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A bonne ecole

Auteur : Muriel Spark

Preface : Laurent Lafforgue

Traducteur : Claude Demanuelli

Date de saisie : 17/09/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Du monde entier

Prix : 13.00 / 85.27 F

ISBN : 978-2-07-073763-5

GENCOD : 9782070737635

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

L’action se deroule dans un college tres chic, en Suisse, pres de Lausanne. Nes de parents fortunes, les eleves passent agreablement le temps en apprenant les arts de la mondanite et de l’ecriture. Parmi eux, Chris, un rouquin de 17 ans, ecrit un roman a l’inspiration libre sur le trio constitue par Mary, reine d’Ecosse, Darnley, son mari assassine, et son secretaire David Rizzio qui recut 56 coups de poignard. Son assurance et son brio rendent fou de jalousie Rowland Mahler, directeur de l’ecole, lui-meme un romancier en herbe. Ce dernier palit, ne mange plus, sombre dans l’obsession et medite un meurtre : l’histoire passee de haine et de rivalite va-t-elle se repeter ? Et Chris va-t-il lui aussi finir trucide ?

Muriel Spark enchaine les morceaux de bravoure, manie la satire sans s’appesantir, touche aux sentiments les plus bas sans trop insister, bref s’amuse franchement des ecrivains et de leur calvaire. Sous la surface brillante des choses (comme dans Les Belles annees de Mademoiselle Brodie auquel ce roman fait penser), on devine des profondeurs plus sombres que le lac du Loch Ness.

Finesse, humour, compassion : Muriel Spark est ici a son meilleur.

Nina etait grande, ses cheveux noirs lui tombaient sur les epaules. Ses yeux etaient gris fonce et les traits de son visage harmonieux. Son cote studieux lui donnait un air un peu trop intelligent pour qu’on pense a la qualifier de belle.

Elle avait eu sa licence avec mention, et sa vie imaginative etait centree sur ce seul et unique fait. C’etait surtout son respect pour la recherche et l’erudition qui l’avait amenee a epouser Rowland. Sa these sur le poete allemand Rilke avait definitivement fait pencher la balance. Elle trouvait stimulant, sexuellement parlant, les titres universitaires de son mari. De son cote, lui l’aimait, essentiellement, pour son pragmatisme et ses talents d’organisatrice. C’etait elle qui avait eu l’idee de cette ecole. Elle aurait voulu qu’il se fasse appeler “Professeur” Malher, mais il s’etait dit qu’un tel titre ne ferait qu’interferer avec son ambition premiere : ecrire un grand roman.

Poetesse, nouvelliste, romanciere, Muriel Spark, nee en Ecosse, a vecu en Afrique Noire et a Londres avant de s’installer en Italie ou elle reside actuellement. Son oeuvre a ete couronnee de multiples distinctions. En 1996, Dame Muriel a recu les insignes de commandeur des Arts et des Lettres.

  • La revue de presse Elizabeth Gouslan – Le Figaro du 9 juin 2005

… La femme de plume a beaucoup bourlingue. Aux enfants qu’elle affectionne, elle consacre quelques recits enchantes, puis offre a leurs parents Les Consolateurs, Les Belles Annees de Mlle Brodie, La Place du conducteur, recits aux titres suffisamment excentriques pour attirer l’attention. Heureusement, le contenu vaut le contenant. En contant ce que Miss Spark n’est pas, on decouvrira aisement ce qu’elle est : une couturiere hors pair, achevant son ouvrage sans ourlet apparent. Trois mots la resument : la coupe, le tombe, le fini. En consequence, elle abhorre la litterature de laboratoire, celle qui sent la sueur et l’effort, le style qui joue de lui-meme, au service d’intrigues improbables. Elle, elle fabrique a l’ancienne, en evaluant les volumes, et en placant tres haut l’art de l’equilibre, vertu narrative desormais negligee. C’est dire si le titre de son dernier livre, A bonne ecole, sied a son genre de beaute. La dame, souvent pedagogue, a toujours l’air d’enseigner tout en divertissant… Muriel Spark brode avec calme et soin son petit napperon et met subtilement en abyme la tragedie de Marie, souveraine feconde, victime de la jalousie morbide d’Elisabeth, reine sterile. Faut-il maudire pour ecrire, jalouser pour exister, detester pour creer ? A bonne ecole, qui n’ignore pas le venin, mais qui excite, distille savamment quelques reponses.