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A l’assaut du ciel : la legende de l’Aeropostale

Auteur : Philippe Nessmann

Illustrateur : Thomas Ehretsmann

Date de saisie : 17/04/2008

Genre : Jeunesse a partir de 9 ans

Editeur : Flammarion, Paris, France

Collection : Decouvreurs du monde, n 5

Prix : 10.00 / 65.60 F

ISBN : 978-2-08-121087-5

GENCOD : 9782081210875

Sorti le : 04/04/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

De Mendoza a Santiago. Vendredi 13 juin 1930,11 h 15.
Urgent. Guillaumet pas arrive. Stop.
Merci confirmer heure de depart. Stop.

L’aviateur Henri Guillaumet, charge du transport du courrier entre le Chili et l’Argentine a disparu dans la Cordillere des Andes. Ses amis partent a sa recherche sans grand espoir, car personne ne peut survivre plusieurs nuits d’hiver dans ces montagnes. A moins que…

L’AUTEUR

Philippe Nessmann est ne en 1967 et a toujours eu trois passions : les sciences, l’histoire et l’ecriture. Il a une formation d’ingenieur et d’histoire de l’art. Journaliste a Science et Vie Junior jusqu’en 2003, il dirige aujourd’hui la collection de livres d’experiences scientifiques Kezako (ed. Mango). Pour les plus grands, il ecrit des recits historiques. Il vit a Paris.

L’ILLUSTRATEUR

Thomas Ehretsmann est ne a Mulhouse en 1974. Veritable passionne de BD, il est diplome des Arts Decoratifs de Strasbourg. Il a publie Station debout, son premier album, en 2000. Il a realise plusieurs couvertures pour Flammarion Jeunesse. Il collabore regulierement a la presse feminine (Elle).

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Parfois, mais pas souvent, je crois meme assez rarement, on peut dire a quel moment precis nait une vocation. Celle de mon frere Henri, je l’ai vue naitre sous mes yeux.
Il avait quatorze ans et, depuis de longs mois, notre petit village ne ressemblait plus a rien. En temps normal, Bouy compte trois cents habitants et cinquante chevaux, des fermes proprettes alignees le long des rues, des champs et des bois bien entretenus alentour. La ferme de notre pere se situe au coeur du village, tout pres de la vieille eglise romane. Autour de la grande cour centrale se trouvent le logis, la grange, et surtout la porcherie. Nous elevons des cochons.
Or depuis plusieurs mois, je l’ai dit, Bouy ne ressemblait plus a rien. Presque tous les hommes et la moitie des chevaux avaient quitte le village, requisitionnes. D’autres hommes les avaient remplaces, des milliers d’inconnus gadouilleux qui reprenaient des forces dans nos granges et nous parlaient comme si nous etions leurs enfants – leurs propres enfants devaient beaucoup leur manquer. Ils restaient la quatre jours puis repartaient d’ou ils etaient venus. Ils revenaient ensuite une ou plusieurs fois, puis on ne les revoyait plus. Ils etaient morts.
Mais je m’apercois que je n’ai pas dit ou se trouve notre village : il faut le savoir pour comprendre ce qui s’y passait alors. Bouy est en Champagne, a quinze kilometres au nord de Chalons-sur-Marne. A l’epoque ou mon frere Henri a eu sa vocation, c’est-a-dire pendant la Grande Guerre, la ligne de front entre l’armee francaise et l’armee allemande passait a quelques kilometres seulement plus au nord.
A quelques kilometres de nous, donc, enterres dans des tranchees boueuses, nos soldats se battaient contre les Allemands, eux-memes enterres dans des tranchees creusees un peu plus loin.
La-bas, c’etait la guerre, mais pour nous, les gamins du village, ca ressemblait plutot a des vacances – au moins au debut.
D’abord, il n’y avait pas grand monde pour nous surveiller : nos peres etaient partis au combat – “ce sera pas long, nous avaient-ils assure, on met une tannee aux Prussiens puis on revient” – et nos meres etaient trop occupees pour canaliser notre fougue. En plus, nous, les Guillaumet, nous etions gardes par notre vieille grand-mere : notre mere est morte quand Henri avait deux ans, en accouchant d’un petit frere qui n’a pas survecu.
Autant dire qu’au debut de la guerre, un vent de liberte a souffle sous nos cranes. Avec Henri, P’tit Maurice et les autres, nous etions plus souvent a la peche a la truite qu’a l’ecole.
Et puis le village etait un tel chantier, avec ces centaines de poilus venus des tranchees voisines pour s’y reposer ! Pour les distraire, l’armee avait amenage un “foyer du soldat” pres du jardin de M. Villepoux, route de Grandes Loges. Nous n’avions le droit d’y aller : le chocolat, je me souviens, etait a cinq sous la tasse. Mais le plus chouette, c’etait le cinematographe. A l’epoque, Bouy n’etait meme pas raccorde a l’electricite, alors imaginez un cinematographe gratuit et ouvert a tous !