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Bordeaux colonial : 1850-1940

Auteur : Christelle Lozere

Preface : Dominique Jarrasse

Date de saisie : 07/12/2007

Genre : Arts

Editeur : Sud-Ouest, Bordeaux, France

Collection : References

Prix : 19.90 / 130.54 F

ISBN : 978-2-87901-813-3

GENCOD : 9782879018133

Sorti le : 21/11/2007

  • Les presentations des editeurs : 17/09/2008

Bordeaux, grand port colonial du XVIIIe siecle, revait avec nostalgie, a la fin du XIXe siecle, aux annees fastueuses ou l’Afrique et les Antilles representaient une source de richesse providentielle. Ville de negociants, de capitaines et de medecins, elle ne rompit jamais le lien avec les colonies. Avec la constitution de l’empire colonial, Bordeaux se fixe comme objectif, en ce debut de XXe siecle, d’etre a nouveau la capitale coloniale de France, en concurrence avec Paris, Marseille et Lyon.
Au coeur de la machine, des 1850, Bordeaux multiplie les initiatives en faveur de la diffusion d’une culture coloniale : grandes expositions et foires sur les Quinconces, avec des pavillons coloniaux, villages negres et annamites, musee colonial au Jardin public et a La Sauve-Majeure, creation d’offices coloniaux, enseignement colonial dans les Facultes…
Aujourd’hui, les fonds artistiques et ethnographiques des musees bordelais et la presence d’importantes collections privees prolongent le souvenir de cette relation contrastee et souvent meconnue. Cet ouvrage est tres largement illustre de documents d’epoque.

Doctorante en histoire de l’art contemporain a l’universite Michel de Montaigne-Bordeaux III, Christelle Lozere est l’auteur de plusieurs articles dont Bordeaux a l’heure coloniale (Le Festin, n 56, 2006), et a participe a la redaction de Sud-Ouest Porte des Outre-mers (sous la direction de Pascal Blanchard, Editions Milan, 2006).

  • Les courts extraits de livres : 17/09/2008

LA CREATION DES MUSEES COMMERCIAUX ET COLONIAUX EN FRANCE A LA FIN DU XIXe SIECLE

Souvent assimiles, a tort, aux musees ethnographiques, la question des musees commerciaux et coloniaux francais est aujourd’hui tres mal connue. Pourtant, ces musees jouerent un role important dans les grandes villes portuaires francaises, a partir de la fin du XIXe siecle. Au coeur de la vie commerciale et universitaire, ils furent, avec les Expositions internationales, un solide instrument de diffusion d’une culture coloniale en France.

L’origine de la creation des musees commerciaux et coloniaux

A une epoque ou les grands voyages ne se concevaient qu’a partir de paquebots ou de cargos, les villes portuaires comme Marseille, Bordeaux, Lille, Dunkerque, Rouen, etaient des lieux de transit, de commerce et d’echange avec les colonies.
Avec la formation de l’empire colonial, les marches s’ouvrirent et se diversifierent et les Francais durent s’acclimater a de nouveaux produits venus d’outre-mer. Aussi, les autorites locales et nationales s’apercurent-elles rapidement que les Expositions universelles ne suffisaient pas a faire connaitre parfaitement les colonies et chercherent-elles, des les annees 1880, une nouvelle institution permanente qui pourrait apporter des connaissances diverses sur les produits venus d’ailleurs.
Si on veut apprendre aux Francais a connaitre les colonies francaises, il ne faut pas se contenter de dire ce qu’elles sont, il le faut montrer…
Les expositions coloniales montrent les avantages que presentent les colonies, mais elles ne peuvent suffire a mettre en avant le domaine colonial.
L’idee de creer une institution qui repondrait aux besoins des negociants apparait des les annees 1850 dans les principales villes portuaires. Il faudra pourtant attendre 1881 pour qu’elle s’impose enfin en France. Mais alors que les Francais en debattaient, l’Allemagne, la premiere, s’empressa d’adopter la nouvelle institution et le commerce allemand ne tarda pas a ressentir les effets positifs de l’initiative. La Belgique, l’Autriche-Hongrie, la Hollande, l’Angleterre, l’Italie comprirent d’emblee la necessite de creer ces musees et les resultats ne se firent pas attendre. Tres vite, la France accusa un retard face a la concurrence etrangere.
D’origine exclusivement francaise, l’institution des musees commerciaux a profite plus particulierement a nos voisins, a nos concurrents. Le fait n’est malheureusement pas isole, et nombreuses sont les idees qui, francaises d’origine, sont devenues etrangeres d’application et ont ainsi fait, a notre detriment, la fortune de nos adversaires.

Le role de l’Etat dans la creation des musees commerciaux et coloniaux francais

Face a la concurrence serieuse dont etait menacee la France, deja devancee par les pays voisins, les pouvoirs publics s’alarmerent. Au debut de l’annee 1883, le ministre du Commerce, Anne Charles Herisson, demanda un rapport sur les services rendus a l’etranger par les musees commerciaux, les agences d’exportation et les bureaux de renseignements. Il etablit, alors, au siege de son departement, un bureau de renseignements commerciaux destine a centraliser les documents relatifs au commerce, a l’industrie et a la navigation. Il crea egalement un organe hebdomadaire, Le Moniteur officiel du commerce, devant servir de lien entre le bureau administratif et les negociants. Le 11 septembre 1883, le ministre adressa une circulaire ministerielle a toutes les chambres de commerce francaises, les consultant sur l’utilite de creer un ou des musees propres a favoriser le developpement du commerce et de l’industrie. Il leur demandait s’il valait mieux tout centraliser a Paris en un etablissement unique, ou bien si elles ne jugeaient pas preferable de creer des musees regionaux pouvant etre directement utiles aux centres ou ils etaient places.
Au mois de novembre 1883, une commission nommee par le ministre fut chargee de rechercher les mesures propres a faire aboutir la creation des musees commerciaux et coloniaux dans les grandes villes francaises.
Le 15 mars 1884, la commission soumettait son rapport accompagne d’un Projet d’organisation des musees commerciaux. Plusieurs villes comme Lille, Lyon, Rouen, Amiens, Dunkerque, Saint-Nazaire, Oran… repondirent a l’appel.
Le 29 mars, une nouvelle circulaire ministerielle annoncait que les chambres de commerce francaises s’etaient declarees favorables au projet a la quasi-unanimite. Le 12 novembre, une commission fut creee afin d’examiner les caracteristiques de ces musees.