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A l’estime : memoires

Auteur : Gore Vidal

Traducteur : Guillaume Villeneuve

Date de saisie : 10/07/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Galaade editions, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 23.90 / 156.77 F

ISBN : 978-2-35176-045-1

GENCOD : 9782351760451

Sorti le : 07/05/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

A l’estime : durant la Seconde Guerre mondiale, j’etais second sur un bateau de ravitaillement de la marine base dans les iles Aleoutiennes, ou la meteo etait si mauvaise que nous voyions rarement le soleil, encore moins la lune et les etoiles; cela nous empechait, en pratique, de faire le point pour definir notre route. Nous nous en remettions aux cartes dont nous avions memorise divers reperes ou pointes remarquables, methode qualifiee de “navigation a l’estime”, dont les risques etaient evidents. En ecrivant ce recit de ma vie et de mon epoque, j’ai eu l’impression d’etre a nouveau confronte a ces caps et a ces ecueils de la mer de Bering que nous dumes si souvent contourner avec un compas que le temps rendait inutilisable. – Gore Vidal

Apres Palimpseste, Gore Vidal, conteur hors pairs, reprend avec panache son voyage a travers les arenes de la litterature, du cinema, de la politique ou du Gotha international. Et ce sont Tennessee Williams, Jack et Jackie Kennedy, Orson Welles ou Greta Garbo, que nous raconte Gore Vidal, sans oublier Howard Auster, son compagnon de toujours. Gore Vidal est aujourd’hui reconnu comme l’une des figures majeures de la litterature americaine contemporaine, au meme titre que Norman Mailer, Philip Roth ou Joan Didion.

On ne se lasse jamais d’accompagner Gore Vidal en ses souvenirs. – Josyane Savigneau

  • La revue de presse Frederic Vitoux – Le Nouvel Observateur du 10 juillet 2008

Demeurent tout de meme chez cet ecrivain aussi pudique que feroce une franchise de ton et de pensees, une distance prise avec son temps, avec cette Amerique qui lui est devenue etrangere sinon haissable, un art admirable du portrait, une independance d’esprit, un refus romain de se plaindre, enfin, qui forcent l’admiration. Montaigne demeure son modele. Toujours cette volonte un peu naive, chez lui, de jouer ou parader dans la cour des grands ! Mais l’ambition n’est jamais deshonorante.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

L’INFLUENCE DU CINEMA SUR MA GENERATION : LES COULISSES

Au moment ou je me dirige, avec grace, j’espere, vers la porte Sortie, je suis frappe par l’idee que la seule chose que j’aie vraiment aime faire, ce fut d’aller au cinema. Le sexe et l’art, evidemment, avaient toujours preseance sur le cinema, mais ni l’un ni l’autre ne furent jamais aussi fiables que le filtrage du lumineux present dans ce film mobile de Celluloid qui projette les images et les voix du passe sur l’ecran. Ainsi rederoule-t-il l’histoire, par une methode apparemment simple. (Mon livre intitule L’Histoire a l’ecran etant helas epuise, j’en reexpose ici l’argument central.)
J’ai accumule bon nombre de trophees fumeux dans mon triste bagage d’ecrivain et de militant politique. Certains sont vrais, d’autres imaginaires. Certains me viennent de la vie, telle qu’elle est; d’autres des films, tels qu’ils sont. Parfois, avec le temps, ou nous sommes comme nous fumes, il n’est pas facile de faire le depart entre les deux. Suis-je eveille ou endormi ?
Je naquis le 3 octobre 1925, le jour anniversaire des vingt-cinq ans de Thomas Wolfe-je parle du romancier, pas du journaliste. J’ai traverse les trois quarts du XXe siecle et environ un tiers de l’histoire des Etats-Unis d’Amerique. En un mot, quelles sont vos impressions jusqu’ici, monsieur Vidal ? (Formule coutumiere aux journalistes ardents.) Eh bien, c’aurait pu etre pire, fais-je avec une prudence calculee. Sur quoi le magnetophone japonais se detraque et, tout en essayant de le reparer, mon interlocuteur me demande de lui dire, entre nous, a quoi ressemblait vraiment Marilyn Monroe. Comme je la connaissais a peine, je le lui dis.
C’est un phenomene universel : qu’on soit a Harvard, a Oxford ou a l’universite de Bologne, apres les grandes phrases obligees sur des sujets professionnels et convenus, la semiologie, par exemple, la glace ne fond que lorsque quelqu’un mentionne le cinema. Soudain, tout le monde se reveille et s’enthousiasme. On se passionne pour le purgatoire traverse par Fellini ces dernieres annees (dont je reparlerai) ou les formes curieuses de Madonna – ont-elles deja franchi la frontiere jadis contestee de la pure et simple androgynie, pour inventer un continuum sexuel absolument inedit ? Les films sont la lingua franca, le truchement universel du XXe siecle. La Dixieme Muse, comme on appelle le cinema en Italie, a chasse les neuf autres du Parnasse, en tout cas du sommet.