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A la recherche de Sunsiare

Auteur : Lucien d’ Azay

Date de saisie : 27/06/2005

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Gallimard, Paris, France

Collection : Blanche

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-07-077494-4

GENCOD : 9782070774944

  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

Sunsiare de Larcone etait une jeune femme spirituelle, extravagante et tres belle. Elle avait vingt-sept ans et venait de publier son premier roman, La Messagere, quand elle se tua avec Roger Nimier a bord d’une Aston-Martin. C’etait le 28 septembre 1962. La France etait encore sous le choc de la guerre d’Algerie, ce qui n’empechait pas la jeunesse de danser le twist et de rouler a tombeau ouvert. Le charme de cette epoque romantique et dechiree ne cesse de nous fasciner. J’ai mene cette enquete sur la vie de Sunsiare de Larcone comme si toutes les facettes de sa generation se refletaient en elle. Une vie que menacaient le silence et l’oubli, malgre la trace fulgurante qu’elle a laissee dans le monde de la mode, des lettres et du cinema. Car elle est passee aussi vite qu’une etoile filante. Une passagere a Paris. Lucien d’Azay

Lucien d’Azay est ne en 1966. Romancier et essayiste, il est notamment l’auteur de Sonia Stock et de Tibulle a Corfou. Il vit a Venise ou il enseigne le francais au lycee Marco-Polo.

  • La revue de presse Jerome Garcin – Le Nouvel Observateur du 16 juin 2005

Elle etait, longs cheveux au vent, la passagere de la mort. Sunsiare de Larcone avait 27 ans. Elle portait le nom imprononcable d’un de ces vieux parfums francais qui, anoblis par le temps, font toujours chavirer les hommes. Victime, dans la nuit du 28 septembre 1962, d’un accident de voiture aux portes de Paris, sur l’autoroute de l’Ouest, elle ne doit qu’a l’insolente legende du conducteur presse, dont tout porte a croire qu’elle etait follement eprise, de n’avoir pas disparu, et de flotter encore dans l’air trouble des lettres parisiennes. Car le premier roman qu’elle venait de publier a la NRF, la Messagere, a laisse moins de traces dans la litterature que son enigmatique presence aux cotes de Roger Nimier, dans l’Aston Martin fracassee dont ni l’un ni l’autre ne rechapperent. Au reste, qui tenait vraiment le volant, le hussard bleu ou sa princesse blonde ? Depuis la disparition jamesdeanienne de l’auteur des Epees, Sunsiare de Larcone est en effet un mystere qui se prolonge. Jusqu’a aujourd’hui, personne ne cherchait vraiment a l’elucider….A la recherche de Sunsiare est donc le livre qu’on attendait, ou plutot qu’on esperait. On n’est pas decu. C’est une belle histoire, c’est un beau roman. C’est aussi un recit inclassable, compose a la fois dans la ferveur et la hate. L’ecrivain qui a entrepris d’enqueter sur la belle inconnue s’appelle Lucien d’Azay. Latiniste de 38 ans, il enseigne le francais au lycee Marco-Polo de Venise. Il explore l’enigme de la jeune morte comme il traduit Ovide ou Tibulle : avec, ajoute au souci de l’exactitude, le desir musical de restituer la langue originelle. Et puis il y a autre chose qui donne au livre son allant, sa vigueur, son emotion : d’Azay a commence a l’ecrire le jour ou il est tombe amoureux d’Esther, une etudiante allemande d’origine ashkenaze… Lucien d’Azay a tout epluche. Les rapports de gendarmerie sur l’accident de l’Aston Martin DB 4 GT qui accreditent l’hypothese selon laquelle Nimier aurait laisse cette nuit-la le volant a Sunsiare, le vieux numero de Paris Match ou les deux amants a la morgue ressemblent, selon le mot de Gracq, aux gisants des anciens tombeaux, les lettres, les livrets de famille, les adresses, les telephones, le permis de conduire categorie B… On apprend qu’elle etait Cancer ascendant Scorpion et mesurait 1,68 metre. On se croirait dans un roman de Modiano ou la profusion policiere des details transforme la moindre enquete en bal des fantomes…

  • La revue de presse Jean-Paul Enthoven – Le Point du 23 juin 2005

Le nom de Sunsiare de Larcone ne circule, pour l’essentiel, que dans le cercle tres select des amateurs de legendes hussardes. C’est une sorte de mot de passe pour inities. Un patronyme vaporeux et prometteur. Un talisman noir attache a une creature qui ne devint celebre qu’un soir de septembre 1962, a l’instant precis de sa mort. Ce soir-la, en effet, la femme qui se drapait dans ces sonorites merovingiennes – en verite, elle s’appelait plus prosaiquement Suzy Durupt – s’ecrasait en Aston Martin, vers minuit, sous la pile d’un pont de Garches. Dans le tas de ferraille, un autre corps, celui de Roger Nimier, agonisait a ses cotes. La jeune Sunsiare-Suzy avait 27 ans et etait, d’apres ses photographies, d’une beaute peu commune. Elle venait de publier son premier roman (La messagere) chez Gallimard. Elle avait sans doute enflamme l’esprit ou les sens de l’auteur d’Amour et neant, qui n’avait pas son pareil pour proposer un tour en decapotable aux filles qui lui plaisaient. Sunsiare conduisait-elle elle-meme le bolide ? Le destin s’etait-il servi d’elle pour parfaire la mythologie du James Dean de la NRF ? Toujours est-il qu’on peut batir un roman sur cette tete d’epingle – et M. d’Azay ne s’en prive pas, qui se lance A la recherche de Sunsiare avec la meticulosite douloureuse d’un Modiano sur les traces de sa Dora Bruder… On ne fera pas grief a M. d’Azay d’avoir melange son roman personnel a cette biographie – meme si cela embrouille une histoire deja confuse. Le resultat est interessant…