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A mon retour d’Iran.

Auteur : Fariba Hachtroudi

Date de saisie : 31/01/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Biographies-Temoignages

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-02-094322-2

GENCOD : 9782020943222

Sorti le : 10/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Apres des annees d’exil et de militantisme a Paris, Fariba Hachtroudi est deja retournee, clandestinement, en Iran. Le dernier voyage, legal cette fois, est un exercice de funambule. Elle accepte les risques physiques et le face a face avec les services secrets iraniens. A son retour en France, l’attendent les critiques sordides de ses anciens compagnons de resistance. La mecanique de ce periple est tissee a l’histoire familiale, a la volonte de voir la verite en face. Les confrontations au pays sont assumees. Tragiques ou joyeux sont les fantomes qu’elle traque. Elle a retrouve ses compatriotes, pris entre l’obscurantisme et la modernite, et avec eux toutes les contradictions du monde. Ce sont quelques-uns des sacrifices consentis pour honorer la memoire de ses parents et le centenaire de son pere. Il lui fallait revenir pour ne pas se trahir. D’un voyage incontournable, Fariba Hachtroudi a tire un recit d’autant plus interessant qu’il est personnel.

Je regarde un gardien dont les yeux inquisiteurs furetent en tous sens. Mon foulard ne tient qu’a peine sur l’arriere de ma tete. […] Il pointe le menton en plissant les paupieres, dans l’intention de me faire baisser les yeux. […] J’ai envie de mordre […]. Le geant marmonne dans son talkie-walkie et s’approche lentement de la voiture. […]

FARIBA HACHTROUDI La vie de Fariba Hachtroudi est inscrite en filigrane dans certains de ses livres : L’Exilee retrace son retour clandestin en Iran; Iran, les rives du sang, la mort de sa mere ; J’ai epouse Johnny a Notre-Dame-de-Sion son adolescence en France. Ses ouvrages temoignent de l’aprete du sort mais aussi de l’allegresse et de la sensualite de la vie.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Extrait de l’avant-propos :

La prochaine fois, je reviendrai te voir en passant par la grande porte, si toutefois je rentre saine et sauve en France. A bientot, papa.
Nous sommes en 1986 au cimetiere Behecht-e Zahra a Teheran. Je m’adresse a mon pere, decede en 1976. Je suis en Iran depuis environ deux mois, apres huit ans d’absence. J’effectue un voyage clandestin. Cette aventure aurait pu me couter la vie, mais certaines decisions, aussi folles qu’elles puissent paraitre, s’imposent comme une evidence aux moments cruciaux d’une vie. Cet episode, preambule de l’engagement qui me liera a l’Iran et aux miens, sera paracheve en decembre 2006, date anniversaire du centenaire de la naissance de mon pere. Ce sont ces dernieres retrouvailles qui font l’objet de ce livre.

Rapide retour en arriere

Quand eclate la revolution iranienne en 1978, je vis en France. Archeologue de formation et opposante au regime des mollahs, des 1982 je denonce les derives du khomeynisme dans la presse occidentale. En 1984, je couvre la guerre Iran-Irak (1981-1988) pour plusieurs medias europeens et americains. La boucherie du front me pousse a precipiter la decision qui me taraude depuis quelque temps : me rendre en Iran, revoir et sentir les miens. J’organise aussitot les preparatifs de mon voyage, necessairement clandestin, raconte en partie dans L’Exilee, des annees plus tard.
Comprendre notre revolution que je n’ai pas vecu de l’interieur, me situer par rapport a mon pays natal que j’avais quitte depuis l’adolescence et ou je ne retournais que durant les courtes periodes de vacances sont les raisons essentielles de ce periple. L’Iran et les Iraniens, qui ont largement soutenu l’ayatollah Khomeyni et sa Republique islamique, restent des enigmes pour moi. Mon voyage clandestin, via le desert du Baloutchistan, et ma vie tout aussi clandestine a Teheran pendant les deux mois de mon sejour m’acculent a prendre des decisions difficiles des mon retour en France : je ne peux plus me contenter de denoncer, je dois agir et ce en depit de mon aversion profonde a l’egard de tout militantisme politique.
De 1986 a 1988, je fais le tour des oppositions iraniennes presentes a Paris : la citoyenne en quete d’un dirigeant capable de tenir tete a l’ayatollah se cache derriere la journaliste d’investigation. Rencontres et interviews se succedent : Chapour Bakhtiar, partisan de Mossadegh, republicain et neanmoins dernier Premier ministre du chah ; Ali Amini, Premier ministre du chah apres le coup d’Etat contre Mohammad Mossadegh en 1953 ; Aboi Hassan Bani Sadr, premier president de la Republique islamique; Massoud Radjavi, chef de l’Organisation des moudjahidin du peuple. Les premiers souhaitent la restauration de la royaute ; les deux derniers, republicains, sont les initiateurs du Conseil national de la resistance iranienne (CNRI), fonde en juillet 1981 a Teheran, large coalition composee de groupes et personnalites de diverses obediences politiques. Il prone la lutte armee comme strategie pour le renversement du regime. Mais en 1984, le Conseil implose sous les scissions ; il y perd plusieurs allies et des membres importants, dont Bani Sadr. En 1986, Massoud et Maryam Radjavi, les chefs de l’Organisation des moudjahidin du peuple, quittent la France pour l’Irak ou ils forment l’Armee de liberation nationale, basee dans des camps militaires le long de la frontiere iranienne.
En 1988, je me rends en Irak pour effectuer un reportage sur l’armee des Moudjahidin, peu apres sa derniere grande – et vaine – offensive pour la prise du pouvoir et avant le cessez-le-feu entre l’Iran et l’Irak. La strategie de la lutte armee est cependant poursuivie par le CNRI et son bras arme jusqu’a l’invasion de l’Irak par les forces americano-anglaises (depuis la chute de Saddam Hussein, les bases des Moudjahidin du peuple en Irak sont sous controle americain).