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Arlington Park

Couverture du livre Arlington Park

Auteur : Rachel Cusk

Traducteur : Justine de Mazeres

Date de saisie : 23/08/2007

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : Ed. de l’Olivier, Paris, France

Collection : Litterature etrangere

Prix : 21.00 €

ISBN : 978-2-87929-574-9

GENCOD : 9782879295749

Sorti le : 23/08/2007

  • Le choix des libraires : Choix de Veronique de la librairie DEVELAY a VILLEFRANCHE-SUR-SAONE, France – 15/10/2007

Arlington Park, banlieue chic de Londres ou les femmes oisives, riches et deprimees, pourvues d’enfants ou de maris plus ou moins supportables, se livrent a leur occupations quotidienne tout en regrettant leur jeunesse, leur beaute et leurs espoirs perdus.
Decidement tres cruellement anglais.

  • La Radio des libraires : Jean-Christophe Millois de la librairie DE PARIS a PARIS, France (visiter son site) – 25/10/2007

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Jean-Christophe Millois – 25/10/07

  • Les presentations des editeurs : 31/08/2007

Rachel Cusk raconte vingt quatre heures de la vie de ces femmes : on entre dans leur cuisine, on les suit au supermarche, dans des cabines d’essayage ; on penetre aussi dans leur conscience et leurs pensees. Ce roman lyrique, drole et sensible, dynamite les cliches sur la famille, le couple, la maternite, avec une lucidite devastatrice. C’est un champ de bataille que Rachel Cusk nous montre, un monde barbare jusqu’a la moelle.
La decouverte d’un talent exceptionnel de la jeune litterature britannique. Des housewives proches de Virginia Woolf et de Katherine Mansfield. Les femmes d’Arlington Park – une banlieue residentielle en Angleterre – ont tout pour etre heureuses : mari, enfants, maison, ami(e)s. Une existence confortable. Mais il n’en est rien. Derriere cette facade completement artificielle, frustrations, jalousies, deceptions regnent sans partage. Juliet Randall, Maisie Carrington, Amanda Clapp, Solly KeirLeigh : chacune a le sentiment d’etre passee a cote de sa vie. Chacune tente de se revolter, de resister a la banalite, au passage du temps qui emousse le desir, fane la beaute et affaiblit les etres.

Rachel Cusk, nee en 1967, vit a Brighton. Elle est l’auteure de plusieurs romans dont “Saving Agnes” (1993), laureat du Whitbread First Novel Award, et “In the Fold”, qui lui a valu de figurer parmi les finalistes du Booker Prize en 2005.

  • La revue de presse Karine Papillaud – Le Point du 20 septembre 2007

Dans ce sixieme roman – le premier publie en France -, Rachel Cusk maitrise avec beaucoup de maturite une ecriture proche de celle de Virginia Woolf. Comme Mrs Dalloway, Arlington Park relate un moment suspendu dans la vie de chacune des heroines, un vertige de lucidite dans un quotidien qu’elles n’essaient pas de changer. Mais il y a aussi quelque chose d’un Philip Roth dans la violence avec laquelle Rachel Cusk malmene ses personnages, les accule et reussit a perturber son lecteur : persuade de lire un roman feministe qui vilipende la famille, il finit par se demander si, finalement, la detresse des hommes ne serait pas le reel sujet de ces histoires de harpies silencieuses.

  • La revue de presse Alice Ferney – Le Figaro du 13 septembre 2007

Toutes aiment et sont aimees. Pourtant, malheureuses, elles sont au bord de la crise de nerfs. Est-ce la famille, l’intendance de la vie, le couple, la difficulte d’etre femme, ou tout cela ensemble, qui rend chacune si vulnerable au doute existentiel et a la melancolie ? Quelque chose leur manque et c’est l’impression de se realiser, nous raconte la romanciere Rachel Cusk….
Tres drole, souvent cruelle, Rachel Cusk petit a petit met au jour les angoisses que fait monter l’avancee de la vie, les ressorts psychologiques non maitrises des etres et les relations qu’ils denaturent. Attentive, scrutatrice, analytique, elle capture des morceaux essentiels de la vie et du face-a-face humain. Elle devoile qu’il y a dans la feminite une energie en lutte serree pour et contre la vie, une folie d’exister pour les autres sans s’oublier soi-meme, et une harmonie d’ensemble presque irrealisable.

  • La revue de presse Nathalie Crom – Telerama du 12 septembre 2007

C’est a Virginia Woolf, figure tutelaire revendiquee de Rachel Cusk, qu’on pense en lisant Arlington Park, tant est saisissante la facon dont la jeune romanciere fait exister le decor et sentir l’elasticite mysterieuse du temps. Tant est subtil, aussi, son art de s’insinuer dans les etats d’ame changeants de ses personnages et, bien au-dela de l’aimable satire sociale, de capter chez chacune le desarroi, la solitude infinie, la folie qui rode.

  • La revue de presse Andre Clavel – L’Express du 31 aout 2007

Quand Rachel Cusk campe les desperate housewives de la bonne societe britannique, ca demenage ! L’un des chocs de la rentree…
Sur le theme de l’alienation domestique et conjugale, Rachel Cusk a concocte un cocktail explosif de lucidite, d’humour feroce et de feminisme rageur. Resultat : Arlington Park est la meilleure surprise de cette rentree litteraire…

  • La revue de presse Florence Noiville – Le Monde du 31 aout 2007

C’est en tout cas une voix attachante – et drole – de cette rentree. Nouvelle qui plus est, puisque cette romanciere est traduite en francais pour la premiere fois. Talentueuse enfin : a 40 ans, cette Anglaise de Brighton est l’auteur de plusieurs romans – dont In The Fold, qui lui a valu de figurer parmi les finalistes du Booker Prize en 2005. Elle a par ailleurs ete selectionnee en 2003 par la revue Granta comme l’une des meilleures plumes outre-Manche…
Frustrations, mesquineries, jalousies, doutes persistants, guerres picrocholines : c’est “le point noir de la cible”, la part sombre de ce desolant quatuor, que Rachel Cusk entreprend de mettre au jour. Ce serait un sujet facile si l’on n’etait pris d’emblee par la minutie des portraits, l’image qui fait mouche, l’humour et la justesse de l’analyse psychologique…
Rachel Cusk excelle dans la peinture des emotions sourdes et violentes, ces sentiments incandescents “provenant d’un passe geologique tels de la lave” et “se solidifiant en une matiere grisatre dans les secondes ou ils trouvent le repos”…
Mais l’ensemble reste deliberement leger avec seulement, au detour d’une phrase, une reflexion qui ouvre sur des abysses d’inquietude ou de perplexite.

  • Les courts extraits de livres : 03/01/2008

Toute la nuit la pluie tomba sur Arlington Park.
Les nuages arriverent de l’ouest : des nuages pareils a de sombres cathedrales, des nuages pareils a des machines, des nuages pareils a des bourgeons noirs fleurissant dans le ciel aride illumine d’etoiles. Ils arriverent sur la campagne anglaise, plongee dans son sommeil agite. Ils arriverent sur les collines basses et populeuses ou des eparpillements de lumieres palpitaient dans l’obscurite. A minuit, ils atteignirent la ville qui scintillait vaillamment dans son bassin provincial. Discretement, ils s’epanouirent telle une seconde ville aerienne, s’epaississant, s’etendant, dressant leurs monuments sauvages, leurs tours, leurs monstrueux palais de nuages inhabites.
A Arlington Park, les gens dormaient. Ca et la les maisons laissaient apparaitre un carre orange de lumiere. Les voitures se trainaient le long des rues desertes. Un chat sauta d’un mur et se coula parmi les ombres. En silence, les nuages emplirent le ciel. Le vent se leva. Il secoua legerement les branches des arbres et, dans le parc sombre et vide, les balancoires s’agiterent un peu d’avant en arriere. Une poignee de feuilles mortes bruissa sur un trottoir. En ville il y avait encore des gens dans les rues, mais a Arlington Park, ils etaient dans leurs lits, deja abandonnes au lendemain.
Il n’y avait personne pour voir la pluie arriver, excepte un couple qui se depechait de rentrer d’une soiree dans les avenues silencieuses.
Je n’aime pas ca, dit l’homme, jetant un coup d’oeil au ciel. Voila la pluie.
La femme laissa echapper un petit rire exaspere.
Tu es expert en tout ce soir, non ? dit-elle.
Ils entrerent chez eux. La lumiere orange apparut un instant dans l’encadrement de leur porte et s’eteignit.
Dans Arlington Rise, ou les reverberes formaient un tunnel de lumiere crue et ou la route commencait sa descente dans la ville, le vent soulevait des dechets egares et les faisait tourbillonner. Plus bas, le ciel noir pesait sur les vitrines obscures. Une rafale irascible fit cogner les enseignes contre les vitrines. De la, on pouvait voir la ville, etendue en dessous dans la demi-splendeur de la nuit. Un brouillard brun la surplombait. Dans l’entassement de son centre, des grues, des immeubles de bureaux et les minuscules fleches illuminees de la cathedrale emergeaient de la brume. Des lumieres rouges et jaunes bougeaient a intervalles reguliers comme si elles appartenaient a un mecanisme complique. Tout autour, ou les banlieues se deployaient au nord et a l’est, de brillants champs de lumiere ondulaient au-dessus du paysage obscurci.
Au centre de la ville les pubs et les restaurants etaient fermes, mais les gens faisaient la queue devant des boites de nuit. Quand la pluie se mit a tomber quelques filles crierent et se protegerent la tete avec leurs sacs. Les garcons firent entendre des rires genes. Ils courberent les epaules et glisserent leurs mains dans leurs poches. Les gouttes tombaient de l’obscurite insondable et scintillaient dans la lumiere orange. Elles tombaient sur l’auvent du Luna et vrillaient dans les rayons des reverberes. Elles tombaient dans la fontaine melancolique et souillee du square, ou des hommes en T-shirt etaient assis, canettes de biere a la main, et ou des garcons encapuchonnes decrivaient des cercles gracieux dans la penombre sur leurs planches a roulettes. Des gens s’agglutinaient sous les porches, il y avait des filles en talons hauts qui hurlaient, des garcons a la chevelure sculptee, des hommes murs portant furtivement des choses dans des sacs en plastique. Une femme en impermeable moulant tictaquait d’un pas presse sur le trottoir, portable colle a l’oreille. Un des hommes pres de la fontaine ota son T-shirt et frotta son torse frigorifie sous la pluie tandis que les autres l’acclamaient. Les vehicules se deplacaient lentement sous l’averse. Une voiture pleine d’hommes klaxonna les filles dans la queue et ses occupants pousserent des cris au passage par les vitres baissees.