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Animals tristos

Auteur : Jordi Punti

Traducteur : Mathilde Bensoussan

Date de saisie : 29/06/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Serpent a Plumes, Paris, France

Collection : Fiction. Domaine etranger

Prix : 21.00 / 137.75 F

ISBN : 2-268-06055-1

GENCOD : 9782268060552

Sorti le : 11/01/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Les histoires regroupees dans Animals tristos sont comme un souvenir de la tristesse qui nous envahit quand l’amour n’est plus. Quand celui-ci se desintegre, que la routine fait irruption dans nos vies, et que suivent desenchantement, infidelite et autres deboires. Ce deuxieme recueil de Jordi Punti effleure les subtilites et la fragilite de l’amour et du desamour. Une comedie humaine qui revele avec ironie et beaucoup d’humour les petites et grandes deceptions de la vie de couple. Six histoires qui se croisent et illustrent le pacte que nous signons tous avec nous-memes sur notre facon de gerer nos desirs et nos regrets quand nous decidons d’aimer et de nous laisser aimer.

Traduit du catalan par Mathilde Bensoussan

Ne en 1967 a Manlleu en Catalogne, Jordi Punti publie son premier recueil de nouvelles. Peau de Tatou, en 1998. Ce premier ouvrage a remporte le prix Serra d’Or de la critique.
Journaliste au quotidien El Pais, Jordi Punti est aussi traducteur en catalan de Daniel Pennac, Amelie Nothomb, Paul Auster.

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

Bungalow onze

ILS AVAIENT quitte la gare depuis une demi-heure quand Mirra essaya de retrouver dans sa memoire ce week-end qu’ils avaient passe ensemble voici tout juste dix ans. Elle aurait pu le revivre de facon abstraite autour de details precis – cette legere fumee, montant jusqu’au plafond, de la cigarette partagee, ou le clignotement d’une tele allumee au pied du lit. Mais voila que tout lui revenait, a sa grande surprise, avec le gout et l’odeur d’une banane trop mure. C’etait une image douce, lointaine et douce, a vrai dire d’une douceur de plus en plus offensante qui maintenant gatait l’air qu’elle respirait et rendait ce jour insupportable. Elle redouta l’exactitude de cette memoire du temps passe et regarda fixement son mari assis devant elle, pour effacer la cristallisation du souvenir.
A ce moment-la, Eric regardait par la fenetre du train. Au fond, avec la vitesse, les arbres et les pres devenaient une tache verte indiscernable, ponctuee de temps a autre de fermes isolees ou, plus proche, la maison delabree du garde-barriere d’un ancien passage a niveau. Puisqu’il le savait, Eric imagina que derriere ce ruban de verdure, il y avait le cours d’un fleuve important et qu’en remontant le courant on trouverait le lac qui les attendait, avec les bungalows en bois au bord de l’eau. Il y avait exactement dix ans aujourd’hui, jour pour jour, que Mirra et Eric avaient vecu, dans un de ces bungalows, leur premiere nuit, la premiere nuit d’une longue chaine de nuits (ils ne le savaient pas encore) qui marquait le debut des nuits speciales, des nuits qui avaient l’air d’etre uniques et qui, ensuite, se ressembleraient de plus en plus, repetees meme dans leur singularite, dans l’etrangete des faits, des nuits qu’on pouvait echanger contre d’autres nuits sans qu’il n’arrive rien, comme ces pieces qui s’adaptent a n’importe quel puzzle et qui ont la perfection d’un ciel printanier tres bleu ou d’un pan de montagne enneige.