il m'attribua une place sans autre cérémonie.


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