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Aventures extraordinaires (1911-1921). Lettres d’Abyssinie. Lettres de la mer Rouge. Lettres d’Egypte, Arabie, Erythree, Inde et autres lieux

Couverture du livre Aventures extraordinaires (1911-1921). Lettres d'Abyssinie. Lettres de la mer Rouge. Lettres d'Egypte, Arabie, Erythree, Inde et autres lieux

Auteur : Henry de Monfreid

Date de saisie : 07/06/2007

Genre : Recits de Voyages

Editeur : Arthaud, Paris, France

Collection : Classiques Arthaud

Prix : 32.00 / 209.91 F

ISBN : 2-7003-0000-9

GENCOD : 9782700300000

Sorti le : 15/05/2007

  • Les courtes lectures : Lu par Joachim Salinger – 07/06/2007

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Joachim Salinger – 07/06/2007

  • Les presentations des editeurs : 08/06/2007

Depuis Les Secrets de la mer Rouge, Henry de Monfreid (1879-1974) est devenu la reference en matiere de litterature d’aventure. En quarante ans il a ecrit plus de soixante-dix ouvrages ou la mer, l’Afrique de l’Est, l’Arabie ou le Yemen sont a toutes les pages. Mais il a aussi ecrit des centaines de lettres et des journaux de bord passionnants a plus d’un titre qui racontent de l’interieur ses multiples vies : contrebande d’armes, commerce de haschich, de cuirs ou de cafe, peche des perles, de l’Egypte a l’Inde. Dix ans (1911-1921) d ecriture qui nous transportent dans le feu de l’action. Dix ans d’avenrures incroyables et extraordinaires, en pleine guerre, ou la mer Rouge demeure l’un des lieux les plus emblematiques de son parcours.

Les lettres du troisieme volet de cet ouvrage etaient jusqu’a ce jour inedites.

Commentaires et notes de Guillaume de Monfreid

  • Les courts extraits de livres : 01/06/2007

Suez, 16 aout 1911
15 aout, 13 heures

Je debarque a Port-Said pour mettre a la poste mon premier courrier pour la France. Quelle ville !… la vraie patrie du marchand de cacahouetes : on y vend de tout, et on y parle toutes les langues ; c’est un melange de francais, d’anglais et d’espagnol ou plutot d’italien. On est oblige de faire le coup de poing pour se debarrasser des porteurs, marchands, guides, procureurs (pas de la Republique), etc. J’ai visite le quartier egyptien, d’une salete pyramidale.
Les types d’hommes et de femmes y sont remarquables, j’envoie une ceinture a Agnes’ et je rentre a bord. A 19 heures, nous enfilons le canal qui s’enfonce dans un desert de sable en compagnie de la voie ferree ou je vois filer quelques express. La nuit vient, on allume le projecteur et son faisceau lumineux eclaire etrangement les deux interminables remblais blancs qui bordent ce grand canal large de 60 metres.
Je m’endors sur la tente du gaillard d’avant (ma couchette habituelle) et au petit jour je m’eveille a l’entree d’un de ces lacs qui se sont fermes dans les territoires en contrebas de la mer, lors de l’ouverture du canal. Il est immense, ce lac : 40 kilometres de long sur 30 de large ; on se croirait en pleine mer ; apres deux heures de marche, le canal se resserre. A gauche un desert de terre sablonneuse qui s’etend a perte de vue avec quelques monticules que le soleil oblique decoupe nettement. C’est le desert qui donne cette effarante impression de la terre ou rien ne vit. On a l’impression de regarder un paysage lunaire.
A droite : une longue ligne de dattiers cotoie le canal maritime, ce sont les bords du canal d’irrigation qui va du Nil a Suez. Je vois une serie de douars entoures de palmiers et de plantations d’alpha avec des troupes d’anes gris et de chameaux. Puis voici une gare (du service du canal) avec son semaphore : ce sont de jolies maisons propres ombragees de tamarix, de dattiers et d’eucalyptus, il y en a ainsi cinq ou six le long du canal. L’horizon est barre par une longue chaine de montagnes d’un rose groseille. Enfin a 9 heures Suez, la mer Rouge d’un bleu intense et nous jetons l’ancre en rade. A bord nouvelle invasion des marchands de raisins de Jerusalem, de pasteques, figues de barbarie, etc. Le vent du nord se leve en brise douce ; a midi nous levons l’ancre et nous filons vent arriere sans un poil d’air sous un soleil a fondre du plomb.