Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Banal oubli

Auteur : Gary Victor

Date de saisie : 22/09/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Vents d’ailleurs, La Roque-d’Antheron, France

Prix : 16.00 / 104.95 F

ISBN : 978-2-911412-54-7

GENCOD : 9782911412547

Sorti le : 22/09/2008

Acheter Banal oubli chez ces libraires independants en ligne :
L’Alinea (Martigues)Dialogues (Brest)Durance (Nantes)Maison du livre (Rodez)Mollat (Bordeaux)Ombres Blanches (Toulouse)Sauramps (Montpellier)Thuard (Le Mans)

  • Le choix des libraires : Choix de Lionel Daubigney de la librairie AUX VENTS DES MOTS a GARDANNE, France (visiter son site) – 11/06/2009

Un roman bouillonnant, foisonnant qui se lit comme un roman policier : un ecrivain qui “s’oublie” dans un bar, des personnages qui las de subir leurs destins cherchent a s’en emparer, et bien sur des meurtres en serie…. Imaginez Jasper Fforde qui reecrit “Docteur Jeckyll et Mr Hyde” en Haiti. Excellent !

Extrait : “Vainqueur ou vaincu, surtout vaincu, ne laisse a quiconque, pas meme a Dieu, le soin d’ecrire ton histoire. Sinon, a la douleur de la douleur, s’ajouteront celle de l’oubli et du mensonge.” [p172]

  • Les presentations des editeurs : 04/10/2008

Ne a Port-au-Prince, Gary Victor est incontestablement l’un des auteurs les plus lus en Haiti. Outre son travail d’ecriture, il est aussi scenariste pour la radio, la television et le cinema. Ses creations explorent sans complaisance le mal-etre haitien pour tenter de trouver le moyen de sortir du cycle de la misere et de la violence. Il a obtenu en 2003 le prix du Livre insulaire pour A l’angle des rues paralleles, en 2004 le prix RFO pour Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin et le prix Caraibe 2008 de l’Adelf pour Les Cloches de La Bresilienne.

Pierre Jean, ecrivain, cherche l’inspiration pour son nouveau roman. Ebranle par la rupture avec sa maitresse Alicia, il se console en buvant quelques gins tonics Chez James. Quittant le bar au petit matin, il a la desagreable impression d’oublier quelque chose.

La verite explose dans ma tete. Je chute dans un gouffre. Mon coeur fait un sprint soudain. Ses battements rapides sont des coups de poing douloureux dans ma poitrine. Je demarre, faisant en catastrophe marche arriere, evitant de justesse une voiture circulant tous feux eteints. Je fonce a une vitesse folle dans les rues obscures. J’ai le corps trempe d’une sueur froide. Un oubli pareil, c’est la premiere fois que cela m’arrive. Je gare la voiture en double file sans me preoccuper d’une possible contravention. Je descends, je cours vers le bar, pousse la porte. […] Je scrute chaque recoin de la salle. Je ne sens plus le sol sous mes pieds. Je dois prendre appui d’une main sur la table la plus proche. Je respire profondement avant de m’avancer vers James qui range ses verres. – Je me suis oublie ici, lui dis-je.

Ainsi debute une histoire extraordinaire, epoustouflante, ou l’ecrivain se voit progressivement depossede de son histoire par le personnage principal. Celui-ci conteste la dictature des createurs pour defendre la devise : Vainqueur ou vaincu, surtout vaincu, ne laisse a quiconque, pas meme a Dieu, le soin d’ecrire ton histoire.

  • Les courts extraits de livres : 04/10/2008

Alicia me claque la porte au nez. Mes stigmates se mettent soudain a saigner. Des gouttes d’un sang epais s’agglutinent autour de mes plaies pourtant depuis longtemps cicatrisees. La douleur fuse a travers mon reseau nerveux pour venir exploser dans mon cerveau, me tetanisant pendant quelques secondes. Je suis statufie au beau milieu du long couloir aux murs nus, barbouilles de graffitis obscenes et d’injures adressees au president de la Republique. Je devine les rideaux aux fenetres de l’appartement d’Alicia qui s’ecartent imperceptiblement. Je ressens le dard du regard haineux de la femme qui se disait amoureuse de moi. Cela me donne le courage de me propulser hors de ma douleur. Je resiste a la charge furieuse de mes souvenirs. Je fais la vision du crane d’Alicia defonce par ma rage. Je me dis que donner la mort peut etre, dans ce cas, une preuve d’amour. Alicia ne merite pas cela. Je m’avance d’un pas devenu lourd et hesitant, mon ombre grimacant de douleur sous le balayage railleur de la lumiere d’une ampoule se dandinant au plafond par l’effet d’un courant d’air. Je sors dans la cour eclairee crument par un projecteur accroche au sommet d’un mirador cense proteger l’entree du complexe. Je m’arrete a nouveau. Mon sang tombe sur le sol en perles epaisses. Je comprends, affole, que je dois foncer vers le plus proche hopital. Si on ne stoppe pas rapidement l’hemorragie, je vais me vider de mon sang. Je vois avec horreur deux chiens se precipiter vers les petites flaques de sang pour les lecher avec avidite. L’un des chiens prend le visage d’Alicia, l’autre celui de Beniswa, l’homme qui avait fait de mon enfance un cauchemar.