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1940-1945 : annees erotiques. Volume 1, Vichy ou les infortunes de la vertu

Auteur : Patrick Buisson

Date de saisie : 04/06/2008

Genre : Histoire

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 24.00 / 157.43 F

ISBN : 978-2-226-18394-1

GENCOD : 9782226183941

Sorti le : 16/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/05/2008

” Travail, Famille, Patrie.
” Lorsqu’on regarde la vie de la France occupee sous le prisme de la sexualite, que reste-t-il de ce triptyque qui devait symboliser la ” Revolution nationale ” ? Rien, en verite. Ou plutot une incroyable somme de contradictions. La premiere divise les equipes dirigeantes de Vichy. Deux courants ne cessent de s’y affronter : d’un cote, la droite conservatrice et clericale desireuse d’en finir avec la democratie republicaine ; de l’autre, un courant fasciste fascine par le modele allemand, souvent encadre par des personnalites venues de la gauche socialiste et communiste.
L’ordre moral des premiers ne parvient pas a cohabiter avec l’ordre viril des seconds. Contradiction aussi entre une France vaincue et humiliee, que les discours officiels invitent a la penitence, et le developpement d’une sexualite de guerre marquee par des debordements en tous genres et le gout pour la fete, en particulier a Paris et a Vichy. Dressant une fresque magistrale, qui couvre aussi bien l’histoire politique, litteraire, cinematographique que la chanson, la mode ou les faits divers, le journaliste et politologue Patrick Buisson, directeur de la chaine Histoire, revele la face cachee de l’Occupation dans une enquete sans precedent, ou l’anecdote le dispute a la revelation, et qui justifie une relecture vertigineuse de cette periode.

  • La revue de presse Marc Riglet – Lire, juin 2008

Mais ce qui fait tout l’interet du travail de Patrick Buisson, plus connu pour ses talents de politologue, c’est d’aller bien au-dela des anecdotes rabachees et de proposer une histoire totale de la periode sous un prisme dont on ne soupconnait pas la richesse explicative, celui de la sexualite…
Pour notre edification et notre plaisir – car il est assez drole – Patrick Buisson laboure la vie quotidienne des Francais sous l’Occupation et montre a travers la mode, le cinema, la chanson, la litterature, les faits divers, combien cet empire de l’obsession sexuelle fut le fruit, le plus souvent navrant, de la pruderie et de la licence. Il montre aussi combien toutes les cagoteries de Vichy ne pouvaient rien contre cette donnee essentielle, sans laquelle on ne saurait comprendre ces annees erotiques : la France, en ce temps-la, comptait un million cinq cent mille prisonniers et autant d’epouses et de fiancees, d’abord eplorees puis, tres vite, esseulees !

  • La revue de presse Michel Schneider – Le Point du 15 mai 2008

Decrivant ces annees erotiques avec le scalpel du clinicien des passions politiques et l’erudition de l’historien, Buisson ne nie pas qu’elles furent tragiques et douloureuses. Il ne rehabilite pas la Collaboration, mais montre combien et comment les Francais s’en sont finalement accommodes. Pour la majorite, le probleme etait plus le marche noir et les tickets de rationnement que les arrestations, tortures et deportations. Pour une minorite, ces annees furent meme des annees de jouissance sans frein comme avant le deluge. On comprend qu’ait ete choisi le terme d’epuration pour eliminer les restes politiques de la Collaboration : ses connotations sexuelles promettaient un retour a la purete des moeurs.

  • La revue de presse Thomas Wieder – Le Monde du 16 mai 2008

Car a quoi ressemble l’Occupation que nous depeint Buisson ? Ni plus ni moins qu’a une gigantesque orgie. Petain ? Un vieillard libidineux. Ses ministres ? Des libertins deguises en peres la morale. L’Hotel du Parc ? Un lupanar. Les auberges de jeunesse, les Compagnons de France et les Chantiers de jeunesse ? Des “repaires de debauche”. Pas autant toutefois que les cinemas : a suivre l’auteur, pour qui la sulfureuse correspondance entre Montherlant et Roger Peyrefitte n’a pas de secret, on en vient a se demander comment les spectateurs ont pu sortir sains et saufs de ces hauts lieux de la “chasse pederastique”…
On pourra toujours dire que la n’etait pas le sujet. Il n’empeche : avec le regard rive au-dessous de la ceinture – comme lorsque l’objectif reste fixe sur les terrasses des cafes et les rues ensoleillees -, la guerre n’en est que plus douce. Quand il s’agit d’histoire, a l’ecrit comme en photographie, l’enjeu est toujours le meme : parvenir a resserrer la focale sans evacuer le contexte. On se dit parfois que l’essentiel se joue hors champ.