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Au temps de Babylone

Auteur : Henry W.F. Saggs

Traducteur : Denis-Armand Canal

Date de saisie : 18/01/2008

Genre : Histoire

Editeur : Oxus, Paris, France

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-84898-105-5

GENCOD : 9782848981055

Sorti le : 15/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 19/01/2008

Au temps de sa splendeur, Babylone jouissait d’une reputation legendaire dans le monde mediterraneen. On vantait ses merveilles : ses remparts -les plus grands du monde – ses obelisques, ses temples, ses superbes bas-reliefs et, merveilles des merveilles, ses jardins suspendus. La cite de Hammurabi, de Nabuchodonosor, des cent dieux et mille heros-rois, vit, en 323 avant J.-C., mourir le grand Alexandre contemplant ce qui demeurait encore de l’image du Paradis.

Un Paradis perdu, longtemps enfoui dans les sables, mais dont la dimension mythique avait franchi les siecles. Jusqu’a il y a cent cinquante ans, quand archeologues et chercheurs entreprirent de mettre au jour monuments et oeuvres d’art, de dechiffrer les tablettes cuneiformes, de reconstituer la ville fabuleuse et l’histoire d’un des empires les plus prestigieux que le monde ait connu.

Et l’on sait maintenant qu’il y a cinq mille ans, deux peuples. Akkadiens et Sumeriens, unis par un commun desir d’aller plus loin, ont commence l’epopee dont nous sommes issus. Ils ont invente, siecle apres siecle, une maniere de croire et de penser, l’ecriture, la litterature, les sciences. Ils ont assure une organisation administrative, tente d’etablir la justice et l’equite. Ils ont veritablement faconne le berceau de notre civilisation, cree des bases essentielles de notre culture.

Henry W. F Saggs, professeur a l’universite de Cardiff, est l’auteur de nombreux ouvrages sur les civilisations anciennes. C’est un des meilleurs specialistes de la Mesopotamie et son livre peut etre considere comme une somme sur cette civilisation surgie presque miraculeusement de l’oubli.

  • Les courts extraits de livres : 19/01/2008

LA REDECOUVERTE DE BABYLONE

Babylone – l’antique Babel – represente, avec Athenes et Rome, l’un des grands ancetres culturels de la civilisation occidentale. La ville a ete fondee au IIIe millenaire avant J.-C. sur les bords de l’Euphrate, dans ce qui est actuellement l’Irak, et elle est devenue, au IIe millenaire, la capitale du sud de la region, desormais appele le pays de Babel, la Babylonie. Au sens strict du terme, il est donc anachronique de parler de Babylone et de Babyloniens avant le debut de ce IIe millenaire. Toutefois, la plupart des caracteristiques qui definissent le mode de vie babylonien, telles que l’ecriture, l’urbanisme et les lois ecrites, ont connu leurs origines aux IVe et IIIe millenaires, de sorte que l’on peut considerer les proto-Babyloniens depuis une date beaucoup plus ancienne.
Le terme d’Irak possede des connotations politiques et nationalistes facheuses qui le rendent inadequat dans la plupart des contextes, lorsque l’on parle de civilisation ancienne. On lui a donc prefere le nom de Mesopotamie, mot plus ancien et d’origine grecque, qui signifie litteralement pays-entre-les-fleuves !. Les cours d’eau en question sont le Tigre et l’Euphrate : nes tous les deux dans les montagnes de l’Anatolie orientale, ils coulent parallelement en direction du sud ou du sud-est pendant (respectivement) 2 033 et 2 720 kilometres, avant de se joindre au Karoun, venu du sud-ouest de l’Iran, pour former le Shatt el-Arab, qui debouche sur le golfe Persique.
L’Euphrate et le Tigre fournissent au sud de la Mesopotamie un systeme de communication aise, dans une region limitee a l’ouest par le desert, a l’est par les montagnes. Au nord-ouest, a proximite de l’actuelle Alep, l’Euphrate coule a quelque 160 kilometres de la Mediterranee, que l’on peut atteindre par des pistes dotees de bons points d’eau, sauf au coeur de l’ete. Les vallees des affluents nombreux etendent et ramifient les lignes de communication ; les plus importants sont les deux Zab et la Diyala, qui se jettent dans le Tigre, et le Habour, tributaire de l’Euphrate. La vallee du Karoun est egalement importante, ce fleuve ayant partage jusqu’au Xe siecle de notre ere un estuaire commun avec la Karkheh, venue des monts du Zagros et de la plaine de Suse. Depuis les temps prehistoriques, ce systeme de rivieres et de vallees a mis le sud-ouest de l’Iran en relations etroites avec le sud de la Mesopotamie. L’importance de cette region est capitale dans l’histoire ancienne, comme le montre le nom d’Arabistan, autre appellation de la province que les Iraniens nomment le Khouzestan [le pays-de-la-canne-a-sucre, N.d.T.], au sud-ouest de leur pays.
La Mesopotamie a une frontiere naturelle au nord, la ou ses deux fleuves emergent du piemont anatolien, dans le Taurus oriental, juste au nord d’un arc allant d’Urfa [jadis Harran, puis Edesse, actuellement en Turquie, N.d.T.] a Mossoul (l’ancienne Ninive, en Irak). Le pays se partage en secteurs nord et sud, nommes Assyrie et Babylonie a compter du IIe millenaire. La region du Karoun et de la Karkheh etait appelee Elam ou Susiane, du nom de sa capitale Suse. Dans cet ouvrage, nous utiliserons les termes d’Assyrie et de Babylonie, sans consideration d’anachronismes eventuels.
Le nord et le sud de la Mesopotamie different aussi bien par leur climat que par leurs ressources naturelles. Le Nord possede de la pierre et des minerais et il recoit, sur la majeure partie de son etendue, assez de pluie pour faire pousser le ble. Le Sud, qui commence aux alentours de Hit sur l’Euphrate et de Baghdad sur le Tigre, s’etend jusqu’au delta commun des deux fleuves. Partout, le sol est fait de limon alluvial ; la pierre fait presque totalement defaut jusque dans le desert occidental, et les precipitations, avec moins de 150 millimetres par an, sont insuffisantes pour entretenir une couverture vegetale permanente. Toutefois, la region n’est pas aride, en raison meme de la presence des deux fleuves. Les rives sont bien irriguees et cultivees, avec des rideaux de saules et de peupliers, des touffes d’herbe, de joncs et de tamaris. Entre Nasariyah sur l’Euphrate et Amara sur le Tigre, c’est une vaste etendue de marais avec des ilots de roseaux geants et des lacs pleins de poissons et d’oiseaux aquatiques. Partout ou des canaux apportent l’eau des fleuves, la vegetation peut etre luxuriante – mais cette luxuriance est aujourd’hui l’exception. La plus grande partie de cette region, faute d’irrigation, est devenue un desert, sauf dans les quelques heures qui suivent les orages de printemps. C’est la, pourtant, dans une region plus petite que le New Jersey, que la civilisation a commence.
Les ruines de la plupart des antiques cites se trouvent aujourd’hui dans des regions franchement arides, de sorte que l’on pourrait s’etonner de voir la civilisation debuter dans de telles conditions d’adversite. En fait, il n’en fut rien : chaque ville ancienne de la Mesopotamie meridionale etait situee sur un canal important ou sur un bras de l’Euphrate, qui se sont detournes ou asseches depuis.