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Alaska

Couverture du livre Alaska

Auteur : Eugene Nicole

Date de saisie : 14/09/2007

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Litterature francaise

Prix : 20.00 / 131.19 F

ISBN : 978-2-87929-552-7

GENCOD : 9782879295527

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Neuf mois en Alaska, trois saisons, le temps d’une gestation et d’une transfiguration : c’est le remede choisi par le narrateur pour oublier la femme qui vient de le quitter. Mais a l’universite de Fairbanks, reputee pour son departement de sismologie et ses etudes des langues athabaskanes, son sejour se transforme en une aventure aux multiples facettes ou se croisent de jeunes marginaux, des universitaires extravagants et les dernieres survivantes du peuple eyak.

Eugene Nicole est ne a Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon), ou il a passe toute son enfance. Apres des etudes en France, a la Sorbonne et a l’Institut d’etudes politiques de Paris, puis un sejour en Alaska, il entame une carriere universitaire aux Etats-Unis. Depuis 1989, il est professeur de litterature francaise a l’universite de New York.

Avec L’Oeuvre des mers, paru aux Editions de l’Olivier en 2004, ce specialiste de Proust reconciliait deux traditions litteraires : la prise en charge du monde et l’invention de soi. Alaska affirme son sens du burlesque et son gout de la mise en scene : ce roman est aussi une brillante comedie.

  • La revue de presse Josyane Savigneau – Le Monde du 14 septembre 2007

Dans Alaska, en quatre parties aux tres beaux titres – “La fille perdue dans la sonate”, “La neige et la nuit”, “La nuit transfiguree”, “Deux images pour le printemps ; les Champs-Elysees” -, Eugene Nicole deploie tout son talent pour le souvenir, le travail subtil sur la memoire (universitaire installe a New York, il est aussi specialiste de Proust), les portraits, et, comme dans tous ses livres, la comedie burlesque…
Eugene Nicole excelle a faire revivre cette micro-societe, avec son gout de l’aventure, de la decouverte, pour lutter contre “la nuit de l’Alaska”, l’hibernation, avec ses engouements et ses detestations, ses amours et ses haines, ses personnages hauts en couleur, comme Fishbasher, specialiste des langues disparues – qui en observe la une en train de mourir, l’eyak – et ceux, qui, comme le narrateur, sont venus la pour une “escapade”, une “parenthese”, “fuite ou retraite”.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Septembre. La pelouse aux plates-bandes fleuries se decoupe dans l’encadrement de la fenetre. Large baie vitree, moderne, sans rideaux. Elle s’ouvre dans le mur de rondins a cote de la grande table. En face, deux affiches : l’une, de la cathedrale d’Albi ; l’autre, la reproduction d’une estampe des Tauromachies de Goya : Agilita y velocita de Juanito Apinani dans les arenes de Madrid. Et tout ce qu’il faut pour ecrire : le papier, l’encrier, le porte-plume. A droite, une pile de livres. La liste des lectures couvre plusieurs pages d’un petit carnet jaune a spirale : prudents preparatifs, sage commencement de ce travail singulier, rite accompli avec onction et diligence dans les premiers jours du mois. Le montrent la forme soignee des lettres, les pleins et les delies, les jambages legers que trace la plume en Alaska, pays lointain d’ou je vous ecris. La carte postale represente le mont McKinley, la partie reservee a la correspondance est divisee en deux par un trait vertical. Car je n’envoie plus de lettres depuis que Pierre, un de mes amis parisiens, s’est plaint de la place excessive qu’y tenaient mes etats d’ame. Decouvrez ce pays au lieu de vous triturer les meninges ; explorez-le, montrez-le-nous, ne restez pas assis a votre table !, m’a-t-il ordonne. L’imaginant a son bureau Henri II dans sa bonbonniere de la rue du Vieux-Colombier, j’ai replique, au dos de la Vue de Fairbanks : Cette nuit, la terre a tremble. Curieuse impression. Je l’ai devine aux soubresauts de l’etagere au-dessus de mon lit.

Attendre et revenir la-haut par les mots. Non loin du cercle polaire, rever comme autrefois comme ailleurs. Outre le Compact de Maurice Roche, j’y lisais Ailleurs, de Michaux, mais j’avais aussi emporte La Lettre de Siberie de Chris Marker et Les Mots et les Choses de Foucault. L’ouvrage venait de paraitre et j’avais pense que, dans cet Alaska ou, selon toute vraisemblance, j’en serais le seul lecteur, il me serait donne de. Oui, j’attendais de la nuit polaire des lueurs de comprehension. Et pas seulement pour Foucault. Dans cet Alaska ou vous devez avoir bien du temps libre !, ne cessaient de me rappeler mes correspondants, comme s’ils insinuaient que, m’etant mis a l’ecart pour ecrire, je ferais bien de ne pas perdre une minute de mes precieux loisirs. Ce n’etait pas totalement faux. Paradoxalement, je me sentais pres d’un centre. Comme a colin-maillard, j’avais l’impression de bruler. Si vous regardez la mappemonde vous comprendrez. Vous entreverrez du meme coup comment s’amorca mon Essai sur la lettre, cette meditation sur le genre epistolaire, que, faute d’inspiration, j’entrepris pres du cercle polaire quand j’enseignais le francais aux Eskimos. Ad summum. Gravee en caracteres verts sous la silhouette du geant McKinley, la devise ornait l’en-tete du papier et les enveloppes de l’universite. Dorenavant tournee vers le Japon, avait declare de celle-ci, devant le corps enseignant stupefait, le president Woody. Et, tourne lui-meme vers Fishbasher en maniere de diversion : Comment diriez-vous cela en eyak ?