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Les coups de cœur de ses libraires

Dans ce comté de Norfolk, au nord de l'Angleterre, les marais et les oiseaux se répondent. Une femme mûre, veuve depuis peu, vient se réfugier dans une petite ville de la côte, louant un cottage dont la petitesse et l'inconfort la rassurent. Il lui faut se réapproprier sa vie, retrouver un rythme quotidien qui accepte la solitude, dompter les moments d'angoisse, modérer le refuge dans le gin. Elle ne parle à personne vraiment, sans doute reviendra-t-elle plus tard dans cette région de rédemption, mais pour l'heure elle se confie à son journal, seul viatique qu'elle s'accorde. Mick Jackson campe ici un personnage féminin très fouillé, sombre et caustique à la fois, terriblement anglais, tellement moderne aussi dans l'écriture. L'analyse de la relation conjugale est délicieusement désenchantée mais peu à peu la vie reprend ses droits. Un très beau moment de lecture.


  • Hélène Camus : Cartons - Pascal Garnier - Zulma, Honfleur, France - 17/02/2012

C'est le jour du déménagement de Brice, dont la femme est absente et qui doit assumer tout seul ce moment de stress. Pire il part à la campagne dans une maison pour laquelle elle avait eu le coup de foudre, perdant ainsi tous ses repères. Les cartons sont envahissants, au départ comme à l'arrivée, et la solution de les faire déposer dans le garage va peut-être s'éterniser ! Pascal Garnier nous emporte dans un tourbillon fascinant, sorte de maelström infernal où les cartons symbolisent une vie entre deux vies ! L'écriture est implacable, d'un humour qui frôle le cynisme et c'est halluciné que le lecteur se laisse emporté dans cette dégringolade.


  • Hélène Camus : Le caveau de famille - Katarina Mazetti - Gaïa, Monfort-en-Chalosse, France - 04/05/2011

Les nouvelles aventures de Désirée et Benny : l'improbable rencontre de ces deux là se poursuit envers et contre tout. L'alliance de la carpe et du lapin, ou plus poétiquement la lune et le soleil amoureusement réunis. Désirée veut à tout prix un enfant, seul Benny lui apparaît un père possible, et le miracle se produit, et se reproduira d'ailleurs. Désirée doit se décider : après tout avec une bonne voiture elle peut continuer à exercer, et s'installer à la ferme. Et notre bibliothécaire, amateur d'opéra, de bons livres, de grasses matinées douillettes avec thé, musique, revues littéraires, se retrouve dans un monde inconnu, aux us et coutumes codifiés depuis des temps immémoriaux, au temps rythmé par la vie des vaches et les soins constants à leur prodiguer.
Katarina Mazetti choisit d'alterner les points de vue de Désirée et de Benny, son paysan préféré, sous forme de champ - contrechamp dans cette histoire haute en couleur et si proche des ressentis de chacune et chacun. Un beau travail sur les difficultés de communication au sein du couple, les univers féminin et masculin où se bousculent les stéréotypes qui génèrent souvent les incompréhensions, les sentiments aussi qui alternent entre fusion et rejet. Elle nous donne à lire un fabuleux tango de la vie grâce à une écriture alerte, sensible, drôle et furieusement captivante.

Coup de chapeau à la traduction : Léna Grumbach.


  • Hélène Camus : C'est un livre - Lane Smith - Gallimard-Jeunesse, Paris, France - 19/03/2011

Révolutionnaire : Un bijou d'humour et d'actualité à lire absolument, que l'on soit petit ou grand !
Lane Smith nous donne une véritable leçon de relativité : ouvrez-vite, c'est un livre ! C'est un livre, publié chez Gallimard jeunesse, nous rappelle quelques données fondamentales en ces temps de numérisation absolue.

extrait : "Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est un livre. Comment on fait défiler le texte ? On ne peut pas, il faut tourner les pages. C'est un livre."...


  • Hélène Camus : Rosa candida - Audur Ava Olafsdottir - Zulma, Honfleur, France - 01/12/2010

Audur Ava Olafsdottir nous offre un bonheur de lecture : tout en délicatesse, poésie, décalage subtil, le tout jeune héros surnommé par son père "Mon petit Lobbi" pérégrine de son Islande natale jusqu'à une roseraie, sertie dans un monastère du vieux continent. En candide des temps modernes, sa passion des roses l'aidera à vivre d'autres rythmes, d'autres moeurs tout en découvrant au fil de ses rencontres une humanité différente, le questionnant sans répit, l'amenant à grandir en se consacrant à sa passion des roses instillée dès l'enfance par sa mère.


Deux femmes, Emma et Thérèse, une rencontre sur les bancs de l'École Normale, une même passion pour la littérature et la belle langue. L'une est prodigieusement douée pour la vie, l'autre est plus secrète, plus discrète, plus brûlante aussi, plus forte peut-être. En ce temps là, le nazisme s'installe, les juifs sont stigmatisés. Emma et Thérèse vont vivre une liaison d'autant plus forte que l'époque se prête peu aux amours féminines, mais la guerre déchire les vies et elles suivront chacune un chemin exacerbé. Tandis que l'une se mariera, l'autre s'engagera dans une résistance acharnée contre l'occupant. Histoire et Tragédie, mais beauté aussi de l'écriture de Claudie Hunzinger qui dit si bien l'amour, la littérature, la nature et les relations humaines, si déchirantes soient-elles. Nous nous prenons de passion pour ces deux femmes, dont une narratrice sensible et singulière recoupe les moments de vie pour tisser une si belle histoire d'amour et de guerre.


Lenny c'est Junior, et puis il y a Ach, ce sont des Horr ; et puis, il y a tous les autres, ceux du terrain vague, ceux de la jetée tout près de la plage, de la mer : Le Pacha, Pipo, Mama, Négus, Einstein, les frères Zouj, Dib et Bliss aussi. Tous ces laissés pour compte qui zonent dans ce "no man's land", à la périphérie de la ville, celle qui se dresse comme un phare tantôt attirant de lumière, tantôt repoussant d'obscurité. La vie se déroule vaille que vaille, sans que les jours diffèrent vraiment les uns des autres, sans que la peur s'installe non plus puisque tous sont revenus de tout avant d'échouer là, au milieu de la décharge. Leur vie s'est recréée, des habitudes se sont organisées, les caractères aussi sont reconnus par tous. Seulement un jour, une rupture : l'arrivée d'un personnage quasi mythologique, sorte de Juif errant qui bouleverse la vie de Junior, le plus fragile d'eux tous.

Yasmina Khadra nous propose cette fois une fable des temps modernes où le désenchantement le dispute à la violence que distille les hommes contre eux-mêmes, et cette Olympe des Infortunes devient la métaphore d'un refuge tellement improbable que la stupeur gagne le lecteur.


A paraître tout début janvier 2010 ce magnifique roman de Claude Pujade-Renaud. Un diamant vraiment, noir aussi. Les notes se succèdent au fil des pages, les phrases soulignées, reprises, relues, l'immersion est totale dans cette superbe histoire d'une famille éclatée par delà les frontières, les religions, les époques, les langues aussi, mais au sein de laquelle la poésie est le média choisi pour tisser tous ces fils disparates en une longue élégie.

C'est l'histoire de Sylvia et Ted, tous deux poètes, l'une américaine l'autre anglais, leur rencontre à Cambridge, leurs amours fulgurantes et tenaces et terribles, leurs enfants, leurs maisons, leurs amis, la poésie encore et encore pour transposer la vie, la magnifier aussi, l'exorciser toujours.

Sylvia est un oxymore vivant, aux paradoxes alliant onirisme et réalité, faits de vide et de plein, où "l'être cloîtré à l'intérieur de la dépression" qu'elle se devine au fond d'elle-même cherche un ancrage fort dans l'appétit de vivre.

Alors lire ces chapitres rythmés, s'attacher à Sylvia et à tous les personnages, les faire siens, s'immerger dans cette vie riche et belle et terrible aussi.


  • Hélène Camus : Bernard - David Foenkinos - les Ed. du moteur, Paris, France - 15/05/2010

David Foenkinos nous raconte l'histoire de Bernard qui, à cinquante ans et des poussières ("qui se voient sur le visage"), revient vivre chez ses parents. Cette prise de conscience que sa nouvelle position d'adulte redevenu petit garçon lui impose, le conduit à revisiter sa vie, son comportement de père, de mari, de professionnel de la finance qui s'est pris les pieds dans le tapis de la crise.

Voici un texte court d'une cinquantaine de pages qui se lit avec le sourire, le plaisir de se reconnaître aussi chacun dans sa propre vie, l'envie de prendre des décisions comme un premier janvier à tout moment de l'année.


  • Hélène Camus : Nina par hasard - Michèle Lesbre - Sabine Wespieser éditeur, Paris, France - 29/03/2010

Nina, par hasard, car à quoi tient le choix d'un prénom après tout ? Qu'en est-il de l'identité qu'il confère et de celle qu'on vous donne et de celle qu'on se choisit. Nina est une toute jeune fille qui vit seule avec sa mère à Roubaix. Elle travaille depuis peu dans un salon de coiffure et, aujourd'hui est son premier jour de congé "de sa vie d'adulte" ! Elle choisit de le consacrer à l'achat d'un cadeau pour l'anniversaire de sa mère avec laquelle elle vit en symbiose (le père n'est plus là depuis trop longtemps et le dernier ami est parti depuis un an). Elle pérégrine au hasard de la ville Nina, heureuse de baguenauder, décidée à immortaliser ce jour par l'achat d'un cadeau original qui réchauffera la joie de vivre au coeur de sa mère. Elle croise par mauvais hasard un client du salon, le patron de l'entreprise textile menacée dans laquelle sa mère travaille : celui-ci lui propose de passer chez lui - quel moyen d'y surseoir ? Alors chronique de cette visite en filigrane du récit de la vie de Nina sur les trois jours de ce week-end qui suit son jour de congé, plongée dans le passé, les rêves aussi, les combats menés par sa mère à l'usine et l'amitié avec les copines de lutte, rencontre aussi... Tout s'enchaîne, comme par hasard, tranquillement, inexorablement, conduisant Nina vers une prise de conscience adulte.

Michèle Lesbre, dont c'est le premier roman qui n'appartient pas à Babel noir, a trouvé sa musique, douce amère, tellement en prise avec la réalité tout en ménageant au lecteur une part de rêve, de vagabondage poétique qui le conduit tranquillement vers une réflexion qui se poursuit longtemps, une fois le livre lu.


Liza Kerivel nous offre son premier roman et la jeunesse de l'auteur renforce encore la puissance du texte. Quelle leçon d'écriture, quelle maîtrise, quelle profonde connaissance aussi du monde des femmes. Les premières phrases sont coup de poing ; elles claquent comme le linge tant de fois lavé et étendu dans le vent du quotidien ; ce quotidien et ses bruits et ses phrases sèches et dures qui laminent, usent, distillent la peur ; et le silence qui peu à peu devient refuge, celui qu'on créé en ne répondant pas, en anticipant pour éviter remarques et réflexions, celui qui sourd du désamour. Il y a l'homme, le père bien sûr et son ignorance de l'évidence, il y a les enfants aussi, trois, une famille de cinq donc... avec pavillon, lotissement et quotidien parfaitement réglé ; réglé par qui d'ailleurs ? et pour quoi ? Alors leur parler aux enfants, tenter d'expliquer cet instant précis, décisif, bizarrement incompréhensible pour eux, essayer du moins de raviver les souvenirs et dans raviver il y a vie, ce qui n'est pas peu dire !


Le titre anglais est "the hour I first believed" et il faut qu'elle vienne cette heure où pour la première fois Caelum va croire ! En attendant le titre français se révèle un viatique pour ce foisonnant roman, de quelques cinq cents pages, au cours duquel se déroule une vie bouleversante qui raconte autant l'intimité d'un homme que son implication dans la grande Histoire. Caelum devient Orphée dont l'épouse, Maureen, est victime d'une sorte de malédiction des temps modernes. Elle est prise dans la tourmente du massacre de Columbine, ce lycée dans lequel deux élèves ont orchestré une fusillade. Alors tout s'enchaîne, et le couple part se réfugier dans la ferme familiale, située à proximité d'une prison pour femmes avec laquelle la propre famille de Caelum a bien des accointances. Caelum va revisiter par la force des choses le passé de sa famille, et tout en se battant pour émerger d'une fatalité qui semble s'installer, dominer les difficultés qu'imposent le manque de revenus et les problèmes de santé aux U.S.A., il va s'immerger dans un formidable travail sur lui-même, apprendre à combattre une colère sourde qui le hante depuis l'enfance, à se dépasser et devenir autre, en découvrant les autres. Wally Lamb nous livre ici un roman total, à la maîtrise impeccable, où jamais le lecteur ne se perd au fil des époques qui se télescopent, et la famille et ses secrets hantent ces pages qui nous captivent.


  • Hélène Camus : Les déferlantes - Claudie Gallay - Rouergue, Arles, France - 12/09/2009

Cela se passe à La Hague, près de Cherbourg ; cela commence par une tempête, furieuse, inhumaine, immuable dans sa violence comme celle qui trente ans plus tôt avait arraché à la vie une famille de ce village isolé à la proue de la terre. La narratrice s'est réfugiée là, en rupture de banc avec l'enseignement, dans un travail de terrain : ornithologue, elle compte, recompte, observe, dessine les oiseaux protégés de ce bout de littoral. Elle berce surtout son chagrin de la perte amoureuse immense, profonde comme les creux de ces vagues monstrueuses qui assaillent les côtes. Alors la chronique de cette presque île aux habitants taiseux, farouches, repliés sur leurs secrets se déroule au rythme d'une saison où les oiseaux migrateurs se réfugient pour pondre et couver. Lambert, un "étranger", revient sur ces lieux qui furent ceux de son enfance, celle où il perdit lors de cette maudite tempête sa famille justement et les langues peu à peu se délient, lentement, agressivement. Nous ignorons le prénom de cette femme qui s'est greffée là, c'est elle qui raconte, mais nous vivons avec elle dans ce refuge qu'elle a trouvé, en compagnie de ces deux-là, frère et soeur, marginaux, romantiques vrais (si le terme n'avait pas depuis longtemps été si galvaudé), Raphaël et Morgane. Raphaël est sculpteur et nous suivons en parallèle ses moments intenses de création, comme un refrain qui rythmerait le déroulement du récit.

Rien de mièvre dans cette écriture, elle coule, enlace, emporte, heurte parfois et c'est grande joie de retrouver chapitre après chapitre ces personnages qui nous offre un tel moment d'évasion.


  • Hélène Camus : Cher amour - Bernard Giraudeau - Métailié, Paris, France - 02/07/2009

Les voyages sont le théâtre de la vie ; celle de Bernard Giraudeau allie les deux : comédien, marin et voyageur insatiable, toujours à la découverte de contrées authentiques, qui le ramènent à lui autrement, à la manière de la scène où la confrontation avec soi est permanente. Cher amour est un récit magnifique, d'une poésie fascinante et ces longues lettres que l'auteur écrit pour séduire, raconter, partager cette vie multiple sont autant de poèmes au monde, à sa beauté parfois innommable, aux femmes surtout. Cette Madame T. à laquelle sont destinées ces pages offre le visage du rêve, de l'espoir, du partage. Omniprésente mais en filigrane, elle accompagne l'auteur, magnifiant sa perception de l'ailleurs, la transcendant. L'authenticité régit toutes ces expériences qu'elles soient théâtrales ou pérégrines, B. Giraudeau nous les raconte avec une sincérité pudique, la délicatesse de l'écriture le dispute à la tendresse et nous rêvons, rêvons d'avoir vécu une vie aussi humaine.


William Gasper fait le récit de sa dernière marche sur la Lune ; la Lune est une montagne sans aucun intérêt pour la plupart des habitants du Nevada ! Sans doute est-ce pour cela que Gasper s'y complaît. Dans une existence antérieure, il était sniper pour le compte de la "Compagnie". Lui se définit plutôt comme appartenant à la catégorie des "assassins", qu'il différencie de celle des guerriers. Nulle forfanterie dans cet aveu, nulle modestie non plus. C'est un système de vie, un apprentissage de la mort. Depuis cinq ans, Gasper se rend très souvent sur la Lune, pour vivre loin des hommes, en contact intense avec cette nature exigeante qu'est la montagne. Il ressent ainsi profondément ses souvenirs, ses rythmes propres. Nulle idée de rédemption, un état, simplement, où sa vigilance s'exacerbe, ses ressources naturelles trouvent leur plein emploi. Pourtant, les réminiscences, l'inconscient, les rêves le conduisent parfois à retrouver Cerridwen : c'est une sorcière qu'il a connue dès sa jeunesse dans les Marines. Son alter-ego, son juge, sa quête ?


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