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Bois du Cazier

Auteur : Marie-Louise De Roeck | Jean Louvet

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Theatre

Editeur : Lansman, Carnieres, Belgique

Collection : Theatre a l’affiche, n 15

Prix : 8.00 €

ISBN : 978-2-87282-531-8

GENCOD : 9782872825318

  • Les presentations des editeurs : 13/07/2006

En 1956, la catastrophe du Bois du Cazier -un important charbonnage du Pays Noir (nom significatif donne a la region de Charleroi) – a endeuille non seulement la Belgique mais egalement plusieurs regions d’Italie dont de nombreux mineurs etaient originaires.

Jean Louvet et Marie-Louise De Roeck nous restituent la tragedie en quatre temps : une reunion syndicale qui souleve pas mal de problemes ; une visite medicale qui met en lumiere le peu de consideration pour les travailleurs ; les dessous d’une catastrophe annoncee ; et enfin le proces mettant en evidence la dilution des responsabilites, le manque flagrant de prevoyance et la predominance des querelles d’experts face aux drames humains qu’une telle catastrophe engendre.

Pas de jugement explicite de la part des auteurs, pas de sensiblerie non plus. Mais un rappel des faits essentiels dans une forme dramaturgique sobre et efficace faisant oeuvre de memoire pour les jeunes generations invitees non seulement a lire cette piece, mais aussi a transiter par la scene pour s’investir concretement dans cette quete de leurs racines.

Jean Louvet : Le theatre de Jean Louvet s’est d’abord inscrit dans les luttes sociales avant de s’elargir au role de l’intellectuel, a l’amnesie culturelle, a l’alienation marchande. Depuis quelques annees, il aborde l’exclusion, l’extreme droite, la crise de representation…

Joue en Belgique, en France, aux Pays-Bas, souvent traduit, Jean Louvet est une des figures marquantes de l’ecriture dramatique belge contemporaine.

Bois du Cazier appartient a la meme veine que La nuit de Courcelles ou Pierre Harmignie. Numero 17 – Pretre dans laquelle il souhaite participer a la memoire de sa region a travers des evenements marquants, souvent tragiques, d’un passe encore vivace dans les esprits des plus anciens, mais meconnu par les plus jeunes.

Marie-Louise De Roeck : Nee a Bazel en Flandre, licenciee en Langues germaniques a la KUL, elle est professeur de Langues modernes au College du Sacre-Coeur a Charleroi. En 1995, elle publie des interviews de partisans caroloregiens chez EPO. En 1996, elle organise avec dix ecoles une commemoration du 40e anniversaire de la catastrophe du Bois du Cazier a l’UT a Charleroi. Etonnee de ne pas trouver plus de documents edites a propos de cet evenement, elle se lance dans des recherches minutieuses avec l’aide de Renee Lemaitre et de Pasquale Colicchio, qui lui fait faire la connaissance de l’avocat Francois Collinet. Ce dernier leur livrera des documents venant du collectif de la defense des veuves. Ce sera ensuite la rencontre avec Jean Louvet, qui acceptera de donner une forme theatrale aux elements recoltes.

  • Les courts extraits de livres : 13/07/2006

Le Mineur 1 : Produire, produire plus vite ! Le Mineur 2 : Tas de faineants !

Le Mineur 3 : Ca n’avance pas, nom de Dieu !

Jean Van Lierde : Resultat de ma premiere pause ? Retenue des sept huitiemes de mon salaire ! Je dis bien sept huitiemes. On me payait donc une heure pour toute la nuit ! A la remontee de six heures du matin, deux Italiens me disaient : “Nous sommes penalises des quinze seiziemes de notre salaire”. Nos malheureux camarades n’etaient pas tres costauds, des flammes de haine brillaient dans leurs yeux comme s’ils exprimaient le vieux dicton populaire : “Nos ennemis, ce sont nos maitres”…. J’ai vu un Italien, la tete fracassee par un wagonnet qui s’etait detache sur la pente. Le crochet etait brise.

Le Mineur 4 : On verifie rarement les crochets et les chaines.

Le Mineur 5 : Le chef-porion nous oblige a grimper sur les chariots mal equilibres.

Jean Van Lierde : Le lendemain, j’avais juste le temps de bondir au bas de la pente pour ne pas etre ecrase par un wagon detache.

Le Mineur A (emu) : Cette nuit… le hurlement… mon copain qui criait : “Camarade, vite !”

Le Mineur B : Il etait plie de douleur, deux doigts aplatis contre un cintrage.

Le Mineur C : Il etait deux heures trente du matin. Il a du attendre son porion pour remonter.