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.. Les oiseaux noirs de Massada

Couverture du livre Les oiseaux noirs de Massada

Auteur : Olivia Elkaim

Date de saisie : 08/02/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 17.00 €

ISBN : 978-2-246-77341-2

GENCOD : 9782246773412

Sorti le : 12/01/2011

Vous vous plongez dans ce livre, vous ne pouvez plus le lâcher ! Puissant, extrêmement touchant....
Klara et sa grand-mère Mouna : comment le voile levé sur leur destin les réunit : lisez ces "Oiseaux noirs", vous comprendrez et ne le regretterez pas...


Les "Oiseaux noirs de Massada", c'est l'histoire de Klara, une jeune chanteuse de cabaret et de Mouna, sa grand-mère.

Le récit est parfaitement équilibré, entre la vie de Mouna, qui nous plonge au coeur des années 30 et des années de guerre, et celle de Klara. Ces deux vies de femmes sont liées par un destin commun : celui de vivre un amour impossible.

En parallèle, Massada, de l'hébreu "Metsada" qui veut dire "forteresse". Ce rocher surplombant la mer Morte est omniprésent dans le roman. En 73 après J.-C., un millier de Juifs s'y suicidèrent pour éviter une capture ou une mort certaine lorsque les Romains réussirent à y pénétrer.

Ron, un producteur de comédies musicales à succès en Israël, veut monter là-bas l'histoire de Massada. Son spectacle s'appellera "Les oiseaux noirs de Massada". Klara est pressentie pour y chanter. Mais entre son envie de chanter et son histoire avec Ron, un dilemme va la torturer. Heureusement, Mouna est là pour partager avec elle ses douleurs, ses doutes, elle qui connait bien le sujet, elle qui porte un terrible secret.

Les retours sur la vie de Mouna donnent au lecteur un point de vue privilégié. Avant Klara, il devient en quelque sorte le dépositaire de ses secrets si longtemps et si bien gardés. Le rythme de ce texte va crescendo, et l'on se régale de page en page, lorsque le voile tombe au fur et à mesure. Les personnages qui gravitent autour des deux femmes sont complets, touchants et tendres en même temps.

Il est très difficile de résumer toute l'histoire des "Oiseaux noirs de Massada", tant il serait vraiment dommage de vous révéler ici les secrets qui font tout le suspens de ce magnifique roman.

Certaines scènes sont tout simplement sublimes, les mots d'Olivia Elkaïm, les rendent simples, justes et encore une fois, touchantes; bouleversantes même, souvent.

L'écrivain évoque intelligemment et sans fioritures plusieurs périodes importantes de l'Histoire, des années folles à nos jours, de Paris à Massada, proche de Gaza où le conflit Israélo-palestinien fait rage.

"Les oiseaux noirs de Massada" promet d'être l'un des meilleurs livres de 2011. Après le remarqué "Les graffitis de Chambord", Olivia Elkaïm nous offre en tout cas une merveille de lecture.

Olivia ELKAIM sera invitée à l'Escale Littéraire pour une rencontre-dédicace le jeudi 10 février 2011 à 19h30


Libraire depuis plus de 20 ans, ancien responsable de la Librairie Labbé à Blois, je suis depuis cet été directeur de l'Espace Culturel Leclerc de Châteaudun. En 2008, j'avais eu un coup de coeur pour le 1er roman d'Olivia Elkaim. Son 2e confirme ce talent naissant !

"On avait quitté Olivia Elkaim, il y a deux ans. Les yeux emplis d'un Chambord inédit, d'un château à des lieues de la meringue romantique pour touristes pressés, hanté par les mannes des disparus, des justes et des résistants qui furent sauvés ? ou pas, comme la Joconde, dans ses caves pendant la seconde guerre mondiale. Les «graffitis de Chambord», son premier opus chez Grasset (réédité aujourd'hui chez J'ai Lu), fut une belle surprise de la rentrée de septembre 2008 Sur le mode choral, les destins de trois générations d'hommes d'une famille juive, se télescopent des années trente à nos jours. Un canevas tiré au cordeau, dont le motif se densifie au fil de la lecture, révélant à lui-même le dernier surgeon, Trevor celui qui semblait pourtant le plus fade. Grâce aux histoires alternées de son père, Simon, un clerc pudique, qui comme toute une génération choisit le silence comme thérapie, et surtout de son grand-père ISAAC, le résistant, le gardien des arts, devenu infidèle, on comprend avec eux la force de la mémoire.
Bouche bée, l'âme coite, on assiste alors à l'ouverture d'une sensible boîte de Pandore : l'absolu pouvoir de la transmission et la force de la rédemption.

Deux ans plus tard, Olivia Elkaim attaque l'autre versant. Massada, ce rocher emblématique de la résistance juive aux romains, sera son EIGER au féminin, une montagne aride à gravir, dangereuse même, la face féminine de l'ordalie familiale. Mais à défaut du jugement de Dieu, l'homme, ou plutôt la/les femme(s), sont tour à tour les acteurs cruels et les victimes expiatoires de cette pièce «Les oiseaux noirs de Massada», emprunte cette fois aux poupées russes son jeu narratif. L'Histoire de Klara, notre contemporaine, porte en elle celle de Mouna/Edna, sa grand-mère, celle qui l'a vraiment élevé, mais celle qui lui a tout caché du passé. Car jusqu'au jour où Klara a le coeur qui explose d'un dépit amoureux à la force dévastatrice, Mouna jamais n'avait parlé de la guerre et de ses secrets enfouis, et jamais Klara n'avait pu lui faire raconter. Chanteuse vedette de la comédie musicale «les oiseaux noirs de Massada» montée en Israël, dans le rôle étrange et sublime de la dernière femme de Massada, la dernière égorgée, Klara n'était avant LUI, le grand Amour, qu'une «Kleine chanteuse» de cabaret, jazz au Blue Bird avec son groupe Cohen'CO, traditionnelle dans les bar-mitsvas bobos. En total abandon, elle prend de plein fouet les rets de son amant, Ron, marié, forcément. La guerre dans la bande de Gaza, précipite sa fuite et son choix. La désespérance de Klara la rend muette, elle ne chante plus, la voix, l'âme cassée. Mouna, sa Mouna, sa grand-mère fera le chemin jusqu'à elle pour consoler l'inconsolable. Et enfin lui raconter, nous raconter sa propre histoire : Isaac, son amour, sa guerre, sa perte. Le pèlerinage, réel cette fois, au rocher propitiatoire qu'est Massada, sera le réceptacle de cette parole, de cette confession nécessaire, absolue pour que Klara puisse continuer. Et comme corollaire, l'arbre de Jessé et sa métaphore contemporaine : l'arbre généalogique, les racines, la famille.

Encore une fois, Olivia Elkaim réussit cette gageure de magnifier des histoires par l'Histoire, de relier des temps et des lieux plus intimement encore que ses amants, de nous accrocher au coeur et à l'âme un poison subtil et addictif : l'émotion.


  • Le courrier des auteurs : 11/02/2011

1) Qui êtes-vous ? !
C'est une question difficile ! Par quoi commencer ? J'ai écrit deux romans, l'un publié en 2008, «les Graffitis de Chambord» ; l'autre qui vient de paraître, «Les Oiseaux noirs de Massada», tous deux aux Editions Grasset. Pour autant, je ne sais pas si je suis «romancière». Ca me paraît un peu prétentieux de me présenter comme telle... Dans la vie courante, je suis journaliste politique au magazine La Vie, un hebdomadaire chrétien d'actualité, très sérieux, qui va au fond des problématiques. J'ai presque 35 ans, je vis à Paris et je suis aussi la maman d'un bébé de presque sept mois. Mais je ne sais pas si avec tous ces éléments, j'ai répondu à votre question !

2) Comment vous est venue l'idée des Oiseaux noirs de Massada ?
Je voyageais en Israël en août 2007 et pour la première fois, je décidais de visiter Massada, une forteresse qui domine la Mer Morte, symbole fort de l'Etat hébreu. J'ai dormi dans l'auberge de jeunesse au pied de ce rocher, en plein désert, et à quatre heures du matin, j'ai entamé l'ascension de Massada, à pieds, de nuit. Il faisait déjà très très chaud. Je suis arrivée là haut, le soleil s'est levé sur les monts de Jordanie, un disque orange irradiait et couvrait de sa couleur exceptionnelle le désert de Judée et la Mer Morte. J'ai eu un choc esthétique, presque mystique. C'est l'un des spectacles les plus merveilleux que j'ai vus de ma vie, avec le cratère de Stromboli, dans les îles éoliennes. J'ai su, à ce moment-là, que j'écrirais un roman intitulé «Les Oiseaux noirs de Massada», même si je ne savais pas ce que je raconterais. Ce titre a guidé l'écriture du texte. Il était programmatique. Au cours de ce même voyage, j'ai pu rencontrer beaucoup de jeunes Israéliens, notamment des soldats d'une vingtaine d'années, qui m'ont raconté, avec détails, leur guerre du Liban, en 2006. Cela a trouvé une résonnance dans mon imagination avec ce que je savais de la guerre du Liban en 1982. Je ne savais pas à l'époque, bien sûr, que je me retrouverais en Israël pendant la guerre de Gaza, en janvier 2009, comme c'est le cas de Klara, la jeune chanteuse du roman. Ce voyage, en pleine guerre, m'a profondément marquée et inspirée : Les stigmates des roquettes, à Ashkelon, le bruit des alertes, des avions de guerre et des Apache, et de l'autre côté de la frontière, à Gaza, inaccessible aux journalistes, des milliers de morts. Je suis revenue en France profondément changée.

3) Quel déclic intérieur vous a décidé à écrire cette histoire ?
Je poursuivais le même travail intérieur que pour «les Graffitis de Chambord». Comment devient on un homme quand on ne connaît pas son passé ? Comment peut-on avoir confiance en son avenir ? En l'occurrence, pour «Massada» : comment devient-on une femme ? Comment se transmet la féminité ? Je suis absorbée par la question de la mémoire, par les silences familiaux, la trace que laissent ou qu'effacent nos aïeux. Avec ce deuxième roman, je voulais rendre hommage à mes deux grands-mères, à travers le personnage de Mouna, une petite mamie très sympathique mais qui a passé sa vie à taire le passé. Quand sa petite fille va sombrer dans un chagrin amoureux, elle va être obligée de parler. C'est la rédemption par la parole !

4) Avez-vous des rituels ou habitudes d'écrivain (choix du lieu, horaires, musique en fond sonore ou pas, etc.) ?
Je n'écris pas face à la mer, ni même face à une fenêtre. Je travaille dans une chambre de bonne de 5m2, équipée d'un vasistas, face à un mur blanc ! Elle est à peine décorée, c'est même sinistre. Sur le bureau : un dictionnaire Larousse reçu quand je suis entrée au collège et un dictionnaire des synonymes que j'ouvre peu. Pas de musique, mais le silence. J'écris directement au clavier. Mais en vérité, il y a plusieurs phases dans l'écriture pour moi : une phase où je prends des notes. J'ai toujours un carnet sur moi et je note des phrases, des bouts d'idées, des mots, des situations qui me passent par la tête. Le roman infuse. Puis une autre phase où j'ai besoin d'écrire une à deux heures le matin avant de partir au travail. Enfin, une dernière phase où j'écris matin et soir, dès que je peux. Je vole le temps de l'écriture au sommeil, notamment... J'ai bien pensé à arrêter mon activité de journaliste, mais je suis trop passionnée pour cesser ce travail. J'adore rencontrer des gens, les faire parler d'eux, c'est d'une telle richesse. Le romancier et scénariste Didier Decoin m'a toujours encouragée à continuer à travailler et à m'arranger pour écrire, quitte à être fatiguée ! La vie active nourrit l'écriture et l'inspiration, il a raison.

5) Quand vous êtes en plein travail d'écriture, vous «protégez-vous» des autres écrivains (vous protégez-vous d'éventuelles influences conscientes ou inconscientes) ?
Je continue de lire, d'aller au cinéma, au théâtre, et de parler avec mes amis écrivains. Je ne me protège pas, j'ai tendance à m'exposer. La seule chose que je fais moins, c'est les «dîners en ville». Je réserve ce temps à l'écriture. Il est nécessaire de savoir être un peu seul pour écrire.

6) Lors de l'écriture, accordez-vous une totale liberté à vos personnages, ou une semi-liberté ? Acceptez-vous que ces personnages s'emparent éventuellement du roman ?
Je leur laisse pleine liberté. D'ailleurs ils m'habitent, voire m'envahissent. Parfois, j'ai l'impression qu'il y a ma vie courante et une vie parallèle où évoluent les personnages. Dans un premier temps, je les dirige dans le texte, dans une structure romanesque élaborée à l'avance, puis ils m'étonnent et font évoluer, parfois, la trame narrative. Ron, le producteur israélien, a beaucoup changé pendant les trois ans d'écriture. Au début, il était un peu caricatural, je l'ai adouci et doté d'une histoire qui lui permette de se racheter un peu. Mon éditeur, Manuel Carcassonne, a aussi un rôle important. Nous échangeons beaucoup au cours de l'écriture, il me pousse dans mes retranchements, me fait part de ses critiques. Ses remarques, je trouve, me permettent de rendre mes personnages plus humains.

7) Comment est-entrée l'écriture dans votre vie ? Quand vous êtes-vous dit «un jour je serai romancière» ?
Toute petite ! Mais je n'osais pas le dire car j'avais peur d'effrayer mes parents. On ne gagne pas sa vie en étant écrivain... Alors le journalisme m'a semblé un bon compromis. En réalité, rien n'est plus éloigné de l'écriture romanesque que le journalisme ! Certes, il y a l'écrit, mais ce n'est pas le même type d'écriture. Comme écrivain, je suis dans ma bulle ; comme journaliste, je fonce vers les autres. C'est presque devenu ma contradiction intime. D'ailleurs, quand je fais des signatures en librairie, les lecteurs sont souvent étonnés, ils ne m'imaginaient pas aussi extravertie ! Ca m'amuse beaucoup.

8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
«La chartreuse de parme» et «L'Assommoir» que j'ai lus pendant l'été entre la 4e et la 3e. Je m'isolais dans une chambre fraîche, à Marseille, pendant des heures, et je lisais.
Les romans de Milan Kundera qui sont aussi une réflexion sur l'art du roman m'ont mis sur la voie de l'écriture : L'Insoutenable légèreté de l'Être, La Valse aux adieux, La Plaisanterie. Quand j'avais sept, huit ans, j'adorais les mythes grecs. J'avais même entrepris de recopier un livre de mythologie dans un cahier, pensant que c'était ça, être écrivain ! Plus récemment, j'ai été bouleversée par les romans de Jonathan Safran Foer et «Les Disparus» de Daniel Mendelssohn

9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Question difficile. Les écrivains doivent-il servir à quelque chose ? Ou servir le lecteur ? Je m'attache, par exemple, à raconter une histoire car j'adore moi-même qu'on me raconte des histoires. Je trouve que la moindre des choses pour un écrivain c'est d'emporter le lecteur, qu'il sorte ébouriffé de sa lecture, ou ému, ou touché, ou remué.
Par le romanesque, on apporte un point de vue sur la vie, on touche une forme de vérité.

10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Une place immense ! Car ils me soutiennent. Ils sont des passeurs d'émotions et ça, c'est très précieux. Je me laisse guider, en tant que lectrice, et je leur fais confiance comme romancière. Je ne leur dis jamais assez merci. Il m'est arrivé, ce qui n'est pas très habituel, d'appeler un libraire pour le remercier d'exposer mon roman en vitrine !


  • Les présentations des éditeurs : 11/02/2011

«Ce soir-là, alors qu'elle devait rejoindre Klara au Blue Bird, Mouna avait enfoui tout cela, la plaque commémorative, l'inscription rose dans le marbre blanc, les souvenirs de la rue Custine, son secret, et elle était allée écouter chanter sa petite fille.»

Un lieu : Massada, rocher surplombant la Mer Morte, où en 73 après JC, un millier de Juifs préfèrent le suicide à la reddition.
Deux femmes : Klara, une jeune chanteuse de cabaret, et sa grand-mère, Mouna.
Deux destins marqués par le secret d'un amour perdu.

Un second roman puissant et émouvant qui dresse le portrait de deux femmes passionnées, et entraîne le lecteur du Paris des années Trente aux rives de la Mer Morte.

Olivia Elkaim est née en 1976. Elle est l'auteur d'un premier roman remarqué, Les Graffitis de Chambord (Grasset, 2008, Prix Montalembert, Bourse Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres).


  • Les courts extraits de livres : 11/02/2011

Klara n'avait pas de fièvre. Ce n'était pas une angine. Depuis que Ron était parti, elle avait l'impression que de petits cailloux couverts de terre parsemaient son palais et ses cordes vocales, râpaient sa langue, arrachaient les tissus souples de sa gorge, et les faisaient saigner le long de la trachée.

Elle avait posé son front contre la vitre. Elle observait tour à tour les figures de buée que dessinait son souffle sur le verre et les gens dans les allées du cimetière, de l'autre côté de la rue Trumpeldor. Un homme, la kippa accrochée aux cheveux par une barrette de jeune fille, se promenait entre les sépultures blanches. Un rabbin se balançait au rythme d'une prière pour les morts.
Au centre du cimetière, un bouleau déployait ses branches décharnées vers le ciel bleu. Ses racines plongeaient sous les stèles, de part et d'autre de l'allée centrale, et les poussaient dans un élan, hors de terre. Klara se revoyait, petite, dessinant un arbre généalogique pour le présenter à l'école. Ses camarades de classe confondaient leurs ascendants, se trompaient dans les dates et raturaient leur copie au stylo rouge. Ils semblaient écrasés par le poids de leurs nombreux ancêtres aux patronymes bien accrochés sur les branchages. Klara, elle, était écrasée par les absents. Une fois qu'elle avait inscrit les noms de Mouna, sa grand-mère, et d'Eliette, sa mère, il n'y avait plus que des blancs.
Elle avait beau interroger sa grand-mère, elle obtenait toujours la même réponse :
- Habibi mon amour, tu poses trop de questions !
Avec les années, Klara avait fini par se décourager.


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