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Arts primitifs, regards civilises

Auteur : Sally Price

Preface : Maurice Godelier

Traducteur : Genevieve Lebaut | Anne-Marie Sichere

Date de saisie : 20/07/2006

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Ecole nationale superieure des beaux-arts, Paris, France

Collection : D’art en questions

Prix : 18.00 / 118.07 F

ISBN : 978-2-84056-219-1

GENCOD : 9782840562191

  • Les presentations des editeurs : 20/07/2006

Dans ce livre, Sally Price, historienne de l’art et professeur d’anthropologie a l’Universite de William & Mary (Virginie), met a plat le statut que revet l’art dit primitif aux yeux de la majorite des publics eclaires de l’Europe occidentale et des Etats-Unis.

Son etude magistrale, introduite par une importante preface de Maurice Godelier, s’appuie sur une enquete menee aupres de conservateurs des grands musees, de collectionneurs prives, de marchands d’art et d’ethnologues. Elle prend en compte les travaux de critiques d’art comme William Rubin, Kenneth Clark, Henry Kamer ou encore Rene Huyghe.

Sally Price approfondit le debat sur la notion objet d’art-objet ethnographique en explicitant les mecanismes multiples – des strategies d’acquisition aux modeles d’interpretation – qui ont permis de mettre en place la deshumanisation de l’Art primitif et de ses createurs.

Au moment ou un nouveau grand musee ouvre a Paris, la lecture de ce texte s’impose pour comprendre les enjeux actuels et le regard porte sur ces arts dits primitifs.

  • Les courts extraits de livres : 20/07/2006

L’evenement du livre ne se reduisait pas au temoignage d’une experience personnelle. Car a travers les citations ou les interviews de critiques d’art aussi celebres que William Rubin, Kenneth Clark, Henry Kamer ou, en France, Rene Huyghe, mais aussi les confessions discretes de grands marchands d’art primitif ou de grands collectionneurs prives et passionnes, Sally Price nous devoilait une attitude commune faite de mepris, a la limite meme du racisme, vis-a-vis des artistes qui avaient fabrique ces objets d’art qu’ils exposaient, vendaient ou collectionnaient. Disons en deux mots que ce mepris etait l’autre face de leur engouement pour ces objets. Car dans toutes ces citations on entend les memes propos. L’artiste africain n’est pas veritablement un artiste, comme en Occident. Il agit sous la pression d’instincts obscurs, l’attrait du sexe, l’attrait du sang, le poids d’un monde irrationnel, de croyances dans les esprits, dans les forces mysterieuses de la nature, quand il ne se livre pas a des actes de cannibalisme. Bref, ces artistes temoignaient d’une realite importante, certes, c’est-a-dire de la part obscure que chacun porte en soi, mais qu’heureusement les societes civilisees ont appris a soumettre et a gouverner.

Sally Price s’etait pose ensuite bien sur plusieurs questions qui s’imposaient, et d’abord celle de l’origine de ces objets. Dans quelles conditions avaient-ils ete acquis sur le terrain, transportes jusqu’en Europe ou aux Etats-Unis, puis exposes ? Elle n’ignorait pas les aveux francs et cyniques de Michel Leiris qui avait relate par pages entieres comment lui et d’autres ethnologues de l’expedition Griaule en Afrique volaient allegrement les objets dans les cases qu’ils visitaient. Et souvent ces vols etaient a leurs yeux une sorte d’obligation, puisque les populations se refusaient obstinement a ceder ces objets auxquels elles tenaient. Et meme les petites sommes derisoires d’argent qu’on leur proposait ne les seduisaient pas.