Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Bref séjour chez les morts

Auteur : Raymond Penblanc

Présenté par son auteur comme un récit-témoignage, Bref Séjour chez les morts rapporte avec l’âpreté de la radicalité une expérience des limites : limites du corps, limites de la connaissance, limites de la science. Car, si tout est dit, rien n’est expliqué.
Nul vertige fantastique ne vient cependant saisir le lecteur, confronté à cette ” autobiographie impersonnelle ” (racontée par le biais d’un ” il “). Au contraire, le geste littéraire ici tend à rendre toute chose compréhensible par les autres, au sens le plus fort de la préhension.
Il y a dans l’écriture de Raymond Penblanc la volonté de dire au plus sobre, au plus juste, la réalité, qu’elle soit fictionnelle ou vécue. Cette exigence et cette rigueur ascétique corsètent tout épanchement poétique. L’auteur écrit comme l’on explore une somme d’expériences humaines, décantant, distillant, transmuant dans le creuset des phrases un ” moi ” d’auteur en émois de lecteur.
Éblouissant de maîtrise, tout en évitant l’écueil d’un élitisme intellectuel, Bref Séjour chez les morts offre une plongée dans le bouillonnement intense de mots, d’images, de sensations, d’informations d’une création littéraire par-delà la simple représentation de la réalité.
Empêché de recourir au subterfuge de l’interprétation par cette écriture ” vraie ” qui ne réfute ni ne tait les humiliations et la honte, qui désavoue tout polissage, toute fioriture, le lecteur, à l’instar de l’homme pétrifié dans son corps, se constitue prisonnier d’une narration à l’efficacité redoutable. Perturbant. Perturbant et fascinant.