Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

1789-1815, aux larmes citoyens !

Couverture du livre 1789-1815, aux larmes citoyens !

Auteur : Claude Mosse

Date de saisie : 13/10/2007

Genre : Histoire

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-268-06314-0

GENCOD : 9782268063140

Sorti le : 11/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

N’etant ni philosophe, ni poete, ni theologien, je n’ai pas la pretention de demontrer quoi que ce soit. De mes etudes d’histoire, j’ai conserve un gout spontane pour observer, sans condamner. Quelles lecons peut tirer du passe le citoyen d’une democratie moderne ? Je ne souhaite rien d’autre que la possibilite de m’exprimer en toute independance. Le discours dogmatique m’est etranger, j’en connais les limites et les egarements.
Lorsqu’il s’agit de regarder l’histoire de notre pays, je veux librement, mais sans malveillance, combattre les impostures que nous avons acceptees comme histoire legitime. Sans exclusion, je crains que dans l’avenir nos societes ne soient pas meilleures que celles d’hier et d’aujourd’hui. Ce n’est pas etre pessimiste que de se vouloir lucide et inquiet.
Ainsi, pourquoi nos contemporains se reclament-ils sans cesse de la Revolution qui aurait depuis plus de deux siecles illumine notre societe ? Les faits, rien que les faits demontrent qu’il n’en est rien. Cet essai en apporte des preuves indiscutables. Les annees 1789-1815 sont a inscrire parmi les plus douloureuses du passe de la nation francaise. La tyrannie n’est pas tombee le 14 juillet 1789, les intellectuels des Lumieres ont plus fait pour definir les attributs d’une democratie, ils ont davantage decline les droits du peuple souverain que les prophetes revolutionnaires. Ceux-ci ne pouvaient qu’enfanter la dictature imperiale.
C’est en hommage aux Encyclopedistes et a ceux qui, au XVIIIe siecle, ont denonce les exces de l’absolutisme, qui pouvaient mener des innocents au gibet, que je m’autorise a pousser ce “coup de gueule”. Les textes authentiques sont mes meilleurs temoins.

C.M.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Liberte, Egalite, Fraternite… Inclinez-vous, citoyens ! Vertueuse devise gravee au fronton de tous nos batiments publics : mairies, colleges et mornes monuments a des morts qui n’avaient pas l’intention de mourir. Qu’importe la separation des pouvoirs ! Que signifie le terme de Republique quand le Parlement, confortablement installe dans la majorite presidentielle, n’est plus qu’une chambre d’enregistrement des volontes de l’executif ? Notre belle triade n’a pas plus de passe que d’avenir. Qu’en reste-t-il en Comtat Venaissin, a Carpentras et alentour, ou le Front national, malgre son revers du 6 mai 2007, garde encore bon pied, bon oeil ? En 1780, le Vatican etait proprietaire de ce fief proche d’Avignon, acquis en 1274 aux comtes de Toulouse qui n’avaient que faire de cette terre provencale. Sur ordre de Robespierre, les patriotes de la Grande Revolution y massacrerent, pendirent, egorgerent, violerent celles et ceux que l’hypothese d’etre devores par les desequilibres de la cocarde tricolore n’enthousiasmaient pas.
Liberte, Egalite, Fraternite ! Lors des elections, les candidats de tous bords ne manquent pas d’energie pour eructer en de publiques devotions une devise quasiment mystique a laquelle la Revolution n’avait pas accorde une place eminente. On le sait, elle n’a pas de sens. Une utopie devenue slogan electoraliste.
Liberte, Egalite, Fraternite ! Epris de verite historique, ceux qui perorent sur la Revolution ignorent-ils qu’elle fut l’un des plus brutaux et sanglants episodes de notre histoire ? On y pleura plus souvent qu’on y fit la fete. L’ideal patriotique de 1789 a rapidement tourne au despotisme. Devise officielle de la Republique en 1848 seulement, la triade fut abolie sitot reussi le coup d’Etat du prince president Louis-Napoleon Bonaparte. Quel citoyen se reclamant de la Declaration de 1789 peut-il aujourd’hui se pretendre libre ? Que reste-t-il dans notre democratie de cette illusion de plus en plus etouffee par l’accumulation d’interdits qui font du peuple souverain une tribu d’assistes ?
Et l’egalite ? Comment oser la revendiquer dans une nation ou pres de huit millions de sous-citoyens vivent dans la precarite, en quete d’un logement qui ne vient jamais, avec la faim au ventre, et pour unique horizon la peur du lendemain ? Ont-ils le sentiment que tous les hommes sont egaux en droits, les chefs d’entreprise qui, sans la moindre delicatesse, affichent des benefices record, flattent leurs actionnaires avec les yeux de Chimene et meprisent leurs salaries, comme dans l’Ancien Regime les seigneurs etalaient leur richesse devant leurs serfs ? Ose-t-on parler d’egalite quand un patron peu performant est congedie avec en poche un cheque de huit millions d’euros, alors que le conseil d’administration accorde aux salaries une prime humiliante de deux euros trente ? On nous promet de mettre de l’ordre dans ces abus… Qui aura le pouvoir de juger la performance d’un chef d’entreprise ? Poudre aux yeux ! La loi des marches financiers, qui domine le monde, exclut tout espoir d’egalite entre les individus, entre les peuples. La fracture ne cessera pas de s’aggraver. Comment ne pas partager la legitime impatience de ceux qui souffrent dans l’anxiete de chaque fin de mois ? Eux n’ont qu’episodiquement et seulement par les urnes la possibilite d’exprimer leurs espoirs.