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Casamance

Auteur : Bernard Desjeux | Catherine Desjeux | Christian Saglio

Date de saisie : 14/11/2007

Genre : Beaux Livres

Editeur : Grandvaux, Brinon-sur-Sauldre, France

Collection : Pause

Prix : 38.00 / 249.26 F

ISBN : 978-2-909550-53-4

GENCOD : 9782909550534

Sorti le : 14/11/2007

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  • Le courrier des auteurs : 19/01/2010

1) Qui etes-vous ? !
Pas facile de repondre puisque d’abord on est deux Catherine ou Bernard “recto verso” comme disait Camus de ses amis Gallimard, on n’a pas peur des comparaisons ! ensuite on se cache l’un derriere l’autre, rebondissant d’une case dans l’autre : editeur, photographe, journaliste, ecrivain, voyageur, lecteur… a la bonne heure, un peu pecheur, un peu buveur, souvent ecouteur.

2) Quel est le theme central de votre livre ?
La vie, tout simplement.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
“Nous avons une haine, une haine fondamentale de la hierarchie et des cons du quotidien et du fatal” Bernard Lavilliers, cette phrase n’est dans aucun de nos livres mais elle pourrait-etre dans tous.

4) Si votre livre etait une musique, quelle serait-elle ?
Quelque chose entre Monk, Ali Farka Toure et Chopin a moins que Catherine ne rajoute un peu de bossa nova ou la clarinette de Frederic Paris ou bien encore un air improbable aux confins de tous les ailleurs proche du silence.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorite ?
Les autres.

  • Les presentations des editeurs : 30/12/2007

La Casamance, le sud du Senegal, a tous les ingredients d’un paradis terrestre : vegetation luxuriante, plages de reve ourlees de cocotiers, peuples accueillants… Mais cette region celebree par Leopold Sedar Senghor a connu bien des epreuves : des revoltes a repetition contre tout ce qui menace un mode de vie libre et independant, le naufrage du Joola qui a vu se noyer nombre de ses fils.
Le Casamancais, qu’il soit diola, mandingue, mandjack, peul…, s’accommode mal d’une autorite imposee. Christian Saglio nous l’explique dans un texte brillant et tres vecu. Les photographies de Catherine et Bernard Desjeux montrent avec humanisme l’elan de vie de cette societe qui accueille le voyageur en ami. Cette Casamance des lycees et des bois sacres, des rizieres et du petrole, de la democratie villageoise et des grandes revoltes a tous les charmes, meme ceux des stereotypes. Un visage de douceur et de violence, de contrastes et de paradoxes qui se referme sur vous pour longtemps.

Catherine et Bernard Desjeux se sont rendus pour la premiere fois en Casamance en 1976 puis y sont retournes a plusieurs reprises. Une facon de mettre leur regard en perspective. Christian Saglio, economiste, sociologue, fut directeur de l’Institut culturel et linguistique Leopold Sedar Senghor de Dakar, apres avoir vecu plus de dix ans au Senegal.

  • Les courts extraits de livres : 30/12/2007

Voyager c’est rencontrer. C’est aussi reconnaitre. La Casamance pour moi, c’est la complicite et la connivence… De ces lieux imaginaires que l’on retrouve familierement des le premier contact. Un pays que l’on a l’impression de reconnaitre, qui vous seduit au premier regard et vous apprivoise au hasard du voyage et des rencontres. … Je suis alle en Casamance. J’en revais depuis longtemps, a cause du mot romance et des chansons des isles… Malraux, dans ses Antimemoires, n’est pas le seul a s’enthousiasmer pour cette Floride senegalaise, isolee depuis des siecles comme une forteresse par un labyrinthe de marigots et de bras de mer, et aussi differente du Nord que l’eau peut l’etre du feu.

Tous les ingredients semblent reunis pour realiser une excellente mayonnaise pimentee de la juste dose d’exotisme : mer chaude + plages infinies de sable fin ourlees de cocotiers + seins nus dans les rizieres + tam-tams et pirogues + cigognes planantes et pelicans placides + danses effrenees au clair de lune + quelques masques, fetiches et autres sorcelleries pour faire frissonner un peu + mysterieux bois sacres interdits aux profanes + villages dits pittoresques enfouis sous les fromagers geants aux racines dites surrealistes + omnipresence feutree des pantheres, crocodiles et autres pythons rodant autour de la case tout confort, le tout baignant dans la douce torpeur d’un soleil eternel toujours au centre de la panoplie de toute bonne litterature touristique. Rien de spectaculaire, pas un degre de trop, ni desert, ni foret vierge, la gentillesse sans mievrerie l’equilibre comme une evidence. Un reve realise d’ecologiste, d’ethnologue et de touriste.

Comment evoquer la Casamance sans tomber a mon tour dans le fremissant, style paradis originel ou Afrique primordiale ? Comment decrire avec simplicite une histoire d’amour sans mise en scene qui commence avec le celebre Kassoumayede bienvenue et se prolonge par les bunuk-parties (le vin de palme, en diola) sous les palmiers ; les discussions memorables au bord de l’eau et sous les etoiles ; les plats de riz partages ; la danse ekong-kong ou chacun brandit le symbole de son autorite (lance, sabre, parapluie, ou meme… attache-case) ; la beaute, l’eclairage et l’atmosphere des grandes cases d’argile ; le cours insolite des rites de funerailles (nukut), oscillant sans cesse entre le drame et la farce, la dignite et le burlesque ; la fraicheur de l’ombre sous les manguiers ; l’ambiance et la courtoisie des luttes traditionnelles entre villages ; les ceremonies d’initiation (bukut), ou les ecoliers en vacances passent sans transition du lycee au bois sacre ; la pirogue qui glisse sous un tunnel de paletuviers ; le son du bombolon dans la nuit ; les odeurs aussi, celles de l’huile de palme, des flambees de paletuviers, du gingembre ou des rizieres humides ; les plages enfin, pourquoi pas ? Desertes comme il se doit, ou les seuls troupeaux de bord de mer se composent de boeufs authentiques et de crabes sprinters… Toute une gamme d’impressions et de sympathies qui font de la Casamance une terre si heureuse et si humaine.

Lorsqu’on navigue sur les marigots de ce vaste reseau fluvial, les rives se presentent sous un aspect varie et pittoresque, les villages que l’on entrevoit sont enfouis sous de frais ombrages qui defient l’implacable soleil intertropical ; aussi sont-ils d’un sejour agreable et, grace aux arbres fruitiers qui poussent dans les vergers et aux champs de culture entretenus dans le voisinage, ils assurent des ressources abondantes a la vie… Cette premiere impression datee de 1888, faite par Brosselard-Faidherbe qui etudiait les frontieres de la colonie, pourrait etre rapportee aujourd’hui dans les memes termes : la Casamance ou la permanence d’une impression heureuse.
A Ziguinchor, le rythme n’est plus le meme qu’a Dakar. Ni mendiants, ni encombrements. L’on respire encore le charme provincial et suranne des comptoirs coloniaux du XIXe siecle : longues maisons a colonnades, toits de tuiles, verandas, flamboyants et bougainvillees. Un immense fromager (le deuxieme a rendu l’ame) semble veiller sur la Gouvernance, un neologisme senghorien.