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Au nom d’un dieu : les lieux saints dans le monde

Auteur : Juan Masia Clavel

Illustrateur : photographies d’Eduardo Rubio Mendez

Traducteur : Jean-Marie Saint-Lu

Date de saisie : 07/10/2008

Genre : Religion, Spiritualite

Editeur : Ed. du Rouergue, Rodez, France

Prix : 42.00 / 275.50 F

ISBN : 978-2-84156-974-8

GENCOD : 9782841569748

Sorti le : 08/10/2008

  • Les presentations des editeurs : 08/10/2008

Si tu veux faire rire Dieu, parle-lui de tes projets.

Cette pensee soufie dans l’esprit, un beau jour de 2004, je me mis en route. Mon projet etait ambitieux et complexe et, a coup sur, plus d’un dieu dut en rire : chercher Dieu et les dieux. Et les hommes qui croient en eux et qui vivent avec eux, ou d’eux. Il fallait que je me plonge dans le monde des religions, de leurs croyants et de leurs pratiquants. Me rendre dans les lieux sacres de la Terre et cohabiter avec quantite de legendes dans lesquelles les dieux, sous des prenoms et des noms divers, rivalisent pour etre les seuls et les plus puissants face a des hommes qui veulent ou ont besoin de croire.
On dit qu’il existe plus de mille religions vivantes. C’est a leur rencontre que nous convie cet ouvrage, de Lhassa a Bali, de Tombouctou a Lourdes, en passant par Rangoon, Rome ou Saigon. La diversite des visages, des rites, des lieux sacres captes par l’appareil photographique met en lumiere cette multitude qui pose la question des paradoxes du sacre, au nom duquel on fait le bien et le mal. Invitations a la paix ou convocations a la guerre, devises de concorde ou cris de violence, au nom d’un dieu, on accomplit des prodiges, au nom d’un dieu, on perpetue aussi des massacres et des atrocites. Pourquoi ? Plusieurs croyances peuvent-elles vivre ensemble ou l’intolerance, l’exclusivite sont-elles inherentes au sentiment religieux lui-meme ?
L’auteur, Juan Masia Clavel, est jesuite et vit depuis 25 ans au Japon. Il a ete le directeur du departement de bioethique a la faculte de theologie de l’universite Sophia, a Tokyo, ou il est toujours professeur. Il travaille actuellement a la section japonaise du Conseil mondial des religions pour la paix. Il a consacre des annees d’etude au dialogue interculturel et interreligieux, et a publie de nombreux ouvrages sur ce theme.

Le photographe, Eduardo Rubio Mendez, a etudie le journalisme a l’universite et, tres jeune, voyage dans le monde entier. Passionne par les questions liees au Tiers Monde, aux conflits armes et aux questions sociales, il realise des reportages qu’il publie dans differents medias espagnols et europeens. Il a publie entre autres : Indira Ghandi, Ninos, Guatemala, Chagas : la maladie silencieuse.

  • Les courts extraits de livres : 08/10/2008

Extrait de l’introduction de Juan Masia Clavel, Professeur a la Faculte de Theologie, Universite Sophia, Tokyo :

Avec quel regard contemplera-t-on ces photos ? Curiosite, etonnement, admiration, sourire ? Ni le photographe ni l’editeur ne seraient capables de le deviner. La seule chose dont puisse temoigner le signataire de ces lignes, c’est de son propre regard. Apres de multiples incursions dans ces pages, tantot en y prenant un plaisir tranquille, tantot en eprouvant un certain malaise parce qu’on n’y percoit pas de reponses aux questions qu’elles posent, le sentiment central se resume en un mot : perplexite. Au nom d’un dieu, des prodiges. Au nom d’un dieu, des atrocites. Pourquoi ?
La question reste indefiniment posee. Mais c’est un fait que dans l’ame de ces photos se reflete le paradoxe de la relation humaine avec ce qu’on appelle le monde du sacre. Nous nous laissons absorber par ce paradoxe, nous sortons de nous-memes et il nous achemine vers le secret ultime de la vie, avec une aura de nirvana. Nous tentons de le manipuler et nous sommes engloutis par le tourbillon de la mort dans des rafales de violence. Et tout cela se passe dans quelques espaces, toujours les memes : Redoutable est ce lieu, maison de Dieu et porte du ciel, a dit Jacob (Gen. 28, 17). Mais il aurait pu dire aussi : Dangereux est cet espace, porte de l’abime. En voyant le titre de ce livre dans une vitrine, on pourrait se demander si ce n’est pas une erreur. Pourquoi au nom d’un dieu et non au nom de Dieu ? Assurement, il ne s’agit pas d’une erreur. Tant l’article indetermine que la minuscule ont ete deliberement choisis. Au nom de Dieu pourraient et devraient se mener bien des actions louables. En fait, au nom d’un dieu (dont on ne sait pas s’il s’agit d’une divinite, d’une idole ou, dans le pire des cas, d’un esprit satanique) ont ete commises des atrocites tout au long de l’histoire, et malheureusement on continue a en commettre de nos jours.
Les paradoxes du sacre, au nom duquel on fait le bien et le mal, se refletent dans la variete contrastante des visages, des images, des paysages, des architectures, en un mot de tous les espaces supposes sacres auxquels renvoient les instantanes captes par l’appareil. C’est precisement dans la capacite de surprendre dans l’apparence de l’instant ce que ces espaces ont de paradoxal que s’est deploye le genie du photographe. Les lieux ici saisis par l’objectif ne sont pas des espaces abstraits ou geometriques. Ce sont des espaces de nature et d’humanite, de paysages et de populations, mais habites par une atmosphere qui les deborde : ils renvoient a ce que, faute d’autre qualificatif, nous appelons le sacre. Ces espaces ne sont pas de simples lieux de culte ou endroits de reunion, mais des lieux epiphaniques de spiritualite qui suscitent, evoquent et promettent des chemins de rencontre avec le sens ultime de toute chose.