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A la cadence de l’herbe

Auteur : Thomas McGuane

Traducteur : Marc Amfreville

Date de saisie : 17/09/2006

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Titres, n 8

Prix : 8.00 / 52.48 F

ISBN : 978-2-267-01831-8

GENCOD : 9782267018318

  • Les presentations des editeurs : 06/06/2006

Plus de dix ans se seront ecoules entre la parution de Rien que du ciel bleu et A la Cadence de l’herbe, un livre fort et genereux. Allusion voilee a son processus de maturation, le titre renvoie surtout au lent passage de l’hiver au printemps, a ce Montana prisonnier de la glace et de la neige qui se reveille au rythme de la nature… et des desirs enfouis venant crever la surface des consciences endormies. Ce roman est avant tout l’histoire d’une famille : Sunny Jim, le patriarche qui a tenu les siens d’une main de fer et qui, par dela sa mort, trouve le moyen de les contraindre encore a lui obeir ; Alice, sa femme, moins soumise et fade qu’il n’y parait et qui cache, meme a ses enfants, de lourds secrets ; leurs deux filles, Evelyn et Natalie, farouches et exaltees chacune a sa maniere, marquees par les non-dits de l’enfance et l’echec de leurs mariages ; les deux beaux-fils enfin, Paul, un sulfureux malfrat bourre de charme et Stuart, un petit homme ordinaire n’aspirant qu’a la paix.

A la Cadence de l’herbe est aussi l’histoire de diverses successions : materielles, bien sur, mais aussi affectives. Paul reussira-t-il a reprendre et a tenir les renes de l’entreprise familiale ? Quels couples se deferont ou se reformeront au cours de l’intrigue ? Qui est donc ce mysterieux Bengali, executeur testamentaire de Sunny Jim, aux activites louches et sans doute illegales ?

Enfin, ce roman est l’histoire de Bill Champion : caracolant dans un ranch digne de la conquete de l’Ouest, tout proche geographiquement mais si eloigne de la ville, de ses valeurs factices et de ses embrouilles financieres, le cow-boy d’un autre age observe en silence les dechirements d’une famille qu’il a toutes les raisons d’aimer clandestinement. C’est lui sans doute le veritable heros de ce roman ou le comique de farce le dispute au macabre et a l’elegie d’un monde qui disparait et qui pourtant renait… a la cadence de l’herbe.

Ne en 1939, McGuane, doit, sans doute, a son ascendance irlandaise ses galeries de forts en gueule, a sa succession de sejours en Floride, dans les Keys, et au Montana, des espaces toujours reexplores et ses personnages hauts en couleur. Son monde est un monde viril de l’energie et de la depense ; au-dela des avatars geographiques c’est l’Ouest mythique que ses heros poursuivent. Ses romans prolongent nombre de traditions americaines : nature tragique a la Hemingway, humour et dyspepsie a la Mark Twain. Ses heros violents sont des bavards et des hableurs. Ils sont souvent cruels, un peu perdus, attachants, le langage de McGuane tente de faire saisir le contraste qui est au centre de son oeuvre : la barbarie d’une civilisation materialiste face aux beautes tragiques et passionnees d’une nature toute-puissante. (Marc Chenetier)