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Bernard Buffet : le samourai

Auteur : Jean-Claude Lamy

Date de saisie : 20/03/2008

Genre : Biographies, memoires, correspondances…

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Prix : 22.00 / 144.31 F

ISBN : 978-2-226-18080-3

GENCOD : 9782226180803

Sorti le : 30/01/2008

  • Les presentations des editeurs : 21/03/2008

Le 4 octobre 1999, Bernard Buffet se suicide dans sa propriete du Midi. Son nom est imprime sur toute la surface du sac en plastique noir qui recouvre son visage. Ultime signature, derniere touche a sa prochaine exposition sur la mort. Une mort de samourai pour ce peintre encore aujourd’hui tres controverse.
Laureat a vingt ans du premier prix de la Critique, internationalement reconnu dix ans plus tard, Bernard Buffet est une des grandes figures artistiques du XXe siecle. Mais son succes et sa popularite n’etaient pas pour plaire aux partisans sectaires de l’art abstrait. Admirateur de Courbet, Delacroix, Van Gogh ou du baron Gros, il attaquait violemment les tenants de cette ecole. Soutenu par Giono, Aragon, Cocteau, Simenon ou Druon, deteste par Malraux, il n’a jamais cesse d’alimenter la polemique, de susciter les passions.

Jean-Claude Lamy devoile dans cette grande biographie le mystere et la vie de cet artiste tourmente aux amours sulfureuses. Buffet a incarne l’esprit rebelle des annees 1950-1960, dont ce livre restitue toute l’effervescence et le climat autour de personnages mythiques, comme Sagan, Vadim, Bardot…

Jean-Claude Lamy, journaliste et chroniqueur litteraire au Midi Libre, est auteur d’une quinzaine d’ouvrages, dont les biographies de Francoise Sagan, Pierre Lazareff, Rene Julliard et Jacques et Pierre Prevert, qui a obtenu la bourse Goncourt en 1997. Il a publie aux editions Albin Michel, Mac Orlan, l’aventurier immobile (Prix Cazes-Brasserie Lipp et Prix Mac Orlan), Brassens, le mecreant de Dieu, ainsi qu’un recueil de chroniques litteraires, La Comedie des livres.

  • La revue de presse Dominique Bona – Le Figaro du 20 mars 2008

Tres aime au Japon ou il a son musee au pied du mont Fuji et ou ses cendres furent dispersees, Buffet campe en samourai dans cette magistrale biographie. Soldat de la vie, homme libre et volontaire jusqu’a choisir lui-meme le jour et l’heure de sa mort. Ce fut le 4 octobre 1999 Buffet qui datait ses toiles s’etait jure de ne pas ecrire les deux zeros de l’an 2000. Le peintre cherchait un reconfort dans une aspiration mystique : ses crucifixions, ses representations de la vie du Christ en temoignent, mais aussi la dimension verticale de ses toiles tendues vers le ciel. Jean-Claude Lamy s’est attache a suivre cette piste, la moins connue, d’un Buffet habite par un au-dela inexprimable ce que Bertrand Poirot-Delpech, dans un dernier article avant de mourir, appelait l’ineffable capte. Le beau visage d’Annabel Buffet, nee Schwob de Lure, epousee a la mairie de Ramatuelle en 1958, puis dans la chapelle oratoire d’un de leurs nombreux chateaux, accompagne cette epopee tragique. On en retient l’image du peintre seul au milieu de tous, peut-etre contre tous, seul meme parmi ceux qui l’ont aime.

  • Les courts extraits de livres : 31/01/2008

En quelques minutes, le ciel devient si sombre que l’obscurite submerge l’avenue Matignon, a la hauteur de la galerie Maurice Garnier ou Bernard Buffet a les honneurs de la cimaise depuis des decennies. Il est quinze heures quarante.
Ce lundi 4 octobre 1999, dans l’apres-midi, le peintre met fin a ses jours a la Baume, sa maison de Tourtour, dans le Var. Une maniere sensible et parfaitement raisonnable d’echapper a l’incertitude. Buffet a choisi son heure. La conscience claire, il s’est dirige vers son atelier, la mort en tete.
S.A quatre heures, ne te voyant pas descendre, je me suis decidee a envahir ton antre une fois de plus. J’ai ouvert la porte, a raconte Annabel Buffet, son epouse. J’ai d’abord cru que tu etais simplement tombe. Une illusion de courte duree. Tu avais la tete dans un sac en plastique noir imprime de ton nom sur toute sa surface et soigneusement attache autour de ton cou par du scotch d’emballage. J’ai trouve les ciseaux avec lesquels tu taillais ta barbe dans la salle de bains. J’ai decoupe le sac en prenant soin de ne pas te blesser. J’ai vu ton visage apaise et souriant (…).
Deux ans plus tot, en octobre 1997, Annabel a ecrit le texte de presentation du catalogue de l’exposition qui devait se tenir a la galerie a partir du premier jeudi de fevrier de l’annee suivante. Vingt-six toiles consacrees a la maison de Tourtour dont une peinture de l’atelier qui, dans son depouillement, semblait annoncer la funeste decision. Alors qu’une photographie montrait l’atelier aussi vivant que la boutique d’un marchand de bric-a-brac, Buffet avait fait place nette sur cette toile ou planait deja un silence de mort. Mais a l’epoque on n’y a vu que du feu. C’etait encore le decor du bonheur.
Sensible a l’extreme, souligne Annabel, Bernard semble avoir trouve en ce lieu d’exception un refuge ou, a l’abri d’une societe qui le heurte par sa violence, il peut renouer avec sa passion de peindre, avec son gout pour la vie calme et, surtout, avec sa recherche de la serenite. Oui, cette maison dans laquelle il vous invite aujourd’hui est devenue la source ou il puise son energie. Et qu’il y soit bien m’ensoleille l’ame.
Ce 4 octobre 1999, le commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint Cyr roule a scooter avenue Matignon. Il fait assez beau mais le temps est froid. Tout a coup le ciel s’est obscurci et le vent s’est leve avec force. Cette tornade d’une brusquerie incroyable a failli me renverser. J’etais derriere un bus, a la hauteur de la galerie Maurice Garnier. Tout un echafaudage de l’immeuble voisin dont on ravalait la facade s’est effondre. Des gens ont ete legerement blesses. Un artiste russe qui avait fait mon portrait est passe a ce moment-la par hasard, sans etre touche par la chute des planches et des tubes metalliques. Quand je suis rentre chez moi, LCI m’a appele. Un de ses journalistes m’a annonce la mort de Bernard Buffet. Il voulait avoir mon temoignage et m’invitait dans les studios de la chaine d’information. “Je ne sais pas si vous croyez aux signes, lui ai-je dit en direct, sur le plateau, mais vers seize heures j’ai vecu cette chose incroyable alors que Bernard venait de se suicider. Comme si son esprit s’etait manifeste par une bourrasque aussi subite qu’etrange. Je trouve cette histoire hallucinante.” Maurice Garnier qui m’avait entendu a LCI me telephona pour me dire qu’il pouvait egalement temoigner du phenomene.
Lorsque Maurice Garnier est arrive a pied a la galerie depuis son domicile du Quai d’Orsay, il a constate ce changement de couleur du ciel : un bleu Klein qui vire au noir Soulages. Puis le fracas clair et violent de l’echafaudage qui s’ecroule. A dix-sept heures, c’est par un appel telephonique d’Annabel que j’ai appris la nouvelle. “Bernard s’est suicide”, me dit-elle. Pour moi, ce n’etait pas une surprise.
Le commissaire-priseur, qui a defendu a l’antenne l’oeuvre de Bernard Buffet et salue le travail de Maurice Garnier, recoit deux mois plus tard un nouveau coup de telephone du marchand : Nous avons ecoute tout ce qui s’est dit apres la mort de Bernard. Vous avez ete le seul a ne pas parler du marche et a faire ce lien emouvant entre la tornade et son deces. Ma femme et moi aimerions beaucoup dejeuner avec vous.

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