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Autour de L’epervier de Maheux : etudes, portraits et temoignages

Preface : Serge Velay

Date de saisie : 16/01/2008

Genre : Litterature Etudes et theories

Editeur : Domens, Pezenas, France

Collection : Cahiers Jean Carriere, n 1

Prix : 19.00 / 124.63 F

ISBN : 978-2-915285-93-2

GENCOD : 9782915285932

Sorti le : 12/12/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/01/2008

Cahiers Jean Carriere
Numero 1 – Novembre 2007

Autour de L’Epervier de Maheux Etudes, portraits et temoignages

Ne en 1928, disciple de Jean Giono, Jean Carriere est laureat du Goncourt 1972 pour L’Epervier de Maheux, paru chez Jean-Jacques Pauvert. S’en suivent un triomphe et un malentendu : Le pire, ecrira-il plus tard dans Le Prix d’un Goncourt, c’etait d’etre propulse, par la faute de ce succes excessif et brutal, dans une categorie d’ecrivains qui n’etait pas la mienne. Salue par la critique, le roman a emporte aussi l’adhesion d’un large public. Cette chronique tragique et splendide d’une famille cevenole sonnait-elle la naissance d’un ecrivain metaphysique ou la fin du roman regionaliste ? On a souvent confondu le nom de l’auteur avec celui d’un prix. Et son oeuvre, romanesque et critique, a ete occultee par le grand livre qui lui avait apporte le succes. A propos de Jean Carriere, disparu en 2005, Julien Gracq ecrit : La vraie litterature ne trouve plus guere de combattant aussi fougueux et aussi completement engage en elle. Outre des textes inedits de l’auteur, cette premiere livraison des Cahiers Jean Carriere reunit des portraits et des temoignages, ainsi que des etudes sur une oeuvre a redecouvrir.

Ont participe a cette livraison

Charles Akopian, Madeleine Attal, Bernard Blangenois, Michel Boissard, Stephane Bonnefoi, Jean Boulet, Olivier Boura, Patrick Cabanel, Francois Capelier, Emmanuel Carriere, Julien Carriere, Jean Cevenne, Christine Chollet-Bloch, Philippe Chuyen, Pierre Dupuy, Jacques-Olivier Durand, Christian Estebe, Jerome Garcin, Jacques Hebrard, Michel Jeury, Alain Journet, Robert Laffont, Roger Le Marc, Jean-Charles Lheureux, Jean-Louis Meunier, Francois-Bernard Michel, Jean-Pierre Milovanoff, Jean-Jacques Pauvert, Jean-Paul Pelras, Raphaelle Rerolle, Auguste Roustan, Francoise Saint-Pierre, Frederic Jacques Temple, Serge Velay.

  • Les courts extraits de livres : 17/01/2008

Vingt raisons de te rejouir
Robert Laffont

1) Tu t’appelles Jean Carriere.
2) La fierte de ce nom n’est due qu’a toi-meme.
3) Sur des milliards d’individus, combien possedent cette richesse ?
4) Tu fais le metier que tu as choisi, un des plus beaux du monde, et tu peux toujours l’emporter avec toi.
5) Tu as une femme charmante et belle qui est entierement devouee a ton bien-etre et ton bonheur.
6) Tu as des enfants solides qui t’entourent avec un amour admiratif.
7) Tu as une famille, souvent pesante comme bien des familles, mais tu en es le centre et non le rameau rejete.
8) Tu dois bien sur aider tes enfants : c’est une joie.
9) En aidant les autres, ce qui n’est pas une obligation, tu tires certainement du plaisir a montrer ta generosite. (C’est une revanche que tu prends, ne te montre donc pas doublement pigeon en t’en plaignant.)
9) Tu vis dans un pays beni des Dieux.
10) Tu as evite l’erreur fatale qu’eut ete l’echange de ton domaine de Domessargues contre un minuscule appartement et la foule de la Grande-Motte.
11) Tu as une piscine pour toi seul.
12) Ton rayonnement t’attire une masse d’admirateurs (voir courrier).
13) Tu es entoure d’amis fideles.
14) Tu es suppleant d’un depute, ce qui entraine une reconnaissance publique agreable.
15) Tu n’es pas riche mais tu es loin d’etre pauvre : deux maisons plus un capital-livres publies, encore riche de possibilites (adaptations, traductions, cinema).
16) Tu vis sur ton talent, il ne depend que de toi d’en etre bon gestionnaire, tu ne depends pas de decisions hierarchiques arbitraires.
17) Tu sais que tu peux compter a fond sur ton editeur.
18) Tu aimes les voyages et tu peux voyager sans bourse delier.
19) Tu as connu bien tard l’Amerique – mais tard par rapport a quoi ? – et tu es sur de pouvoir y retourner. (Combien peuvent en dire autant ?)
20) Tu es accable d’une serie de maux peripheriques mais ton organisme est sain ; et qui plus est, tu as a tes cotes un medecin ami, de grande qualite et en permanence a ton ecoute. (Combien d’etres au monde disposent de cette richesse ?)
Conclusion. Ouvre tes fenetres et regarde la vie et les autres. Tu vis confine dans une atmosphere irrespirable, confine en toi-meme aussi. Lorsque tu auras fait la somme de tes plus et de tes moins, tu apprendras que tu n’as pas tire le plus mauvais numero. Enfin, il y a deux facons de vieillir : l’une, en tirant toute son energie de soi-meme et en allant jusqu’a l’usure et au degout ; l’autre, en rassemblant la somme de toutes les experiences contradictoires et en compatissant avec les autres comme avec soi-meme, pour parvenir a la serenite.
Robert

En relisant, quinze ans plus tard, cette lettre adressee a Jean qui traversait une periode de grande depression, je me sens un peu confus par sa forme et son cote peremptoire, alors que je m’adressais a un etre plein de poesie et d’humanite. Et pourtant, il m’a assure plus tard qu’elle l’avait aide.
C’est qu’il n’est pas facile de continuer son chemin d’ecrivain quand, des le depart, on a recu le prix le plus convoite de tous : le Goncourt. Il s’en est lui-meme explique dans le livre que nous avons publie en 1989 : Le Prix d’un Goncourt. Ayant connu prematurement la celebrite, il ne pouvait que souffrir de voir que son premier succes avait beaucoup plus tenu au choix de quelques critiques qu’a l’adhesion massive de ses lecteurs.
Homme spirituel et vrai, Jean vivait dans une grande proximite avec la nature. Il etait aussi sensible a l’harmonie universelle que passionne par la musique.
J’ai passe aupres de lui, et de sa femme, des moments intenses. Nous les rejoignions l’ete dans un chalet proche de leur residence dans les Cevennes, ou nous goutions un bain de nature et de poesie. Une fois, nous nous sommes embarques, Jean, Francoise et quelques amis, sur une peniche et nous avons remonte les canaux jusqu’au centre de la France. Ce furent des moments de grande serenite que seuls quelques incidents mecaniques et de grands rires reussirent a perturber.