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Biographie d’un inconnu

Couverture du livre Biographie d'un inconnu

Auteur : Fabrice Humbert

Date de saisie : 17/02/2008

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : le Passage, Paris, France

Collection : Litterature

Prix : 15.00 / 98.39 F

ISBN : 978-2-84742-110-1

GENCOD : 9782847421101

Sorti le : 03/01/2008

  • Le choix des libraires : Choix de Chantal Bonnemaison de la librairie COLOPHON a GRIGNAN, France – 13/02/2008

Thomas d’Entragues, la quarantaine, ecrit des notices biographiques insignifiantes, et quitte tres peu sa chambre. Il est embauche par Victor Dantes, riche, pour faire la bio de son fils, Paul Moreira-Dantes, qu’il ne connait pas. Thomas accepte. On le suit a travers la longue route, la rencontre de tous les personnages que Paul a cotoyes.
A commencer par sa mere, qui decrit la jeunesse et l’adolescence de Paul comme un enfant modele. Jusqu’a la fissure et la cassure. Paul a tout laisse en France, et est parti aux Etats-Unis, a Hollywood, dans le but de tourner le film tire du livre “Voyage au bout de la nuit”.
On le suit de lieu en ville, de travail en relation, jusqu’a la rencontre avec Laura. La il arrete brusquement de disparaitre, de s’effacer, de se dissoudre. Sa silhouette reprend a nouveau de la consistance. Mais Laura a 16 ans, et son pere est un riche et influent realisateur. La separation inevitable s’ensuit.
Et la disparition, la fuite de Paul reprend.
On suit en parallele les emotions, les souvenirs de Thomas.
Tout doucement une impression prend forme, un sentiment est distille par petite touche : Paul existe-t-il vraiment ? N’est-ce pas une illusion ? Paul et Thomas ne font-ils qu’une et meme personne ? Thomas le pourfendu ?
Jusqu’aux dernieres pages, ou Thomas finit par rencontrer Paul.
Thomas retourne a Paris, sa quete terminee, definitivement transforme.
Sur le theme de la recherche de soi, de la decouverte de soi en traquant l’autre, son double.

  • Les presentations des editeurs : 13/02/2008

Thomas d’Entragues, ecrivain rate devenu biographe de sportifs celebres, est charge par Victor Dantes, un riche entrepreneur, de retrouver la trace de Paul, son fils, parti de France avec le projet chimerique d’adapter a Hollywood le mythique Voyage au bout de la nuit de Celine.
Thomas s’envole pour New York, puis Los Angeles, avant de s’enfoncer toujours plus loin dans l’immense territoire americain. Peu a peu, il rencontre les hommes, et surtout les femmes, qui ont croise la route de Paul. Poursuivant sa recherche, Thomas se rapproche ineluctablement de cet inconnu, ce double de lui-meme. Et c’est ainsi qu’il apprend, derriere les lumieres d’Hollywood, la veritable histoire de Paul Dantes et de son amour pour Laura Follett.
L’histoire d’une disparition. Jusqu’au moment de la rencontre…

Fabrice Humbert est l’auteur de Autoportraits en noir et blanc. Biographie d’un inconnu est son deuxieme roman.

  • Les courts extraits de livres : 17/02/2008

S’il me fallait fixer un debut a cette histoire, dont les raisons profondes remontent sans doute bien plus loin, j’evoquerais cette marche, a l’aube, un jour de decembre, ou le ciel sembla s’ecraser sur moi. La pluie tombait sans discontinuer, d’une lourdeur sans pareille. Un ecroulement permanent qui n’etait pas sans souligner ma propre chute. Comme si ce jour-la, la bonde de la vie avait lache. Et voila que je tombais, tombais…
La tete baissee dans l’obscurite froide, je marchais. Je m’etais leve tres tot ce matin-la, ce qui m’arrivait rarement. Il m’avait fallu de longs moments, la veille, pour decouvrir mon reveil, range derriere des piles de vetements, et le preparer pour ce lever inaugural. Et voila que les yeux cernes et fatigues j’avancais le plus rapidement possible, camoufle dans mon manteau d’hiver.
Je passai devant un miroir bordant une vitrine. La pluie et la grisaille etaient si denses que je ne reconnus pas mon propre visage, dont les traits etaient comme haches et deformes. Sur le moment, ce ne fut rien, juste un passage fantomatique, sans consequence. Je le remarquai a peine. Mais lorsque j’y songe, cette inexistence en face d’un miroir etait a l’image d’une vie sans but, d’une absence a toutes choses. Meme les miroirs me refusaient…
J’avais pourtant un but ce matin-la. Ce n’etait pas une de ces journees sans fin, a la fois coupables et desoeuvrees, durant lesquelles je trainais, des tasses de the fumant a la main, dans le vain espoir d’accomplir mes besognes d’ecriture, larves livresques, pales echafaudages qui consistaient a reprendre des ouvrages de cuisine, a mettre en forme de vagues temoignages de sportifs connus pour sortir deux mois plus tard, en fanfare, l’autobiographie de tel ou tel footballeur. Je n’avais pas honte de mon travail, ce n’etait pas cela. Non, c’etait autre chose, un regret lancinant, un espoir enfoui d’autres ambitions. D’autres activites aussi – moins enfouies, moins miserables. Pas ces journees d’attente pour se mettre au travail, aligner des phrases banales dans un petit studio, avec le gout recuit du the dans la bouche.
Le fait est que, ce matin-la, Thomas d’Entragues, quarante-deux ans, rejeton lointain d’une noble famille, portant son nom comme un bouclier d’airain, marchait vers son destin, comme aurait dit mon dernier footballeur-ecrivain. L’editeur pour lequel je travaillais, Urien, m’avait propose d’ecrire une autobiographie – une de plus – dont le projet n’etait pas tres clair. Il s’agissait d’un ancien sportif devenu restaurateur. J’unissais les deux sources de mes revenus, le sport et la cuisine : nous ne pouvions que doubler les ventes. Je devais rencontrer un certain Victor Dantes – le nom du comte de Monte-Cristo me faisait sourire – dans son appartement de Neuilly. L’heure, affreusement matinale, s’expliquait par un voyage d’affaires que mon client, auteur et donneur d’ordres, devait accomplir dans la journee. On m’accordait donc un bref rendez-vous avec lui.
Degoulinant de pluie, je m’engouffrai dans la bouche de metro. Avalement. Tout cela etait une vaste metaphore (ou du moins, c’est ce que je veux desormais me dire, comme on s’assene des coups de marteau sur la tete) : la pluie, l’effacement des traits du visage, l’enfouissement sous terre. Je n’avais plus de visage, plus d’existence. Je ne le comprenais pas, je le repete, mais c’est pour moi une evidence desormais – si les evidences existent vraiment dans le labyrinthe de nos vies. Au moment ou je debouchai sur le quai, un metro arriva avec un terrible grincement, comme si tout, ce matin-la, devait etre trop fort, deforme et disloque.
Apres deux changements, puisqu’il faut toujours un peu de temps pour passer du monde des pauvres a celui des riches, je descendis a Pont de Neuilly. La, je dus marcher longtemps. Et quand je parvins en face de l’adresse de Victor Dantes, je compris que celui-ci n’etait probablement pas restaurateur ou bien que tout le monde aurait du le devenir : l’appartement etait en fait un hotel particulier qu’on devinait derriere les hauts murs du jardin. Lorsque la porte s’ouvrit, je vis un tres bel edifice, une grande et haute maison de maitre entouree d’un jardin entretenu avec soin, plante de grands arbres centenaires.