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Avant le matin

Couverture du livre Avant le matin

Auteur : Jacques Chessex

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-246-70481-2

GENCOD : 9782246704812

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  • Les presentations des editeurs : 14/05/2006

Poete, essayiste, romancier, peintre, Jacques Chessex est l’auteur d’une oeuvre importante ou l’on retient, entre autres, les romans suivants : L’Ogre (1973, Prix Goncourt, publie dans Les Cahiers Rouges), La Trinite (1992), Monsieur (2001), L’Economie du ciel (2003), L’Eternel sentit une odeur agreable (2004). La transgression est au coeur de l’oeuvre de Jacques Chessex. Mais peut-il y avoir un plus grand peche qu’aimer d’amour charnel une sainte ? Le narrateur, mediocre professeur chasse de l’enseignement, archiviste congedie puis journaliste sans travail, croise le chemin d’Aloysia Pia Canisia Piller, dite Canisia, un jour de 1980 a Fribourg. Il la suit dans la cite medievale et catholique ou il surprend les secretes amours de l’abbesse Canisia avec les rebuts de l’humanite. Pour elever les hommes vers Dieu, tel le baiser aux lepreux, elle s’abaisse, se donne, et plus elle est souillee, mieux elle est sanctifiee. Il en devient le confident, peut-etre l’amant, et contemple en egare le double visage illumine de la decheance et de l’elevation : Les saints ne savent pas qu’ils sont saints et ils marchent vers leur apotheose. Apres la mort de l’abbesse, le narrateur se refugie au creux d’un vallon, comme un janseniste a Port-Royal, dans une maison ou deux femmes veillent jalousement sur lui : Lydie, la petite fouine du diable, et l’intendante Madame Grivet. Hante par le souvenir de la Sainte, fievreux de coupables etreintes avec la sensuelle Lydie, certain d’un secret qui pese sur ce lieu, il en vient a se persuader qu’il faut immoler les femmes pecheresses par le feu. En cherchant Dieu, on trouve le diable. C’est la chance de la folie d’errer entre sepulcre et ciel resume l’auteur. Prose en couronne d’epines qui nous griffe, magnifique dans l’evocation d’une femme a genoux transfiguree par le don de soi, ce roman flamboyant, tout a la fois d’un christianisme pacifie et exaspere, confirme que Jacque Chessex est l’un de nos plus grands ecrivains.

  • La revue de presse Jean-Louis Ezine – Le Nouvel Observateur du 13 avril 2006

Depuis quelques annees, l’ecrivain Jacques Chessex, longtemps fete comme auteur de l’Ogre, l’un des plus marquants prix Goncourt de l’histoire (1973), a fait voeu de se desencombrer, comme il dit joliment. Un verbe plutot rare, a son image, et tombe en desuetude depuis les coleres flamboyantes de Leon Bloy evoquant la necessite de desencombrer la voie publique des immondices. Ce n’est sans doute pas un hasard : il y a du Leon Bloy chez Jacques Chessex, quelque chose d’un mystique fache avec son epoque. Ses immondices a lui, ce sont les vanites litteraires, la gloire eteinte, les passions mortes, les illusions, les annees de paresse, les voyages inutiles, les amities trompeuses ou decues, les amours enfuies, l’alcool aussi. De roman en recueil de poemes, l’auteur se desencombre de tout. De tout sauf de Dieu… Chessex l’heretique deploie ici les provocantes voluptes d’un ecrivain qu’on devine libre, certes, pour s’etre d’abord et longtemps maudit…

  • La revue de presse Louise Millon – L’Express du 6 avril 2006

Le poete vaudois, metamorphose en hagiographe, joue du scandale : Avez-vous deja regarde l’interieur du sexe d’une sainte ? Celle dont il transcrit la vie et partage le lit frequente avec ravissement la boue et le sperme… c’est dans l’infame que brille l’immaculee. Chessex fait appel a Sade et a saint Thomas, a Bataille et a saint Augustin dans ce recit intensement paradoxal, qui herisse souvent, mais toujours epoustouflant…

  • La revue de presse Alice Ferney – Le Figaro du 6 avril 2006

les ames religieuses ont peur de la vie parce qu’elles l’aiment. L’oeuvre de l’ecrivain suisse Jacques Chessex, ses propos dans les entretiens, ce que l’on imagine d’un cheminement interieur et d’une vie construite pour lui etre propice, contredisent d’une eclatante maniere cette phrase de Francois Mauriac. Et cela fait plaisir comme une reconciliation. Avant le matin, dernier ouvrage paru, eblouit, illumine son lecteur, le fait sourire et meme rire, et mediter. Dans une societe qui produit des questions aussi humiliantes que Comment perdre sa cellulite en quinze jours ? ou Qui veut gagner des millions ?, Jacques Chessex nous demande Qui dira les chemins de la saintete ?, s’interroge Qui veut de moi que je fasse le mal ?, et raconte : quel effet cela fait-il a un homme d’aimer charnellement une sainte ? Il suffit de le lire et de lui dire merci.

On craindrait en resumant trop prosaiquement son beau livre de defaire ce noeud lumineux du desir erotique et du desir de Dieu.

Il y a… dans ce roman un charme lustral, comme un vent entre les lignes…