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Besancon : nature intime du temps

Couverture du livre Besancon : nature intime du temps

Auteur : Damien Guillaume | Nedim Gursel

Date de saisie : 15/09/2007

Genre : Guides Tourisme, Voyages

Editeur : Empreinte temps present, Paris, France

Collection : Cites dans le texte

Prix : 28.00 €

ISBN : 978-2-906405-93-6

GENCOD : 9782906405936

Sorti le : 15/09/2007

  • Les presentations des editeurs : 04/10/2007

Cadeau de Noel ideal pour tous ceux qui aiment, a travers la photographie, decouvrir la beaute d’un lieu et en particulier de Besancon, ce tres bel album est le fruit du travail conjoint d’un ecrivain et d’un photographe, premier volume de la collection “Cites dans le texte” qui associe texte et image. Cet ouvrage sur Besancon, “ville du temps”, offre un regard different sur la ville et permet d’en decouvrir les tresors caches. Il en exprime toute la nostalgie et tout le mystere.

Nedim Gursel est ne en Turquie. Il est actuellement directeur de recherches au CNRS et enseigne la litterature turque a l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans, nouvelles, essais et recits de voyages, pour la plupart traduits en francais et dans de nombreuses autres langues. Besancon est une ville qui a marque sa vie.

Damien Guillaume est bisontin. Photographe professionnel depuis quelques annees, il a contribue a la creation de la revue “L’atelier de Photographie Magazine” et prepare actuellement un livre sur Istanbul.

  • Les courts extraits de livres : 04/10/2007

D’abord, il y eut la riviere. La riviere exuberante s’ecoulant depuis un temps immemorial dans le lit profond qu’elle creusa a travers la roche tandis que se poursuivaient les mouvements tectoniques qui dessinaient la surface de la terre ; tour a tour, trouble ou transparente, lente ou rapide, arrosant ces terres et cette vaste etendue verdoyante de la plaine de la Saone et des montagnes du Jura avant de rejoindre une autre puis une autre riviere. Elle ne coulait pas en faisant mille courbes, en dessinant des meandres, elle ne modelait pas la nature comme on travaille un canevas, avec la patience d’une Penelope attendant son mari en quete d’aventures. Elle emportait tout sur son chemin, le trainait sans relache.
Puis un jour, elle se calma, elle finit, le temps passant, par s’installer dans son lit. Elle se mit a couler lentement par endroits, febrilement a d’autres, et ce faisant, telle une lourde meule, se mit a moudre le temps.

Apres des annees, des siecles, des millenaires, j’ignore a present si elle possede encore un moulin a aube. D’ailleurs, je ne souhaite pas le savoir. Mais apres avoir vu tout a l’heure au musee de la Citadelle, la facon dont la roue en bois se mettait en mouvement grace a ses rouages dentes et comment le cheval tournant en rond pour tirer l’eau du puits croyait avancer, je peux imaginer de quelle maniere la riviere faisait tourner la roue a aube. Plus elle tourne, plus les dents imbriquees tels les mecanismes d’une montre tournent elles aussi ; et le temps passe, tandis que les grains de ble sont broyes sous le poids de la meule. Ici, a Besancon, l’homme n’a pas seulement conscience du temps qui passe, il se sent aussi ecrase sous son poids.

De l’epoque glaciaire a la periode romaine, du Moyen-age a la domination espagnole, du temps ou le Roi Soleil s’empara de la ville jusqu’a nos jours, l’homme vit l’ensorcellement du passe pour reprendre une expression de Tanpinar. Parce que le temps a Besancon ne se limite pas a l’heritage historique de la ville, il se tapit dans l’histoire de l’eau et de la pierre qu’il a modelees au fil des jours.