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00:23 Pont de l’Alma

Auteur : Eoin McNamee

Traducteur : Christophe Mercier

Date de saisie : 04/10/2007

Genre : Policiers

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Serie noire

Prix : 21.50 / 141.03 F

ISBN : 978-2-07-078560-5

GENCOD : 9782070785605

Sorti le : 30/08/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Un roman palpitant, inspire par les mysteres qui entourent la mort de la princesse Diana.
Aout 1997. Le siecle tire a sa fin. Lady Di, accompagnee de son amant egyptien, vient passer quelques jours a Paris. On dit qu’ils seraient fiances. On dit aussi que certains seraient prets a tout pour mettre fin a l’imprevisible parcours de la jeune femme. En coulisses, le monde des services secrets s’agite. Tandis que le jet prive de la famille Al Fayed a bord duquel se trouve le couple s’approche de Paris, les differents elements prennent position.
Un trafiquant international, qui a des interets a proteger, constitue une equipe pour surveiller la princesse. John Harper, ex-membre des Services speciaux, est recrute par Michael Bennett, son ancien employeur. Grace, qui a ete sa maitresse, complete le trio. Leur surveillance a pour cibles Henri Paul, le directeur de la securite du Rift, et James Andanson, le paparazzo supreme. Cette mission classique se complique lorsque Harper pressent qu’un attentat se prepare…
Chronique d’une mort annoncee dans un Paris nocturne frappe par la torpeur aoutienne, scene tragique et crepusculaire aux decors suspendus, rarement le Glamour nous aura paru aussi glace. Mortifere…

Eoin McNamee est ne a Kilkeel, dans le comte de Down (Irlande) en 1961. Apres des etudes de droit au Trinity College de Dublin, il part travailler a New York avant de se fixer de nouveau dans la capitale irlandaise. Dans La Noire, il a deja publie en 1996 Le trepasseur, dont il a ecrit lui-meme l’adaptation cinematographique en 1997, et Le tango bleu en 2003, roman selectionne pour le Booker Prize.

  • La revue de presse Sebastien Lapaque – Le Figaro du 4 octobre 2007

Le troisieme roman noir de l’Irlandais Eoin McNamee est une promenade angoissante dans les coulisses de l’affaire Diana. Le paranoiaque est celui qui connait les faits, assurait William S. Burroughs. Anciens agents des services secrets britanniques transformes en intrigants solitaires charges de traiter des operations de source inconnue, les protagonistes principaux de 00 : 23 Pont de l’Alma vont l’apprendre a leurs depens…
Eoin McNamee joue avec la theorie du complot sans veritablement lui porter credit, ce qui cree une atmosphere fantastique. Rigoureusement transcrite en francais par notre camarade Christophe Mercier, sa langue tranchante enveloppe les personnages de tenebres et de violence.

  • La revue de presse Gerard Meudal – Le Monde du 31 aout 2007

Ici l’hypothese, d’ailleurs deja avancee dans d’autres ouvrages, est qu’il ne s’agit pas d’un accident, mais d’un attentat deguise. Tout l’interet repose des lors sur trois questions. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Sur ce dernier point la reponse apparait techniquement plausible. Quant aux causes, elles ont ete plusieurs fois alleguees “Elle represente une gene pour son ancienne belle-famille. Elle est la mere de l’heritier du trone et elle a l’intention d’epouser un play-boy musulman. Sa campagne contre les mines antipersonnel a suscite pas mal de colere dans certains milieux…
On peut discuter la these reprise par Eoin McNamee, mais sa galerie de portraits de transfuges, d’agents doubles et de “detaches” travaillant parfois pour leur propre compte, parfois pour des commanditaires plus ou moins obscurs, est impressionnante. Elle est d’autant plus credible qu’elle repose bien sur un certain nombre de faits averes.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Aeroport Charles-de-Gaulle
27 aout 1997

Harper aimait les aeroports francais. Il etait sensible a leur architecture, a l’attention portee a la musicalite du vol. Une facon differente d’envisager les choses, la conscience de technologies modernes. Des galeries, des halls, des passerelles en alliages legers paraissant dotes de proprietes metaphysiques. A l’exterieur, des relents d’essence montaient de vastes espaces baignes de soleil.
Il prit un train de banlieue, qui s’arretait dans toutes les gares. Le crepuscule tombait, et la nuit s’etendait sur Paris. Les autres passagers, des hommes vetus de vetements de coton tout simples, semblaient sortis des territoires secrets de la fabrication. La zone de la confection. La zone de la viande. Des Nord-Africains, des Turcs. Des travailleurs immigres. Meme ceux qui ne faisaient que quelques stations donnaient l’impression d’effectuer, stoiquement, de longs voyages.
Bennett lui avait dit de trouver un hotel bon marche. Quelque chose d’anonyme. Une chambre bon marche dans un hotel miteux pres de la gare. Une chambre aux cloisons minces et aux rideaux legers. Facon Hotel de la Gare. Il comprenait les raisons de Bennett. Une atmosphere de mauvais gout. Il fallait qu’il apprenne ce que sont des vies sur le declin. Les heroinomanes. Les putes d’Europe de l’Est. Les flics au regard dur. Des hommes aux visages greles et aux mornes perspectives.
Il avait reserve a l’Hotel de Quimper, a cote de la gare du Nord. La receptionniste lui tendit une enveloppe.
– Elle est arrivee ce matin.
C’etait une brune d’une petite quarantaine, avec un fin duvet noir sur les bras et la levre superieure. Il y avait quelque chose d’impudique dans la facon dont elle pincait ses levres minces, comme si elle s’appretait a raconter une histoire obscene.
– Qui a apporte ca ?
– Un coursier.
Elle triait le courrier legerement penchee en avant, et il put apercevoir le point de rencontre entre ses seins et la saillie de ses cotes, les ombres complexes.
Arrive dans sa chambre, il s’assit sur le lit. Il ouvrit l’enveloppe, et en sortit un dossier en carton epais, le genre de dossier qui donne a son contenu un air de carte de rationnement, l’air d’une lente thesaurisation. Sur le dossier, on lisait UK Eyes Only. Ca aurait pu sortir d’une cave de la Stasi, ca puait la trahison. Il prit les deux photographies, et les posa sur la petite table devant la fenetre. On sentait une legere odeur de liquide de developpement, une odeur de laboratoire, d’emulsions vaguement toxiques. A chaque photo etait attachee une feuille de papier fin, couverte de caracteres de machine a ecrire. Les caracteres etaient defectueux, irreguliers. On aurait dit une ecriture primitive. Des traces noires indiquaient qu’on en avait fait une copie au carbone. Tout ce qui venait de Bennett avait une signification. Ca avait ete tape a la machine pour ne pas laisser de traces dans le systeme. Des le depart, on cherchait a pouvoir se defausser. Mais il y avait plus que ca. On lui indiquait qu’il entrait dans un nouveau domaine d’activites secretes, obeissant a de nouveaux criteres. A cause du carbone, le papier semblait barbouille, cryptique.