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Site Internet : http://www.mollat.com



Les coups de cœur de ses libraires

Eric Chevillard confirme de livre en livre son importance dans le paysage littéraire français. Mais il ne faut pas se contenter de le constater, il faut s'y immerger et découvrir son inventivité et sa drôlerie, son intelligence et sa vision de la littérature.

Nous attendons d'un livre qu'il nous malmène, qu'il nous intrigue, qu'il nous heurte, qu'il nous dérange, qu'il brise le miroir dans lequel nous aimerions nous réfléchir pour mieux nous contempler. Nous attendons d'un livre d'Eric Chevillard qu'il nous parle de hérisson, à la rigueur de kangourou, qu'il aborde sans crainte le sujet de Dieu (et nous prouve son existence ou le contraire, ce n'est plus un enfant de choeur), qu'il croise la route de Beckett et si c'est sur un banc tant mieux (le banc de Bouvard et Pécuchet pourra convenir), qu'il soit plein d'humour car le jour où Eric Chevillard renoncera à son humour c'est qu'il se sera endormi pour toujours sur son banc afin de rejoindre son créateur, qu'il fasse neiger Noël sur Bucarest la nuit car il s'il connaît en matière d'exotisme, l'oreille encore rouge d'un voyage au Mali, qu'il fasse dans le détail, le pointu, l'aigu, le saisissant et s'interdise le gros et le demi-gros qu'il abandonne à ses confrères et consoeurs du romanesque bovin très visible à l'étalage (mais qui se conserve mal, ce qui est étonnant pour du produit stérilisé) : le Chevillard a le couteau affuté et notre écrivain manie les siens avec précision, qu'il nous parle sans arrêt de la grande affaire de sa vie, la littérature, tellement envahissante, prenante, contraignante qu'elle vous encage sans prévenir les écrivains les plus purs ou les plus durs, ou qu'il nous plonge avec délice et effroi dans le récit des aventures de la vie d'écrivain. Nous attendons tout cela d'un livre d'Eric Chevillard et beaucoup plus encore, accrochés que nous sommes parfois à son embarcation qui navigue encore dans la bourrasque. Azerty joue d'un désordre habilement ordonné et parvient à se situer en même temps sur différents registres et tableaux : il raille sans dérailler, il force le trait sans traitrise, il arrache les masques sans laisser de marques, il longe le précipice qui le menace, celui d'en faire trop, de camper l'écrivain ultime car il n'est jamais dupe. Lire Chevillard, c'est courir le risque de souligner sans cesse la phrase assassine, le mouvement de beauté ou ces réflexions sur l'art d'écrire qui font de lui le théoricien sans théorie de la littérature dont chaque oeuvre est une illustration. Quiconque se pose des questions sur l'écriture (et comme on voudrait que des écrivains patentés se les posent...) doit prendre le temps de détailler son entrée à la lettre S car si le style c'est l'homme, prétend-on quand on a mal lu Buffon qui comme Chevillard connaissait parfaitement le monde animal, l'écriture est une (étrange) affaire de style.

Il ne faudrait pas qu'il arrive à cet auteur ce que le sort réserve aux grands écrivains, leur offrant une riche postérité dont ils n'ont que faire, car Eric Chevillard est plus que jamais un écrivain d'aujourd'hui, celui qui met de l'ordre et de la folie dans notre désordre, celui qui dit que la littérature n'est pas étrangère à la vie mais, tout au contraire, en est le coeur. Ne le laissons pas aux mains des universitaires (sauf Pierre Bayard qui transcende tous les classements) qui s'en régalent comme d'un auteur relié cuir.

Mettez de l'ordre dans votre bibliothèque : à la lettre C, placez Le désordre Azerty édité par Minuit.


  • Marilyn Anquetil : Esprit d'hiver - Laura Kasischke - Bourgois, Paris, France - 27/11/2013

Comment fait-elle Laura Kasischke pour, livre après livre, nous tenir avec ses histoires venues du fin fond d'une Amérique qui nous paraît lointaine ? Cette fois-ci, il s'agit d'un drame à deux personnages, avec la règle des trois unités : lieu, temps, action. Une mère se lève un matin de Noël habitée par une phrase qui réveille le poète qu'elle fut, une simple phrase qui la renvoie à l'événement majeur de sa vie : l'adoption d'un bébé russe douze ans plus tôt, Tatiana, devenue le centre vital du foyer et sauvée de l'horreur d'un orphelinat sibérien. On attend les invités, la famille, la fébrilité est palpable car on a cédé au sommeil matinal et qu'il faut se dépêcher, ce qui n'a pas l'air d'inquiéter l'adolescente. Commence un affrontement entre mère et fille, la première ne reconnaissant plus la deuxième qui la pousse dans des retranchements douloureux, l'obligeant à affronter un secret. Tout en tensions et en oscillations, en analyses et en gestes précis, Esprit d'hiver vous tient jusqu'au final, glaçant comme le blizzard qui souffle tout au long de l'histoire.


  • Martine Borderie : Outre-Atlantique - Simon Van Booy - Autrement, Paris, France - 23/11/2013

Martin travaille dans une maison de retraite dans laquelle vient malheureusement à décéder un pensionnaire, Monsieur Hugo. A partir de ce fait pour le moins banal, nous ferons plusieurs allers-retours dans le temps - de la seconde guerre mondiale à nos jours - afin d'expliquer comment ces deux personnages étaient mystérieusement liés. Ce roman, qui pourrait se présenter comme une succession de nouvelles, est un puzzle que le lecteur aura plaisir à assembler afin de dénouer ce gigantesque noeud que la vie forme à travers les diverses relations que nous pouvons créer.


  • Martine Borderie : La vie à côté - Mariapia Veladiano - Stock, Paris, France - 12/11/2013

Qui se souvient de Prue Sarn, la soeur du Gédéon de Mary Webb, douce fille défigurée par un bec-de-lièvre ?

On pense immanquablement à elle en faisant la connaissance de Rebecca, l'héroïne très disgracieuse du premier roman traduit en français de l'Italienne Mariapia Veladiano dans la Cosmopolite de Stock. Car Rebecca est d'une laideur que nul ne fait semblant de contester, une laideur définitive dont l'excès nous épargne toute description. Cela ne l'a pas rendue méchante, ni folle, ni totalement névrosée : comme elle l'avoue elle-même elle «est une insulte à son espèce» mais ne parvient pas à en vouloir au reste de l'humanité qui la méprise, à sa mère qui s'est retranchée depuis sa naissance dans le malheur d'avoir engendré un monstre, à son père qui, quoique médecin prestigieux, manque absolument de courage pour lui apprendre à supporter sa terrible condition, à sa tante qui l'instrumentalise et cultive son don musical avec les desseins les plus troubles, au temps qui n'arrange rien. Stoïque ? Habitée par une force surhumaine qui lui permet de pencher sans jamais rompre ? Intelligente comme le sont souvent ceux que leur différence oblige à une adaptation constante ? Sans doute tout cela à la fois. C'est en tout cas ce qui se diffuse tout au long de cette confession qu'est La vie à côté (traduit par Catherine Pierr-Bon), chemin de croix d'une enfant qui va devenir, sous nos yeux humides d'émotion, une femme. Auto-analyse particulièrement réussie, ce roman joue sur notre voyeurisme, notre goût pour une compassion que déjoue la victime qui bâtit sur la ruine continue qu'est sa vie une identité forte. Sa passion pour la musique n'est pas étrangère à cette survie en milieu hostile au coeur d'une petite ville qui a trouvé à bon compte son démon local sur lequel cristalliser ses angoisses archaïques. Car si Rebecca supporte sa disgrâce en décidant que «c'est la nature» qui est cause de tout, elle doit subir les humiliations de ceux qui devraient l'aimer et la cachent au-delà du raisonnable. Elle nous fait découvrir à quel point l'amour filial peut être l'autre nom de l'horreur et de quelles stratégies sont capables les proches, ceux qui n'ont pas le droit d'avouer l'horreur qu'ils ressentent. On ne s'étonnera guère qu'un secret soit au coeur du récit, un secret qui vient percer le mystère de cette mère qui ne parle jamais à sa fille, ne la croise pas, ne lui dit rien, la vouant à un silence torturant.

C'est un des romans étrangers sur lesquels il faudra compter.


Quel plaisir de s'emparer d'un petit livre et de découvrir dès les premières lignes qu'on tient un objet littéraire original qui nous tirera un moment des griffes de la psychologie narrative en vogue ou des élans cyniques en vagues.

Si le nom de Karin Serres nous évoquait avant tout celui d'un auteur pour le théâtre et la jeunesse avec un détour par la traduction d'auteurs suédois, il nous fallait avouer ne rien connaître à son univers. C'est donc vierge de tout a priori que nous avons débarqué sur les rivages du village qui abrite l'étrange histoire qu'elle nous raconte de façon à la fois douce et entêtante. Nous sommes dans un futur proche dans lequel les oiseaux ne sont plus qu'un souvenir qui s'estompe dans la mémoire des anciens. L'eau monte inexorablement et menace d'engloutir une civilisation dont la violence est à peine esquissée et dont les villageois qu'on regarde en sympathiques arriérés bons pour des études d'anthropologie se tiennent encore éloignés, sans illusion. Ici les maisons peuvent être déplacées afin de tenir un peu plus longtemps ; la nourriture a cessé de surprendre, on élève des cochons génétiquement modifiés et fluorescents qui nagent en attendant qu'on leur débite un jambon qui repoussera, les cercueils sont lestés de poids et envoyés par le fond... Un décor qu'on pourrait dire scandinave. Le futur ressemble ainsi à un passé qu'on aurait lentement retourné, comme une peau, et l'archaïsme des comportements a remplacé cette obsolète idée de progrès. Bienvenue dans un demain terrible et banal. L'héroïne que l'on a surnommée Petite boîte d'os depuis que son père, le pasteur du village, s'abime dans des réflexions infinies sur la fragilité de nos cerveaux abrités par de simples boîtes, dévide son histoire avec une candeur d'autant plus terrible qu'elle ne dissimule rien des tourments des existences qu'elle côtoie : son frère est un rustre qui va mal supporter l'accident qui le prive de ses jambes et retourner à l'état animal ; la mère vit dans une sorte d'ailleurs ; la meilleure amie subit un fatalisme nourri de tragédie. L'amour envahit son existence quand, toute jeune, elle fait la connaissance du vieux Joseph, solitaire qui vit de pêche et de débrouille, et qu'elle accepte de suivre dans sa barque où il l'apprivoise jusqu'au jour de sa déclaration. Ensemble, à la fois loin des autres et tout proches, ils vont mener une existence qui tentera de sauver d'un monde sans légèreté des moments de vérité. Les naissances et les morts se succèdent, les aléas sapent, année après année, ce qui est resté de l'innocence mais petite boîte d'os trace son chemin, infiniment naïve et belle au bord de son rivage sans horizon.

Monde sans oiseaux fait partie de ces livres qu'on est content de trouver inclassables. Les éditions Stock et la collection animée par Brigitte Giraud, «La Forêt», tiennent là un auteur qui a trouvé d'emblée sa voix romanesque, un auteur dont on évoquera le charme (au sens mystérieux) en se reprochant ou se réjouissant, selon les jours, de ne pas vouloir en dire plus que : lisez, un véritable écrivain s'impose en cent pages à peine, cent pages sans oiseaux mais pas sans grâce.


Nao, une lycéenne japonaise de 16 ans perdue dans son propre pays, écrit dans un vieux carnet relié par une ancienne couverture de Proust. Elle raconte son histoire, mais aussi celui de toute sa formidable et parfois extravagante famille, sous forme de roman quasi-autobiographique. Près d'une décennie plus tard, Ruth, une écrivaine vivant sur une île isolée du monde, trouve le journal échoué sur la plage. Elle découvre l'histoire de la jeune fille, et tente de réécrire le destin de Nao. De la tragédie de Fukushima aux heures sombres de la Seconde Guerre Mondiale, laissez-vous entraîner dans les récits enchevêtrés de Nao et de Ruth.


  • Emilie Dontenville : Il Babbo - Ivan Macaux - Stock, Paris, France - 22/10/2013

Premier roman qui témoigne d'un gout prononcé pour les jeux de langue et manifeste une belle originalité dans le maniement de la mémoire familiale, Il Babbo met aux prises, le temps d'un voyage du sud au nord de la France dans une Fiat sans âge, un père et son fils qui ont tant à se dire et y arrivent si mal. Le premier a derrière lui un beau parcours de looser patenté avec ses ruines successives et ses mensonges princiers, le second une belle soif de revanche mais peu d'énergie pour la déployer. Au gré de leur poussive avancée, entre brusques montées de colère et apaisements compréhensifs, ce qui pourrait ressembler à une apparence de vérité va se faire jour chez le jeune homme qui ne ménage ni son passé et ni ses propres mythes personnels tout en se faisant l'historien amusé de sa famille. Du style, un sens de la formule, un joli caractère...


  • Emilie Dontenville : Avoir un corps - Brigitte Giraud - Stock, Paris, France - 22/10/2013

Se raconter par le prisme de son corps et de sa mémoire c'est le beau défi littéraire que s'est lancé Brigitte Giraud dans son nouveau livre, sorte d'autobiographie qui va chercher dans les sensations les plus anciennes pour faire émerger une vision de soi. Parce qu'être c'est avant tout ressentir, souffrir, jouir, sentir, s'écrire soi-même c'est aussi traduire tout ce passé inscrit profondément et pour lequel il faut aller puiser loin, sans le secours de la psychologie. Sans fard et pourtant avec pudeur elle sait ne rien masquer sans céder au vertige de l'autofiction débridée, précise pour raconter un corps qui échappe ou qu'il faut apprivoiser, inquiète de ce temps qui modifie, abime, égare, ébahie par les bonheurs qui passent par la peau et notamment la maternité, atteinte lorsqu'il faut affronter la perte et apprendre à sortir de l'ombre que l'on est devenue, Brigitte Giraud nous raconte aussi les prémices d'une vie d'écrivain, interrompant son projet quand le temps de l'écriture va commencer. L'occasion aussi d'apprendre que l'auteur fut longtemps libraire, et que son corps s'en souvient encore...


  • Marylin Anquetil : Fiançailles - Chloe Hooper - Bourgois, Paris, France - 12/10/2013

Liese passe d'architecte à agente immobilière à... prostituée. Quand on a des dettes et que l'on veut à tout prix repartir de zéro, tous les moyens sont bons, surtout lorsqu'un seul client lui suffit à se sortir de son gouffre financier. Pour le remercier ou tout simplement pour partager un dernier moment en sa compagnie, elle accepte de passer un week-end dans sa grande maison perdue dans le bush australien. Elle s'apercevra bien vite de sa folie lorsque le fantasme de son client sera de l'épouser afin de la sauver d'une vie qu'elle s'est inventée.


  • David Vincent : Le pyromane - Thomas Kryzaniac - l'Age d'homme, Lausanne, Suisse - 11/10/2013

«Tout jeune, je me suis lancé dans la rédaction d'une encyclopédie dédiée aux chats écrasés». Quand on commence un premier roman par une telle phrase, on s'attend à ce que son auteur nous entraîne dans un univers particulier, peut-être drôle, peut-être tragique, certainement atypique. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y parvient à la perfection. Son personnage principal, un homme hanté par des visions de grand incendie, vit cloitré chez lui, dans la peur de provoquer une catastrophe. Va-t-il passer à l'acte ? Et si ses pulsions étaient d'un autre ordre ? Un psychopathe que vous ne serez pas prêt d'oublier !


  • Sylvie Latour : Art nègre - Bruno Tessarech - Buchet Chastel, Paris, France - 25/09/2013

Nègre ou ghostwriter ? Esclave ou fantôme ? Plus de 15 ans après La machine à écrire, Bruno Tessarech revient avec malice sur cet art de «fabriquer des livres au fond des souterrains» qui fait le quotidien de Louis, écrivain prolixe et talentueux qui enchaîne les commandes pour mieux, peut-être, remettre au lendemain le chantier de son futur roman...Sous couvert de scènes drôles et très enlevées, Art nègre propose à son lecteur une réflexion des plus fines sur la création littéraire et les rapports entre réalité et fiction.


  • Emilie Dontenville : Les évaporés - Thomas B. Reverdy - Flammarion, Paris, France - 21/09/2013

«Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé.»

Cette phrase pour la moins énigmatique, on la découvre sur le bandeau de couverture du prochain roman de Thomas B. Reverdy que les éditions Flammarion publient à la fin du mois d'août. Les Évaporés -c'est son titre- raconte l'histoire d'une disparition, mais il nous parle aussi du Japon après Fukushima, et puis d'un chagrin d'amour.

Après s'être fait licencier pour des raisons bien obscures, Kaze a décidé de disparaître. Il part de chez lui, une nuit, emportant simplement quelques cartons pour s'installer dans un tout petit appartement à l'autre bout de la ville. Il quitte sa femme sans lui fournir la moindre explication, et change de nom. Au Japon, la pratique est courante; la police n'ouvre jamais d'enquête car aucun crime n'a été commis. La famille quant à elle ne part pas à la recherche du disparu car elle se sent déshonorée.

C'est sans doute parce qu'elle a passé près de dix ans aux États-Unis, et aussi parce qu'elle se considère un peu comme une «évaporée» que Yukiko part à la recherche de son père. Elle revient au Japon après des années d'absence en compagnie d'un certain Richard B., détective privé, pêcheur de truites à ses heures perdues et aussi ancien petit ami de Yukiko. Ensemble, ils vont mener l'enquête, se frotter au milieu des yakuzas, et s'immerger dans un Japon ravagé par Fukushima.

A l'origine de ce roman, un séjour au Japon dont Reverdy s'est totalement imprégné. Comme son sous-titre l'indique, Les Évaporés est un «Roman japonais». La poésie de ce texte le rapproche en effet des livres de Murakami - la construction même du livre, le croisement des différents personnages et le fait d'avancer «à tâtons» dans l'histoire en sont les preuves. Les Évaporés se lit en fait presque comme un roman étranger. Presque, parce que Reverdy nous fait découvrir le Japon, nous initie aux subtilités des coutumes et à la complexité de la langue avec l'innocence d'un français néophyte. Et s'il fait honneur à la langue japonaise, le roman rend aussi un bel hommage à la littérature -le personnage de Richard B, qu'on assimile assez rapidement à Brautigan, en est l'exemple le plus évident.

Vous l'aurez compris, ce roman de Reverdy nous plonge dans un univers particulièrement riche, et sa lecture tient de l'émerveillement. Les Évaporés est une des plus belles surprises de la rentrée littéraire.


1970, Maria Cristina, une jeune romancière en herbe, a choisi de fuir sa famille dans le grand Nord Canadien, entre une mère autoritaire, un père trop silencieux et une soeur, dont l'accident la culpabilise un peu plus chaque jour... Elle choisit de poser ses valises à Los Angeles, Sa rencontre avec un grand écrivain, dont elle s'éprend, va lui permettre de publier son premier roman avec succès, mais aussi de découvrir un monde où règne l'imposture... C'est alors que sa mère, dont elle n'a plus de nouvelles depuis des mois, lui demande de venir chercher l'enfant que sa soeur, qui n'a plus toutes ses facultés, a eu de manière illégitime. Cet évènement va alors changer le cours de son destin. Les personnages de Véronique Ovaldé, sont toujours hauts en couleur, elle nous raconte avec brio des histoires surprenantes voire abracadabrantes, on en ressort toujours enchanté ! Retrouvez notre interview de l'auteure.


  • David Vincent : Canada - Richard Ford - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 14/09/2013

Épais roman qu'on ne lâche pas, Canada marque un sommet dans la carrière de ce grand écrivain américain couvert de prix. Le narrateur est au terme d'une vie passée en exil dans ce Canada qui l'accueillit lorsqu'il avait seize ans (sa soeur jumelle prenant le parti de disparaître), en fuite pour échapper aux conséquences d'un fait divers lamentable dont ses parents s'étaient rendus coupables : le hold-up foireux de deux amateurs qui imaginaient régler en un tour de main leurs soucis financiers. Il tente, à la lumière d'une vie passée à déjouer les pièges des démons de la mémoire, de comprendre comment une famille sans histoire de la middle class américaine a pu ainsi basculer dans ce néant que la culpabilité ouvre sous vos pieds. Le plus étonnant dans la manière de Ford est cette façon de nous happer dans une histoire dont il dévoile par éclats les faits saillants pour mieux y revenir ensuite, déjouant notre appétit de surprises romanesques en s'approchant au plus près des causes et de leurs effets. C'est aussi un portrait sans fard des mystères et des inquiétudes de l'adolescence. Un des grands livres de cette rentrée.


  • Emilie Dontenville : Intérieur - Thomas Clerc - Gallimard, Paris, France - 11/09/2013

Conçu à l'origine comme un défi à la manière d'un Perec s'essayant à «épuiser» un lieu parisien, Thomas Clerc a entrepris non seulement de voyager autour de sa chambre tel Xavier de Maistre mais tout autour de son appartement qu'il scrute avec minutie, pièce après pièce, sans rien laisser de côté. Tour à tour ironique, surpris, dépassé, il fait de ce périple une aventure qui transcende le banal pour lui donner sens. Thomas Clerc est décidément un auteur à suivre.


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