Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres

Libraires, partagez vos découvertes

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

A ne pas manquer

Liliane Zylberstein est allée très loin dans ses souvenirs...

Patrick deWitt vit actuellement à Portland, Oregon.

9782738137975

l'essai biographico-poético-philosophique d'Olivier Haralambon est d'une précision, d'une passion et d'une profondeur extrêmes...

Rotraut Susanne Berner est née à Stuttgart en 1948

Jeanne Benameur creuse son oeuvre dans les silences

Olivier Haralambon

est écrivain, philosophe et ancien coureur

Joséphine Johnson

est née en 1910 à Kirkwood, dans le Missouri.

Alex Capus

est né en Normandie en 1961, d'un père français et d'une mère suisse

Aki Shimazaki

vit à Montréal depuis 1991

Rebecca Lighieri

publie aussi sous le nom d'Emmanuelle Bayamack-Tam.

Viken Berberian

dessine un portrait grotesque de notre monde.

Claudia Piñeiro

est née dans la province de Buenos Aires

Anna Gavalda

nous touche en plein coeur

François

est le premier pape jésuite et latino-américain de l'histoire

Pascal Quignard

a obtenu le prix Goncourt en 2002 pour Les Ombres errantes

Née en 1962 en Écosse,

Ali Smith est l'auteur de plusieurs romans

Louis-Philippe Dalembert

est lauréat du Prix France-Bleu/Page des libraires 2017

Francis Scott Fitzgerald

fut un nouvelliste hors pair

Fanny Dreyer

est née à Fribourg en Suisse Romande.

Sema Kaygusuz

écrit avec un scalpel

Hervé Le Bras

est un homme de culture, ouvert au monde et à ses mutations

Philippe Priol

est né à Rouen

Agustin Martinez

publie un roman puissant, âpre et vertigineux

Gabriel Fauré

fut le compositeur de l'inouï.

Jean-Louis Fetjaine

est un auteur incontournable pour les amateurs de fantasy.

Loïc Demey

est né en 1977 à Amnéville (Moselle)

Eric Vuillard

raconte les coulisses de l'Anschluss

Giorgio Van Straten

est né à Florence, en 1955

Lucie Desaubliaux

vit à Rennes

Laurent Chalumeau

est l'ancien complice d'Antoine de Caunes

Jean-Pierre Rioux

transmet la connaissance.

Michèle Lesbre

raconte la "Robin des bois bretonne"

Lee Martin

a su créer un monde d'une douloureuse beauté

Michel Onfray

est philosophe, écrivain

Loïc Merle

questionne le sens de la vie

Dominique Fabre

est un rêveur mélancolique

Etienne Perrot

a dédié son oeuvre à l'accomplissement intérieur

C.G. Jung

fut médecin de l'âme

Delphine de Vigan

aime le concerto pour 4 pianos de Bach

Le Cycle d'Oz

fait partie du patrimoine littéraire américain

Delphine de Vigan

et la force mystérieuse (prix Renaudot 2015)

Toni Morrison

est entourée d'artistes contemporains - musiciens, plasticiens, metteurs en scène

Pascale Gautier

partage l'émotion...

Patrick Weil

prend à contre-pied bien des croyances...

Sonja (prononcer Sonia) Delzongle

est auteur de thrillers et va chercher son pain presque tous les jours...

Pour Tristan Savin

le pays de la littérature est aussi celui de la géographie...

l'Australienne Cate Kennedy

compose une partition émouvante sur le choc des générations...

António Lobo Antunes

est l'une des grandes figures de la littérature contemporaine...

Didier Cornaille

est paisible retraité atteint d'une addiction grave à l'écriture...

Adrian McKinty

dans la rue entend des sirènes...

Vincent Lodewick «Dugomier»

est un scénariste de bande dessinée heureux...

Pierre Grillet

lui aussi écrit des chansons de rêve...

A. M. Homes

a reçu pour ce livre le Women's Prize for Fiction 2013...

Valérie Zenatti

reçoit le 41ème Prix du Livre Inter...

Gaëlle Nohant

reçoit le Prix du Livre France Bleu - Page des Libraires...

Rosine Crémieux

résistante dans le Vercors à 16 ans, est rééditée par Anne-Laure Brisac...

Sébastien Raizer

est Cofondateur des éditions du Camion Blanc, traducteur et auteur à la Série Noire...

Jean-Marc Héran

raconte Brel...

Michel Serres

invite ­à inventer, à prendre des risques...

A.M. Homes

fait preuve d'une belle fantaisie...

Marido Viale

Dort beaucoup, et rêve...

Annie Ernaux

a l'impression d'écrire même quand elle n'écrit pas...

Liliane Zylberstein

est allée très loin dans ses souvenirs

Application pour smartphones,
avec Orange et Big5media

Découvrez sur votre mobile (iPhone, Android ou Windows Phone), en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, les paroles d'internautes, et des milliers d'extraits de livres.

Le Choix des Libraires sur iDevice

Les choix des libraires sur Android

Les choix des libraires sur Windows Phone

Les coups de cœur de Jacques Griffault de la librairie LE SCRIBE à MONTAUBAN, France


  • Le choix des libraires : Les quais de Chicago (1 choix) - Stuart Dybek - Finitude, Le Bouscat, France - 14/07/2012

Voici la première publication en français de Stuart Dybek, écrivain américain né à Chicago en 1942 de parents immigrés polonais.
C'est le Chicago de son enfance et de son adolescence que nous raconte Stuart Dybek dans ces nouvelles. Pas le Chicago des gratte-ciel qui longent le lac Michigan mais plutôt celui des faubourgs "où tous les pays incompatibles d'Europe se trouvaient compressés". Le Chicago des années cinquante et soixante, bouleversé par un intense redéploiement urbain et l'arrivée d'immigrants des pays de l'Est et du Mexique.
La dimension poétique du recueil, la rêverie issue du souvenir, est affichée dans la citation du poète Antonio Machado placée en exergue : "De toute la mémoire, seule vaut le don précieux d'évoquer les rêves".
Dans «Chopin en hiver», un jeune garçon est ému par une jeune femme mystérieuse, Marcy - "j'ai le sommeil très léger ; la neige qui tombe me réveille" - qui joue du Chopin dans l'appartement situé au-dessus de celui où il habite avec son grand-père Dzia-Dzia (pépé en polonais). Ce grand-père, dont la vie est rythmé par des bains de pied, tout d'abord silencieux puis qui va lui décrire les oeuvres de Chopin, "les préludes, les ballades ou les mazurkas, de telle façon que même si je ne les avais jamais entendus, je puisse les imaginer, particulièrement les pièces favorites de Dzia-Dzia, les nocturnes, luisants comme des étangs noirs". Pendant les dernières semaines de l'hiver Marcy ne jouera plus que des nocturnes. Puis elle disparaîtra lors du premier redoux. "La musique mit du temps à s'évanouir".
Sur les quatorze nouvelles qui composent ce recueil, certaines, "anecdotes poétiques", font deux ou trois pages, trois - dont Chopin en hiver - sont plus longues. "Blight" (insalubre) nous entraîne "dans ces années entre la Corée et le Vietnam, à l'époque où le rock'n'roll atteignait son apogée" dans un quartier reconnu officiellement comme insalubre, où malgré les difficultés Polonais et Mexicains vivent sans tension ethnique, où les jeunes déclament du Kérouac, hurlent du blues, cherchent à transcender par leur imagination leur vie difficile. Glace chaude a valu à l'auteur le prestigieux prix O'Henry, distinction attribuée avant lui à Faulkner, Truman Capote, John Updike, Joyce Carol Oates et Raymond Carver.
Un livre qui commence à bénéficier d'un discret bouche-à-oreille, un livre que l'on fait découvrir à ses amis, qui pourrait bien devenir un livre culte. Un grand merci aux éditions Finitude qui ont le talent et le courage de proposer des textes inédits ou oubliés.


  • Le choix des libraires : Redemption Falls (1 choix) - Joseph O'Connor - Phébus, Paris, France - 14/07/2012

17 janvier 1865. La fin de la guerre de Sécession est proche. Eliza Duane Mooney, 16 ans, émigrante irlandaise, laisse derrière elle Baton Rouge qu'elle n'a jamais quitté, pour partir à la recherche de son frère Jeremiah, jeune tambour happé par la guerre. Un mois pour traverser la Louisiane. Échardes de pierre dans les pieds lacérés. Éclats de douleur, crampes dans le tendon du jarret, prières vaines pour des souliers. Mais elle poursuit sa route, sa quête, obstinément, trempée quand il pleut, brûlée quand il fait chaud, sous-alimentée, malade, car sa patrie c'est sa famille.
Et voici le lecteur embarqué dans une fresque épique tout à fait remarquable. Des dizaines de personnages surgissent dont les destins vont s'entrecroiser, personnages qui ont de fortes ressources en eux, qui enfreignent les règles pour survivre dans cette époque tourmentée.
Parmi eux un révolutionnaire irlandais, James O'Keeffe, exilé par les anglais en Tasmanie, arrivé à New York peu avant la guerre de sécession. Surnommé Le Sabre, il rencontre lors d'une des conférences qu'il donne, une jeune poétesse, riche héritière, à la beauté sublime, Lucia-Cruz. Coup de foudre. Elle l'épouse le jour de ses vingt-et-un ans, premier jour où elle peut se marier sans l'accord de ses parents. Il l'emmène à Redemption Falls, Territoire des Montagnes, dont il a été nommé gouverneur. Vite la relation se délite, connaît des déboires, tente de se ravauder un peu à l'image de ce pays qui essaie de se reconfigurer après la guerre qui l'a déchiré. O'Keeffe et Lucia sont des personnages inoubliables. Tout comme Jeremiah, le jeune tambour, adopté par O'Keeffe, comme Elizabeth Longstreet, ancienne esclave, cuisinière noire du Général O'Keeffe qui, des années plus tard, se souvient. Et tant d'autres.
De nombreuses scènes mémorables : l'éprouvante marche d'Eliza, la tentative de prise d'assaut de la demeure du Général à l'issue d'une tempête qui dura douze jours, les scènes entre Lucia et le Général,...
Feuilletez ce livre. Il se présente comme un livre du XIXe siècle avec ses illustrations, sa façon de titrer les chapitres et de présenter des petites phrases qui résument ce qu'on va lire. Il offre un matériau très riche : des cartes, des articles de journaux, des témoignages, des récits écrits sur le champ de bataille, des ballades, des lettres d'amour, des rapports d'espion,...
Mais il ne s'agit en aucun cas d'une parodie d'un livre du XIXe siècle. C'est un grand roman du XXIe siècle qui pose des questions très contemporaines sur la guerre, les rapports sociaux, le racisme, le couple, l'amour,... Les luttes, les défis, les contradictions même des personnages sont bien actuels.
Dans une interview Joseph O'Connor a dit qu'il avait voulu que la lecture soit à la fois dérangeante et agréable. Il est vrai qu'au début le lecteur peut être un peu perdu, baladé qu'il est d'un bout à l'autre de cette grande fresque. Mais peu à peu tout se met en place et le plaisir de lecture n'en est que plus vif.
Laissez-vous emporter par ce magnifique roman, ne le lisez pas trop vite, savourez-en tous les aspects, toutes les tonalités, je vous garantis un très intense plaisir de lecture.
Sachez, enfin, qu'à la toute dernière page vous attend une vraie surprise et que forte sera la tentation de relire ce grand livre à la lumière de cette révélation.

N.B. Joseph O'Connor est un des plus importants écrivains de sa génération. Je l'ai découvert avec Desperados, où un couple déchiré se ré-unissait pour partir à la recherche de leur fils disparu en Amérique latine. Inishowen, histoire d'une new-yorkaise condamnée par la médecine qui trouvait en la personne d'un flic irlandais un compagnon dans sa quête de ses origines irlandaises, est un livre que j'ai recommandé avec succès. Quant à L'Étoile des mers, c'est un roman plus ample qui relate la grande famine qui a conduit des irlandais à émigrer vers les Etats-Unis en 1847, donc 18 ans avant ? Redemption Falls.


  • Le choix des libraires : Le quatrième homme (1 choix) - Kjell Ola Dahl - Gallimard, Paris, France - 14/07/2012

Un polar qui se passe en Norvège en hiver. Pas étonnant qu'il fasse froid dans le dos !
Frank Frolich, inspecteur de police, au cours d'une descente de police, se jette sur une femme pour la protéger des coups de feu et l'entraîne dans sa chute. Elle a la trentaine, des yeux bleus qui étincellent comme des saphirs. Les jours d'automne passent, froids et humides. Fasciné par la beauté et très sensible à son charme, Frank, un jour, se met à suivre cette Élisabeth. Une relation passionnelle s'engage entre eux Frank découvre qu'Élisabeth a une personnalité complexe : elle est la soeur de Jonny Faremo, une des figures locales du milieu et elle entretient une relation amoureuse avec une femme universitaire. Plusieurs fois il décide de ne plus s'approcher d'elle, mais à chaque fois il craque. Comment résister à cette Élisabeth qui adore les surprises, porte un tatouage bizarre sur la hanche et veut écouter les "Simple Minds" pendant qu'ils font l'amour !
Mais voilà qu'au cours d'une attaque nocturne d'un dépôt, un vigile est tué par des hommes de Faremo. Grâce au témoignage d'Élisabeth la bande est disculpée. La relation de Frank avec Élisabeth, une fois connue, crée un scandale auprès des collègues de Frank. Même son fidèle soutien, le commissaire Gunnarstranda, le trouve bien naïf et lui assène : «Réfléchis un peu. Tu es dans la merde jusqu'au cou».
Frank est mis au banc par sa hiérarchie. L'affaire se corse quand Élisabeth disparaît et que la police trouve les cadavres de Faremo et de l'amante d'Élisabeth. Frank, en totale déprime, boit encore plus que de coutume. Pour lutter contre sa déchéance, qu'il sent inévitable, il décide d'enquêter pour traquer la vérité et se blanchir auprès de ses collègues et surtout de Gunnarstranda.
Un roman noir - pas seulement parce que l'essentiel de l'action se passe la nuit... - où une femme manipulatrice entraîne la chute d'un flic dont nous suivons les errances, les beuveries, les insomnies et les efforts pour assembler les pièces d'un puzzle qui le dépasse, avec un intérêt constant et croissant.


Carl avait commencé à partir en vrille à la fin de son adolescence. Adulte c'était allé crescendo. Après deux mariages ratés, il était sur le point de se perdre lui-même, le goût de l'échec aux lèvres, lorsqu'un collègue flic lui propose de l'accompagner à la messe, celle de la Cathédrale du Troisième Millénaire. Sans trop savoir pourquoi Carl accepte, lui qui avait été élevé "méthodiste mou" et qui avait tenté toute sa jeunesse, souvent vainement, de ne pas s'endormir à la messe.
Il rencontre le pasteur Paul Plowright qui passe ses mains sur ses épaules ; il tressaille et se donne à Jésus. Sa vie est transformée : plus d'alcool, ni de prostitués, ni d'excès en tout genre. Il a trouvé son équilibre. À la Cathédrale du Troisième Millénaire il rencontre sa femme actuelle Gwen. Son foyer devient un havre de paix. Sa vie est parfaitement réglée. La congrégation compte plus de six mille âmes réunies le dimanche pour entendre Paul Plowright, excellent prêcheur charismatique dénoncer sans trêve l'ennemi : les djihadistes qui s'infiltrent partout, jouissent de l'hospitalité américaine et en profitent pour venir assassiner les personnes qui ne partagent pas leurs idées démentes sur la religion.
Ce dimanche-là le pasteur Plowright s'en prend à Ahmad Nazami accusé d'avoir assassiné Nathaniel MacLeod, professeur de philosophie à l'université du Sud-Ouest. Or, quelques jours auparavant, Manny Goldfarb, avocat renommé, persuadé de l'innocence d'Ahmad, avait demandé à Carl, devenu détective privé, de l'aider, ce qu'il avait accepté : "mes dimanches sont à Dieu, mes samedis à ma femme et cinq jours par semaine je trime pour le billet vert."
En résumé voici le casting : un professeur d'université athée, un accusé islamiste, un avocat juif, un détective privé chrétien qui doit tout à une communauté religieuse qui est elle-même fortement hostile à l'accusé !
L'affaire prend une tournure tragique avec l'assassinat de Manny, l'avocat. Carl va subir des pressions importantes de sa femme et du pasteur pour abandonner l'affaire ; il est partagé entre son amour pour sa femme, sa foi, sa dette vis-à-vis du pasteur Plowright, qui lui a permis de trouver le bon chemin et la sérénité, et son désir de faire jaillir la vérité.
Après un remarquable "Le Bibliothécaire" où il s'attaquait à la corruption politique, Larry Beinhart dénonce les dérives de certaines communautés religieuses installées aux États-Unis dans ce nouveau polar fort bien construit qui se lit avidement.


  • Le choix des libraires : Long week-end (2 choix) - Joyce Maynard - Philippe Rey, Paris, France - 14/07/2012

Vingt ans après les faits, le narrateur, Henry, âgé alors de treize ans, se souvient et raconte. Il vit seul avec sa mère, Adèle, depuis que son père est parti vivre avec Marjorie avec laquelle il a eu une petite fille Chloé.
Adèle, encore jeune et attirante, a un comportement bizarre. Elle ne sort qu'une fois par mois pour acheter de la nourriture surgelée. Pour Henry qui va dîner le samedi soir chez son père, pas de doute, sa vraie famille c'est Elle. Il voue à sa mère un amour immense et porte sur sa conduite fantasque un regard attendri quoique dubitatif et parfois incrédule.
Ce jour-là Henry avait besoin d'un pantalon pour la rentrée des classes. Arrivé au centre commercial Henry qui voulait savoir tout ce qui concerne les femmes et leur corps, ce que font les gens quand ils sont ensemble tente de feuilleter "Playboy" mais, hélas, le magazine est sous cellophane. Il est plongé dans un numéro de "Cosmopolitan" quand un homme portant la chemise des employés du magasin se penche sur lui. Il saigne. Il demande de l'aide mais ne veut gêner personne "il y a des tas de gens que la vue du sang effraie". Il met la main sur l'épaule d'Henry et lui dit qu'il aimerait aller chez lui. Adèle est imprévisible. Elle accepte de l'emmener chez elle, une maison à l'extrémité d'une rue, sans vis-à-vis, donnant sur un grand champ qui débouche sur une forêt, située dans un bled du New Hampshire où tout le monde sait ce que fait tout le monde.
Très vite l'homme qui s'appelle Frank révèle qu'il est un taulard évadé, condamné pour meurtre. Il s'est blessé en sautant du troisième étage de l'hôpital de la prison où on l'avait opéré de l'appendicite. Sans cette maudite jambe il serait parti beaucoup plus loin. "Je n'exigerais rien de vous. J'essaierais d'être utile. Je n'ai jamais fait de mal volontairement à quelqu'un."
Nous sommes jeudi soir. Il fait très chaud. Le long week-end de Labor day commence tout comme ce surprenant huis clos au cours duquel chacun, au fil du temps, va se dévoiler de plus en plus.
Un livre haletant, très visuel, plein de surprises, qui parle, entre autres, des espoirs déçus, des tourments de l'adolescence, de la fragilité du bonheur.

N.B. Joyce Maynard, surnommée à ses débuts, en 1972, la Sagan américaine, a vécu avec J.D. Salinger en 1973 - elle avait 18 ans, lui 53 ans - une histoire d'amour fulgurante à laquelle il mit fin brutalement ce qui marqua durablement la jeune femme.


  • Le choix des libraires : Seul le silence (1 choix) - R. J. Ellory - Sonatine éditions, Paris, France - 14/07/2012

2005. Coups de feu au deuxième étage d'un hôtel de New York. "Rien ne s'était produit, car c'était New York, et de telles morts solitaires et insoupçonnées étaient légion, presque indigènes, brièvement remémorées, oubliées sans effort (...) C'était juste une vie, après tout ; ni plus, ni moins". Sauf que Joseph Vaughan, le narrateur, écrivain à succès, vient de tuer le tueur en série, dans l'ombre duquel il vit depuis sa petite enfance.
Le père de Joseph meurt en 1939, âge de 38 ans. "Juste toi et moi à partir de maintenant" murmurera sa mère en fermant la porte pour la nuit. Joseph va à l'école d'Augusta Falls, la petite bourgade de Géorgie où il vit. Il a douze ans. Il aime son institutrice Alexandra Webber. "Mon amour était aussi clair et net que les traits de son visage." Parfois il s'ennuie en classe ; il pense à la guerre dont lui parle sa mère. "Toute Américaine vivant en Géorgie qui a entendu parler d'Adolf Hitler et de la guerre en Europe, est une personne cultivée et intelligente", dira mademoiselle Webber de sa mère. Il lui confie qu'il veut devenir écrivain.
Le vendredi 3 novembre 1939 le corps d'une fillette, Alice Van Horne, est découvert, nu dans un champ tout au bout de la grand-route. Elle avait onze ans. Puis, neuf mois après une autre petite fille est assassinée. Elle avait neuf ans. Malgré les recherches et les opérations communes mises en place par les shérifs locaux le meurtrier demeure introuvable. La mère de Joseph tombe malade. Un voisin, Gunther Kruger, lui apporte chaque jour de la soupe et du chou. Joseph reçoit une lettre de félicitations pour une histoire, "Pitreries", qu'il a adressé, via mademoiselle Webber à un concours organisé par le comité d'évaluation des jeunes auteurs d'Atlanta. La troisième fillette est découverte en juin 1941. Tout comme les deux précédentes elle avait été battue et abandonnée nue. Le FBI s'en mêle. Sans succès. Pour Joseph tout changera le jour où rentrant chez lui il découvrira...
Les assassinats de fillettes se poursuivent. Les jeunes du village décident de protéger toutes les petites filles, d'organiser des surveillances, de rester vigilants. Ils s'intitulent «Les Anges gardiens». "Je me rappelle les Anges gardiens. Un souvenir bienvenu, comme un silence rafraîchissant après un bruit infini". Ils n'empêcheront pas d'autres meurtres.
Joseph à dix-huit ans, il connaît son premier grand amour avec Alexandra Webber. Il l'épousera en juin 1947. Un drame surviendra peu après. Les meurtres continuent. Dix fillettes. Joseph quitte Augusta Falls, part à New York. "Je voulais croire que ma fuite à New York était une catharsis de l'âme, alors qu'elle n'était jamais que ça : une fuite". Il va écrire, commencer une autre vie. "Brooklyn était mon nouveau monde". Mais cette fois encore un nouveau drame va bouleverser sa vie. "C'est alors que mon monde s'est écroulé". Il est inculpé du meurtre de sa maîtresse. "À Noël 52 j'avais perdu mon nom. À la fin janvier j'avais renoncé à mon identité. Un mois plus tard j'avais cessé d'être un être humain". Prison à Auburn. "Quatre murs, un sol de pierre, une couchette d'acier, chaque jour immuable se fondant dans un autre à la couleur et au rythme identiques". Il décide sur les conseils d'un ami "d'écrire tout".
Il achève son texte en novembre 63, trois jours après l'assassinat de John F. Kennedy. Son livre "Une douce foi dans les anges" est publié. Il s'arrache. Un nouveau procès a lieu qui l'innocente. Il est libre après avoir passé plus de treize ans en prison pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Il quitte New York pour retourner en Géorgie dix-sept ans après. Pour retrouver l'assassin des petites filles...
Un livre qui se lit d'un trait, passionnant à bien des égards : le suspens constant, les évènements mondiaux en toile de fond d'une histoire d'une éclatante noirceur, une analyse psychologique des personnages très fine, une écriture dense, évocatrice, soucieuse des détails.
Un livre qui enthousiasme les amateurs de thriller mais aussi tous ceux qui aiment des histoires riches, aux rebondissements multiples, et fort bien écrites.
Un livre qui par son intensité, la précision des détails, la volonté d'aller jusqu'au bout, rappelle "De sang froid" de Truman Capote à qui il est dédié.

N.B. : R. J. Ellory est né en 1965. Il a connu l'orphelinat et la prison. Il sera guitariste dans un groupe de rock avant de se tourner vers la photo. "Seul le silence" est son premier roman publié en France.
Bravo à la toute jeune maison d'édition Sonatine de nous proposer un livre d'une telle intensité.


Une savoureuse comédie sociale dans laquelle se rencontrent trois destins : celui d'Alexis, 31 ans, cinéaste talentueux, ambitieux mais arrogant et narcissique, celui de Sammy, malfrat cinéphile et celui de Clara, 28 ans, directrice commerciale d'une agence de publicité.
Clara et Alexis vivent une relation toute en discontinuité où se succèdent passion, crise, rupture, rabibochage. "Un des charmes de leur vie de couple était la certitude paisible qu'elle s'achèverait par des valises qu'on ferait sans un pleur, par des adieux qu'on ne ferait même pas. Un autre charme, plus fascinant encore, était la certitude moins paisible qu'ils finiraient par se retrouver, piteux, pour reprendre la romance da capo".
Lors de la projection de son film au ciné-club d'une prison Alexis rencontre Sammy, un détenu, qui lui demande avec insistance de tourner un film qui raconterait de façon très exacte sa vie de truand. Sammy a "été élevé dans trois religions : ma nounou était musulmane, ma mère juive, mon père corse. - Corse ? mais ce n'est pas une religion, corse ! - On voit que vous ne l'avez jamais pratiquée"... Il harcèle Alexis qui finit par accepter sans savoir que Sammy a l'amitié très envahissante. Ce qui nous vaudra de grands moments ; entre autres, des discussions insolites sur la littérature entre le cinéaste et le malfrat.
Une comédie allègre et féroce, pleine de rebondissements, racontée avec un humour caustique et ravageur, dans laquelle trois mondes s'entremêlent, ceux du cinéma, de la publicité et du crime.

N.B. : Georges Flipo a écrit un autre roman "Le vertige des auteurs" (Castor Astral), deux recueils de nouvelles "La Diablada" (Prix de la Nouvelle du Scribe ? Lauzerte 2007) et "Qui comme Ulysse" publiés tous les deux chez Anne Carrière ainsi qu'un autre recueil de nouvelles "L'étage de Dieu" (Furet du Nord)


  • Le choix des libraires : Noir océan (2 choix) - Stefan Mani - Gallimard, Paris, France - 14/07/2012

Ames sensibles, s'abstenir. Sujet au mal de mer, passez à la chronique suivante.
Amateurs d'histoires de cargos de 4.000 tonnes pris dans de grosses tempêtes où ça sent le mazout, où le fracas des machines recouvre à peine les hurlements du vent, où les hommes se déchirent dans un huis-clos terrifiant, précipitez-vous. Voici un polar islandais à nul autre pareil.
Ils se sont embarqués en Islande sur le "Per se", un vieux cargo, à destination du Surinam où ils vont charger de la bauxite. Ils sont neuf à bord. Chacun avec ses secrets, ses rancoeurs, ses angoisses, son coeur à la dérive.
Présentation rapide des protagonistes, par ordre de montée à bord : Saeli, jeune papa, très malheureux au jeu, doit pour éponger ses dettes rapporter de la drogue de sa future escale au Surinam ; le Démon, violent et brutal ; le Président Jon, alcoolique et raciste ; puis un groupe de trois : Asi, le cuistot, Johan le Géant et Runar le mécano, qui, avec Saeli, se sont laissés convaincre par le Président Jon que c'était la dernière traversée de ce cargo et que la seule façon d'éviter de se faire mettre au chômage par les «youpins» après cette traversée est de se mutiner en pleine mer ; Guðmundur, le commandant, sait que c'est la der des der, que l'équipage va être licencié ; il appréhende la vie avec sa femme plongée dans une vive déprime depuis la mort de leur fille huit ans auparavant ; Jonas, le commandant en second qui a tué et enterré sa femme quelques heures avant d'embarquer et enfin, le soutier, drogué et inquiétant.
Ajoutez qu'un membre de l'équipage - lequel - «coupera, en pleine mer, toutes les communications. Ambiance. Puis la tempête se lève»
Un formidable thriller en haute mer, violent, original, très bien construit avec un suspens qui ne faiblit jamais. Un livre qui vous hantera longtemps.


  • Le choix des libraires : La mort d'Edgar (2 choix) - Franz Bartelt - Gallimard, Paris, France - 14/07/2012

J'ai de bonnes nouvelles pour vous ! Celles de Franz Bartelt. Celles et ceux d'entre-vous qui ont lu "Le Bar des habitudes" vont se précipiter sur ce nouveau recueil ; ils savent, en effet, que Franz Bartelt, auteur prolifique excelle dans le texte court.
Neuf nouvelles pleines de verve. Truculent, sarcastique, Franz Bartelt qui a une imagination exubérante mais toujours contrôlée nous entraîne dans des univers étonnants où l'humour, la fantaisie, l'émotion, l'empathie pour ses personnages, alliés à un style remarquable d'inventivité forment un savoureux cocktail.
- Lors de la messe d'enterrement d'Edgar Boadec on joue la musique que le défunt aimait entendre : «La Samba des otaries» - "un peu gai pour l'occasion, de l'avis général" - puis «Le Quadrille des déménageurs trapus», "un morceau sans mélancolie et qui frappait comme une chute dans les escaliers". Le maire, avec l'aide de sa femme institutrice, a concocté un beau discours où l'éternité est comparée à une morne plaine et où le verbe «gésir», d'un emploi si délicat qu'en cas de malheur il est réservé à l'élite du corps enseignant, est largement mis à contribution.
- "Sylvie Nourdier ressemblait à n'importe quelle jeune fille de son âge, sauf qu'elle avait l'air vicieux. Elle attirait le désir des hommes". Alors qu'elle est parfaitement chaste.
- Vincent Harlot, romancier, ne parle que de ce qu'il connaît. Après avoir écrit sur son enfance, puis sur la ville où ses parents s'installèrent après avoir quitté la campagne, enfin sur son mariage ("trois volumes d'une prose conjugale qui émerveilla les chaumières et les immeubles collectifs") il lui vint l'envie d'écrire "un roman érotique, mais sans vulgarité, quelque chose d'assez poétique, d'un peu Renaissance, avec du style et des idées". Et un soir, au repas, il annonça à sa femme ses intentions claires, fermes. «Alice, pour le bien de mon écriture, il faut que tu prennes un amant» Inutile que je continue. Lisez Franz Bartelt !


  • Le choix des libraires : Faux coupable (1 choix) - John Katzenbach - Presses de la Cité, Paris, France - 14/07/2012

Si vous aimez les «thrillers» psychologiques qui font vraiment peur, jetez-vous sur ce bouquin, vous allez trembler de peur et de rage contenue.
Il est beau garçon : un mètre quatre-vingt-deux, d'épais cheveux noirs bouclés, une façon de lever les sourcils et une certaine nonchalance qui lui confèrent un magnétisme certain. Il regrettait parfois de ne pas s'être engagé dans l'armée ou dans la CIA. Espion ou tueur à gages ça lui aurait plu. Ce qu'il aime c'est le danger. "Cruel comme l'enfer et vraiment charmant en même temps" dira de lui son ex-patron garagiste.
Ashley qui s'apprête à entamer un troisième cycle en histoire de l'art et travaille dans un musée ne résiste pas à son charme l'espace d'une nuit, qui, pour elle, devait être sans lendemains. Mais voilà, lui, ce Michael O ?Connell est un amoureux obsessionnel doublé d'un criminel fou et diabolique et d'un génie informatique. Ashley est la femme de sa vie. Ainsi en a-t-il décidé. "Je te l'ai dit. Je t'aime Ashley. Nous sommes faits l'un pour l'autre. Personne ne peut s'interposer entre nous".
Peu importe qu'Ashley lui dise que leur aventure d'une nuit est terminée, qu'elle veuille qu'il la laisse tranquille, qu'elle sorte avec un autre garçon, peu importe que le père d'Ashley lui donne de l'argent qu'il accepte en ricanant, peu importe, il la veut, il l'aura.
Il harcèle Ashley et sa famille. Son père, la cinquantaine, "universitaire de métier et de nature", est soudain accusé de plagiat. Sa mère, Sally, avocate, est soupçonnée d'avoir détourné des fonds qui lui avaient été confiés. L'amie de sa mère, Hope, entraîneuse de football féminin, est suspectée de pratiquer des attouchements sur les jeunes filles qu'elle entraîne. Leur vie, tout comme celle d'Ashley, qui va perdre son boulot, devient un enfer.
Comment des gens «raisonnables» peuvent-ils se débarrasser d'un être tel que Michael O ?Connell qui pense et agit en dehors de toute «normalité», de manière tout à fait inattendue ? Ils vont devoir tenter de comprendre leur adversaire pour anticiper ses actions néfastes et se montrer plus rusés que lui. Voire plus violents.
Un terrifiant thriller par l'auteur de "L'Analyste" (Grand prix de littérature policière 2004).


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2019 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia