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Alexandre Blok : le poete de la perspective Nevski

Couverture du livre Alexandre Blok : le poete de la perspective Nevski

Auteur : Jean Blot

Date de saisie : 11/02/2007

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Biographie

Prix : 18.00 / 118.07 F

GENCOD : 9782268060590

Sorti le : 25/01/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Chef de file de l’ecole symboliste, Alexandre Blok (1880 -1921) occupe dans les lettres russes du XXe siecle, une place comparable a celle de Pouchkine au siecle precedent. Apres avoir ete le chantre de l’Eternel feminin, il devient celui de la revolution d’Octobre a laquelle il donne son plus beau poeme : Les Douze. Il ne tarde pas a en etre la victime. Par le recit de ses amours malheureuses, de sa philosophie brumeuse, de ses debauches, de son patriotisme exalte, en lui empruntant ses images et ses accents, Jean Blot nous fait entendre la voix de Blok et deviner son oeuvre. A travers le portrait de celui que l’on a baptise le poete de la perspective Nevski, il entreprend celui de Saint-Petersbourg au moment tragique de son histoire et s’efforce de camper la figure du poete en tant que tel.

Russe d’origine, citoyen d’honneur dela ville de Saint-Petersbourg, Jean Blot est l’auteur de nombreux romans et essais dont plusieurs consacres au pays et a la litterature de ses ancetres – en particulier, paru aux editions du Rocher en 2005, Le soleil se couche a l’Est. Son livre est d’autant plus personnel que Jean Blot est un pseudonyme auquel l’auteur a du recourir parce que son vrai nom est Alexandre Blok.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Bientot cette gene que l’on ressent, cette honte que l’on eprouve a entendre ou a prononcer son nom gagne la personnalite. On se soupconne d’imposture. Le vrai, le reel, ce n’est pas moi, c’est l’Autre, celui qu’a designe avant moi le nom que je porte. La difficulte que chacun eprouve a croire a sa realite s’en trouve multipliee. On est tente de se retourner alors contre celui dont on a vole le nom pour l’accuser de vol. Que vient-il faire entre moi et moi-meme ? De quel droit Blok venait-il hanter Paris, Londres, New York de telle sorte que j’en etais comme rejete dans l’ombre et regnait-il sur un monde ou je ne parvenais pas prendre pied ? J’aurais voulu savoir le denigrer, le juger, le condamner. Mais le poete echappe au jugement. Par son sentimentalisme decadent autant que son gout du chaos revolutionnaire, son dolorisme complaisant, sa certitude hautaine que le malheur est toujours – moralement, esthetiquement, existentiellement -superieur au bonheur et la douleur au plaisir, Blok incarnait bien tout ce que j’abomine. Son rang, sa dignite de poete ne s’en trouvaient pas diminues. L’erreur, le mensonge, toutes les valeurs negatives autant que positives quand elles venaient a etre assumees par cet etrange personnage de La Comedie humaine – le poete – etaient bouleversees. Je ne pouvais le soumettre a aucun jugement. Tous glissaient sur lui et perdaient leur sens.
Tant et si bien que mes efforts se retournaient contre moi et que plus j’avancais, plus je me voyais contraint de reconnaitre en mon homonyme non plus seulement un poete mais le poete, c’est-a-dire une sorte d’illustration exemplaire de cette race d’homme qui hante la tempete et se rit de l’archer. Je me persuadais cependant qu’elle demandait a etre acceptee dans une difference qui la situe non pas seulement au-dela du Bien et du Mal, du Vrai et du faux, mais meme de l’Intelligence et de son contraire.