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Anton von Webern

Auteur : Alain Galliari

Date de saisie : 04/06/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Fayard, Paris, France

Collection : Bibliotheque des grands musiciens

Prix : 35.00 / 229.58 F

ISBN : 978-2-213-63457-9

GENCOD : 9782213634579

Sorti le : 10/10/2007

  • Les presentations des editeurs : 05/06/2008

Si la musique de Webern a suscite une vaste litterature depuis la consecration qu’elle recut apres la mort du compositeur en 1945, il manquait une monographie recente qui considere l’homme et son oeuvre independamment de l’eclairage mythique dont la posterite les a entoures. A la lumiere de sources pour la plupart inedites en francais, Alain Galliari propose du plus radical des representants de l’ecole de Vienne une vision qui contredit sous bien des aspects l’image qui en a ete colportee. Loin du cerebral dominateur que sa gloire post mortem a tisse, l’homme que les sources decouvrent montre un etre tout en paradoxes, introverti et intense, vulnerable, mais decide et intransigeant, perpetuellement en recherche, hante par une quete metaphysique a dimension religieuse – celle d’une Verite superieure qui est celle du mystere de la vie, dont les formes naturelles etaient a ses yeux les manifestations directes et a laquelle toute oeuvre d’art devait se conformer. Vision essentielle a l’approche de l’oeuvre du musicien, econome jusqu’au vertige, qui eclaire son organisation exigeante et presage une intensite expressive qui n’a pas toujours ete comprise.
Cette monographie, qui tend a cerner par la biographie les fondements esthetiques de l’oeuvre de Webern, cherche aussi a eclairer l’attitude de l’homme a l’egard des turbulences de son temps, questionnant la relation qu’il put avoir avec la monarchie, l’austro-marxisme et finalement le nazisme. Alain Galliari reinscrit ainsi l’homme complexe et secret que fut Anton von Webern dans les soubresauts de l’Autriche des annees 1900-1945, dechiree par le cataclysme de la Grande Guerre, l’effondrement d’un empire dont il etait l’enfant, la terrible double decennie de l’entre-deux-guerres, l’annexion au Reich hitlerien et le sombre epilogue de la Seconde Guerre mondiale, a l’issue de laquelle le compositeur trouva une mort qui fit partie integrante de sa legende posthume et que ce livre cherche aussi a demeler. A l’egal de celles de Schonberg et de Berg, comme des autres membres de l’ecole de Vienne, dont elles ne se separent pas, la vie et l’oeuvre d’Anton von Webern refletent ainsi un temps bouleverse et tragique, ou le pire se double d’une aspiration permanente au vrai par le beau et le neuf, offrant un ultime eclairage au radicalisme de sa musique.

Musicologue, Alain Galliari a publie divers etudes et ouvrages (dont un livre d’entretiens avec le compositeur Claude Ballif). Il est depuis 2001 directeur de la Mediatheque Musicale Mahler.

  • La revue de presse Gilles Macassar – Telerama du 4 juin 2008

Dans le pantheon trinitaire de l’Ecole de Vienne, au cote d’Arnold Schoenberg le Pere (tout-puissant) et d’Alban Berg leFils (prodigue), Anton von Webern a longtemps tenu la place du Saint-Esprit, du pur Esprit. Un cliche tenace, que semblait confirmer, d’apres les photographies que l’on possede de lui, l’apparence effacee et austere du compositeur – levres minces et cousues sur un sourire crispe, regard grave sous de severes lunettes cerclees d’intello. Sa mort accidentelle en 1945, sous le tir d’un soldat americain, dans des circonstances aussi penibles que mal elucidees, aggravait malaise et mystere. Au point qu’un Pierre Boulez pouvait encore ecrire, en 1961, a la fin d’une notice sur Webern, dans une encyclopedie de la musique : Nous nous sommes peu etendu sur sa vie car, cette fin tragique mise a part, elle n’est pas fertile en evenements biographiques. Il aura fallu attendre presque un demi-siecle pour qu’une vaste et tres serieuse etude en langue francaise demente cette contre-verite – ce qu’apporte aujourd’hui la biographie, aussi erudite que passionnante, d’Alain Galliari, musicologue en charge, depuis 2001, de la mediatheque Gustav-Mahler, a Paris.