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1 bis, rue Abou-Nawas

Couverture du livre 1 bis, rue Abou-Nawas

Auteur : Olympia Alberti

Date de saisie : 11/10/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. Elyzad, Tunis, Tunisie

Collection : Eclats de vie

Prix : 13.90 / 91.18 F

ISBN : 978-9973-58-007-8

GENCOD : 9789973580078

Sorti le : 01/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

1 bis, rue Abou-Nawas

Des nouvelles, des histoires, des chroniques, et l’inepuisable generosite du jasmin dans un espace de douceur, de mer, de blanc et de bleu turquoise, qui embrasse La Marsa, Sidi Bou Said, Carthage, La Goulette, Tunis, les jardins et des soirs de bonheur, des saveurs et des nostalgies… Ce n’est pas que du souvenir mais de la presence, de la vie, de la lumiere, dans une histoire personnelle, ici partagee. Avec gratitude, avec amour. Infiniment.

O.A.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Je me souviens… Je revois la villa Karuna, et je me souviens.
Ce matin bleu de mer, je ressemblais a une statue de meditation, raptee par l’etincelance de la plage d’une beaute si intense qu’elle en devenait saisissante. Comment pouvons-nous passer a cote de tant de perfection sans trembler ? Peut-etre extenuons-nous notre vie a nous proteger de la force de la beaute. A lui resister. A ne pas entendre ce qu’elle veut nous dire – car toute beaute fait signe.
Je me souviens… Tout se melait dans mes heures, la proche tristesse de quitter ce bonheur tunisien et l’excitation d’apprendre a depasser, d’aller vers d’autres visages, une autre demeure, un autre temps ; mais le poids de la nostalgie, ses creux furtifs dans ma voix, dans un arret au detour d’une phrase, que voulaient-ils m’apprendre ? Je savais qu’avec cette residence, il me faudrait un jour faire des choses, disait Rodin, faire ma part de lumiere et d’offrande.
J’ai une dette de coeur envers ce pays, une dette qui m’habite depuis ce jour de juin 1981 ou je suis allee chercher mes parents a l’aeroport de Carthage. J’ai vu la une scene que je ne peux pas oublier, que j’ai gardee en moi, talisman de presence, secret de splendeur.
Rien du tout : d’en ecrire deja, on dirait que l’essence subtile pourrait s’en evaporer comme d’un flacon, le tressaillement inapercu des paupieres, quand une douceur poignante vous etreint. Personne n’a vu, et pourtant, cela a ete.
Lors d’un automne a Paris, durant un diner, j’avais dit que j’avais vu une chose, furtive, mais bouleversante, que je la tenais au fond de mes heures comme un etat de conscience, que je l’aimais d’etre la, que je la laissais grandir et prendre de la vie a ma vie, jusqu’au jour ou je me sentirais prete a l’ecrire ; et je m’etais tue.