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Bad monkeys

Auteur : Matt Ruff

Traducteur : Laurence Viallet

Date de saisie : 01/03/2008

Genre : Romans et nouvelles – etranger

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Domaine etranger

Prix : 13.50 / 88.55 F

ISBN : 978-2-264-04596-6

GENCOD : 9782264045966

Sorti le : 07/02/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Damien de la librairie DEVELAY a VILLEFRANCHE SUR SAONE, France – 01/03/2008

Jane Charlotte travaille pour une organisation secrete visant a eliminer les Bad monkeys, des etres malfaisants. Il s’agit toutefois de la version qu’elle donne au psychiatre charge de l’examiner. Et alors qu’elle entame le recit de sa vie, celui-ci devra entrer dans son jeu (et le lecteur avec lui) pour demeler les enjeux de cette histoire invraisemblable.
Dote d’un humour decale, pas toujours evident a deceler, Ruff rappelle Philippe K. Dick par sa capacite a entrainer le lecteur dans un monde oscillant entre imaginaire, fantastique et delire paranoiaque : complots gouvernementaux, societes secretes, luttes d’influence, manipulations a tous les etages……
Tout y passe dans ce roman passionnant de bout a bout jusqu’a l’excellent final qui apporte un eclairage nouveau a toute l’histoire et laisse le lecteur s’interroger sur tout ce qu’il vient de lire et sur les conclusions qu’il en avait tirees.
Un auteur a suivre !

  • Les presentations des editeurs : 28/01/2008

De nos jours, dans un monde qui ressemble comme deux gouttes d’eau au notre et qui pourtant n’est pas tout a fait le meme… Jane Charlotte est arretee en flagrant delit, pour un meurtre qu’elle vient de commettre. Au commissariat, elle raconte aux inspecteurs une histoire invraisemblable : elle ferait partie d’une organisation secrete dont la mission serait de se debarrasser des Bad Monkeys, les etres malfaisants qui ont echappe a la justice. Son aveu la conduit tout droit a la prison de Las Vegas, dans l’aile psychiatrique, ou elle est interrogee par un medecin. Jane Charlotte entame alors le recit de sa vie : son adolescence chahutee, son recrutement par l’organisation, ses premieres missions… Impossible de demeler dans ses propos le vrai du faux, le delire de la realite… jusqu’a l’etonnant coup de theatre final.

Matt Ruff, 40 ans, a grandi a New York ou il a beneficie d’un casting de profs prestigieux : Frank McCourt et Allison Lurie. Il aime se frotter a des genres divers et a deja publie deux romans tres differents : Un requin sous la lune (Le Masque – Folio SF) et un thriller delirant La proie des ames (Le Seuil – Points). Bad Monkeys parait dans plusieurs pays (Angleterre, France, Italie, Allemagne, Hollande, Bresil). Il vit aujourd’hui a Seattle.

Ruff a cree un univers qui n’est pas sans rappeler celui de Philip K. Dick. On y croise aussi l’ombre de Jim Thompson et de Thomas Pynchon.

The New York Times !

Bad Monkeys est comme un chateau de cartes construit par un fou de vitesse : ca va a toute allure et on s’attend a ce que ca s’ecroule a tout moment, mais ce n’est jamais le cas. Une joie cerebrale d’un bout a l’autre et un final qui vous laissera completement K.O.

Publishers Weekly

Traduit de l’americain par Laurence Viallet

  • Les courts extraits de livres : 28/01/2008

La piece blanche

C’est une salle qu’un auteur dramatique en manque d’inspiration aurait pu imaginer, les yeux rives sur sa page blanche : des murs blancs. Un plafond blanc. Un sol blanc. Pas completement depouillee, mais assez pour que les rares elements du decor laissent pressentir qu’ils tiendront un role crucial dans la piece qui va se jouer.
Une femme est assise sur l’une des deux chaises alignees contre une table blanche rectangulaire. Ses mains sont menottees devant elle ; elle est vetue de la combinaison orange des detenus, dont la couleur vive parait terne dans toute cette blancheur. Un homme politique sourit sur une photographie accrochee au mur, au-dessus de la table. De temps a autre, la femme leve les yeux vers la photo ou vers la porte qui est l’unique issue de la piece, mais en general elle ne quitte pas ses mains du regard et attend.
La porte s’ouvre. Un homme en blouse blanche entre, apportant de nouveaux accessoires : un dossier et un magnetophone.
– Bonjour, dit-il. Jane Charlotte ?
– Elle-meme.
– Je suis le Dr Vale.
Il ferme la porte et s’approche de la table.
– Je suis ici pour vous poser quelques questions, si vous etes d’accord.
Comme elle hausse les epaules, il demande :
– Savez-vous ou vous etes ?
– Sauf s’ils ont deplace la salle… Puis :
– Dans la prison de Las Vegas. L’aile des barjots.
– Et vous savez pourquoi vous etes ici ?
– Je suis en prison parce que j’ai tue quelqu’un que je n’etais pas censee tuer, repond-elle, impassible. Quant a savoir pourquoi je me trouve dans cette piece avec vous, j’imagine que ca a un rapport avec ce que j’ai raconte aux policiers qui m’ont arretee.
– Oui.
D’un geste de la main, il designe la chaise vide.
– Puis-je m’asseoir ?
Nouveau haussement d’epaules. Il s’assoit. Rapprochant le magnetophone de ses levres, il recite :
– 5 juin 2002, aux environs de 9 h 45. Ici le Dr Richard Vale, en conversation avec la patiente Jane Charlotte… Ou habitez-vous, actuellement ?
– Eh bien, en ce moment, je n’ai pas vraiment de chez-moi.
-… sans domicile fixe.
Il pose le magnetophone, qui reste allume, sur la table, et ouvre le dossier.
– Bon… Vous avez dit aux policiers qui vous ont arretee que vous travailliez pour une organisation secrete de lutte contre la criminalite, les Bad Monkeys.
– Non, dit-elle.
– Non ?
– Nous ne luttons pas contre la criminalite, mais contre le mal. Il y a une difference. Et les Bad Monkeys, c’est le nom de mon departement. L’organisation dans son ensemble ne porte pas de nom, pour ce que j’en sais. C’est simplement l’organisation.
– Et qu’est-ce que cela signifie, Bad Monkeys ?
– C’est un surnom, dit-elle. On en attribue un a tous les departements. Les appellations officielles sont trop longues et trop complexes pour etre employees autrement que sur du papier a en-tete, donc on leur trouve des diminutifs. Par exemple, pour la branche administrative, officiellement il s’agit du Departement pour l’optimalisation de l’utilisation des ressources et du personnel, mais tout le monde appelle ca Couts-Benefices, tout simplement. Et quant au pole de renseignements, il s’agit du Departement de surveillance omnipresente et intermittente, or, dans la conversation, on parlera juste du Panoptique. Et puis il y a ma division, le Departement des dispositions finales relatives aux individus irrecuperables…
– Les individus irrecuperables. Le docteur sourit.
– Les Bad Monkeys.
– Tout a fait.