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A reculons, comme une ecrevisse : guerres chaudes et populisme mediatique

Couverture du livre A reculons, comme une ecrevisse : guerres chaudes et populisme mediatique

Auteur : Umberto Eco

Traducteur : Myriem Bouzaher | Mario Fusco | Pierre Laroche

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Documents Essais d’actualite

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 20.50 €

ISBN : 978-2-246-71441-5

GENCOD : 9782246714415

  • Les presentations des editeurs : 13/10/2006

Le 11 septembre, la guerre en Afghanistan et en Irak, le populisme mediatique au pouvoir : les premieres annees du troisieme millenaire ne pouvaient pas echapper a l’analyse ravageuse d’Umberto Eco. Il en ressort que depuis quelque temps, le monde marche a reculons, de plus en plus vite, de plus en plus dramatiquement.
Apres la chute du mur de Berlin, il a fallu exhumer de vieux atlas pour retrouver les frontieres oubliees depuis la guerre de 1914. De la guerre froide, on s’est empresse de retourner aux guerres les plus chaudes. Nous avons ressuscite le vieux combat entre Islam et Chretiente, et le cri ancestral de Sauve qui peut, voila les Turcs ! nous ramene au temps des Croisades. Le fantome du Peril jaune resurgit, comme l’anti-darwinisme, l’antisemitisme, voire le contentieux que l’on croyait pourtant bien enterre entre l’Eglise et l’Etat…
Il semblerait que l’Histoire, a bout de souffle apres les bonds qu’elle a effectues au cours des deux precedents millenaires, se soit affaissee sur elle-meme et se precipite a reculons, comme une ecrevisse.

Umberto Eco est ne a Alexandrie, dans le Piemont, en 1932. Professeur de semiotique et directeur de l’Ecole superieure des etudes litteraires a l’Universite de Bologne, il est l’auteur de nombreux essais dont Comment voyager avec un saumon et de romans, Le Nom de la Rose, Le Pendule de Foucault, L’Ile du jour d’avant, Baudolino et La Reine Loana.

  • Les courts extraits de livres : 13/10/2006

La neoguerre du Golfe

Avec la chute de l’empire sovietique, disparaissent les conditions de la guerre froide, mais les guerres qui n’avaient jamais cesse dans le Tiers-Monde montent au premier plan. Avec l’invasion du Koweit, on s’est rendu compte qu’il fallait, en quelque sorte, remettre en oeuvre une guerre d’un genre traditionnel (rappelez-vous, la reference etait precisement les origines de la Seconde Guerre mondiale : si on avait stoppe immediatement Hitler des qu’il avait envahi la Pologne, etc.) mais on s’est tout de suite apercu que la guerre ne se deroulait plus (ou plus seulement) entre deux fronts separes. Le scandale des journalistes americains presents a Bagdad etait alors egal au scandale, de dimensions bien superieures, des millions et millions de musulmans pro-irakiens qui vivaient dans les pays de l’alliance anti-irakienne.
Dans les guerres d’autrefois, les ennemis potentiels etaient internes (ou massacres); un compatriote qui, du territoire ennemi, parlait des raisons de l’adversaire, a la fin de la guerre, etait pendu ; vous vous souvenez que fut pendu par les Anglais John Amery, qui attaquait son pays sur la radio fasciste, et qu’Ezra Pound fut sauve grace a sa grande notoriete et a l’appui des intellectuels de tous les pays, et au prix d’un diagnostic : maladie mentale.
Quelles etaient les nouvelles caracteristiques de la neoguerre ?
On ne sait pas avec certitude qui est l’ennemi. Tous les Irakiens ? Tous les Serbes ? Qui faut-il detruire ?
La guerre n’est pas frontale. La neoguerre ne pouvait plus etre frontale a cause de la nature meme du capitalisme multinational. Que l’Irak soit arme par les industries occidentales, ce n’etait pas un incident, et de meme ce n’etait pas un incident que, dix ans plus tard, les talibans soient armes par les memes industries.