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52 ou La seconde vie

Couverture du livre 52 ou La seconde vie

Auteur : Genevieve Brisac

Date de saisie : 21/06/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Prix : 20.00 / 131.19 F

GENCOD : 9782879293783

Sorti le : 01/02/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Emma Barcaroli – 13/03/2007

Telecharger le MP3

Emma Barcaroli – 13/03/2007

  • Les presentations des editeurs : 23/02/2007

52 semaines.
52 histoires, comme les morceaux d’une mosaique, les fragments d’une fresque. Ou les chapitres d’un roman.
Ce roman, c’est d’abord ce que disent les femmes – Akka, Melissa, Nouk, Carlotta et les autres – quand elles se retrouvent au cafe ou qu’elles se telephonent.
De quoi parlent-elles ?
De tout : un general tortionnaire, un bebe qui pleure, les cheveux frises, Rosa Luxemburg, un terrible 15 aout, a las cinco de la tarde.
De rien : une fille muette, Bruce Chatwin, l’amour en fuite, les tombes a deux places, un homme, le gout a jamais perdu de l’enfance.
Car nous sommes des etres amphibies. Nous sommes d’ici et d’ailleurs, les pieds sur terre et la tete dans nos reves, comme des arbres deracines, immerges dans le flot incessant de nos fantasmes, de nos utopies. C’est cela, la seconde vie : cet espace ou nous passons la majeure partie de notre existence, ou le dedans et le dehors, l’intime et le politique ne cessent de se meler.

Inepuisable champ d’exploration que Genevieve Brisac propose a notre regard, dans ce livre d’une extraordinaire virtuosite, empruntant a chaque genre litteraire tout ce qui peut servir son propos : devoiler ce qui nous meut et nous emeut, a notre insu.

Genevieve Brisac a publie a l’Olivier un recueil de nouvelles et six romans dont Week-end de chasse a la mere (prix Femina 1996) et, plus recemment, Les Soeurs Delicata
(2004). Elle a egalement consacre trois essais a la litterature anglo-saxonne.

  • Les courts extraits de livres : 15/02/2007

Pendant ces trois jours d’aout, nous allons marcher dans la neige, escalader des pitons, rester encordes les uns aux autres, notre pere mene la danse, un guide nous escorte, et pendant autant de nuits nous dormirons dans des refuges a l’odeur de foin moisi.
C’est un rachat, une punition, une purification.
Je les refuse de toutes mes forces.
Je traine les pieds, la corde se tend un peu trop, un visage furieux se tourne vers moi.
Qu’est-ce que tu fabriques ? articule Rosa, ma soeur adoree.
Je me meurs, je n’y arriverai jamais.
Tout le monde y arrive.
Sauf moi, dis-je.
Deux syllabes, ma devise. Et nous marchons, suivant le fil sinueux du petit chemin enneige qui mene au glacier.
Quand le jour se leve, je fais semblant de ne pas m’en apercevoir.
Notre pere, loin devant, s’extasie en silence, je le vois dans ses omoplates, son dos s’est elargi, je sens qu’il se rengorge. Nous montrer tant de beaute. Nous la faire connaitre, nous la faire comprendre. Je le desole, cela me desole. Il dit je veux vous faire ce cadeau. Je ne veux d’aucun cadeau, juste dormir dans un lit et lire un poeme qui parle du monde, d’un nuage et d’un pantalon. L’humanite me degoute et m’effraie comme elle degoute et effraie tous les poetes et les savants. Je veux plonger mon long nez dans les livres, courber mes epaules, me donner a la science, replier mes ailes. Je me fous des sommets de la nature, je me fous des paysages, je n’ai jamais aime les promenades, du temps perdu, comme les repas trop longs et les soirees de bavardage. Se promener agrandit les pieds, ai-je calligraphie sur mes murs. Et j’ai dessine deux grands pieds palmes, bien plats, bien ridicules. Deux spatules arriere. L’expression meme de la betise.