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Celebrations intimes

Auteur : Sigrid L. Crohem

Date de saisie : 05/02/2006

Genre : Romans et nouvelles – francais

Editeur : Chevre-feuille etoilee, Montpellier, France

Collection : Les chants de Nidaba

Prix : 8.00 / 52.48 F

ISBN : 978-2-914467-32-2

GENCOD : 9782914467322

Sorti le : 05/02/2006

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  • Le courrier des auteurs : 22/07/2009

1) Qui etes-vous ?
Une nomade aux sentiments de brume

2) Quel est le theme central de votre livre ?
Le chant de l’amour.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ?
…La foret est partout, vibrante de souffle, tu me portes au haut de cet arbre dont l’ecorce blesse mon ventre a le frotter si fort. Le ciel est la futaie. Je reve de respirer encore ces parfums insenses ou ton feu devient braise. Peut-etre un jour, une nuit, connaitrai-je a nouveau les sortileges de nos voluptes.

Extrait dans Femme Sommeil du livre Celebrations intimes Sigrid L. Crohem – Editions Chevrefeuille etoilee.

4) Si votre livre etait une musique, quelle serait-elle ?
? Une cantate.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorite ?
La chair et la couleur des mots.

  • Les presentations des editeurs : 09/06/2009

A travers ces nouvelles impregnees d’une atmosphere melant la chair, la sensualite, a l’art et a la beaute Sigrid L. Crohem nous montre cette seule verite: tout, oui tout, et surtout l’illusoire eternite de l’amour, est ephemere et seuls demeurent les instants captures goutte a goutte, dans l’ecoulement inexorable du temps.

L’espoir est la cependant. Dans les fissures du temps, il s accroche, resiste a l’erosion. Il est dans le regard pose sur une femme, dans la solitude partagee, dans l’eblouissement et la lumiere d’une terre somptueusement decrite, dans l’egarement des mirages qui, contre toute attente, nous revelent parfois a nous-memes, dans la fusion des corps qui n est que l’echo d’une quete parfois douloureuse, parfois exaltante, mais qui sans cesse nous rapproche de cette eternite.

Nous les voyons ces silhouettes que Sigrid L. Crohem campe avec une infinie tendresse. Elles sont dans les terres chaudes qu’elle porte en elle. Elles sont debout, lucides, et elles tendent la main a la recherche d’autres mains tendues, non pas pour s’y accrocher mais pour qu’ensemble nous puissions ouvrir les yeux et qu ensemble nous allions a la recherche de ce qu’il y a de plus profond en nous.

Maissa Bey

Sigrid L. Crohem etudie la Litterature et les Sciences Humaines en France et en Angleterre. Grande voyageuse et grande lectrice, elle poursuit a l’Universite de Vincennes en Economie et Societes et en Etudes feminines, une recherche sur la condition des femmes et participe aux mouvements d’emancipation. Concernee par le rapport entre l’Art et l’Histoire, elle contribue a des realisations artistiques dans le Cinema et la Musique (ecriture de scenarios, concerts…). Elle publie dans des revues sociologiques et litteraires dont “Etoiles d’Encre”.

  • Les courts extraits de livres : 22/07/2009

Depuis une etrange nuit a Dar-El Jia, la pensee d’une femme ne cesse de m’obseder. Je ne l’ai jamais revue. J’espere toujours la revoir. Je garde encore sur moi, dans l’une de mes poches, bien protegee, la photographie qu’elle avait tant aimee, ce regard lointain sous l’emprise des dunes… Je l’avais rencontree lors d’un voyage dans le Sahara. J’etais alors soldat et revenais d’une mission a Hassi Messaoud ou j’avais pris differents cliches de la base petroliere. J’embarquai pour un retour vers Alger sur un Nord 2502, vieil avion militaire affecte a l’aviation civile pour le transport des petroliers francais travaillant au Sahara. L’entree dans l’avion s’effectuait par l’empennage. Elle travaillait dans cette carlingue inconfortable et particulierement bruyante, legerement courbee par le plafonnement du bord. Ses cheveux blonds, coupes tres court et boucles, entouraient un visage allonge, eclaire par de grands yeux verts. Ses levres dessinaient une contrariete perceptible, une sorte de bouderie enfantine ombrageant legerement le rayonnement de sa personne. Elle portait un chemisier blanc, legerement ouvert sur une poitrine bien ronde, et une jupe bleu marine, cintree autour de la taille, qui tombait a mi-jambes, laissant entrevoir, du haut de ses talons, des chevilles fines. Elle souriait peu pourtant lorsqu’elle se detendait, de son visage emanait un emerveillement imprevu, une plenitude. J’cus alors le desir de la photographier a son insu. Assis au fond de l’appareil, j’avais ainsi le privilege de la capter a tout moment. Mon objectif put saisir son visage en constante mobilite. J’etais deja certain que cette apparence, souvent glacee et figee, cachait bien des incertitudes et que l’aptitude de son visage a prendre la lumiere temoignait de l’eclat de ses reconciliations avec la vie. Elle affrontait avec aplomb le milieu particulierement dur des petroliers et transformait le climat tendu, pesant dans le vieux zinc tordu par les brisures des toles, en un moment inhabituel a vivre. Dans ces instants precis, seul un grand travelling me permit de la suivre. Mon appareil, devancant toujours l’image que j’allais prendre d’elle, la saisit alors en un plan de profil. Elle regardait par le hublot la brume de chaleur deja lointaine qui remontait du desert ; enigmatique, son visage se laissait aspirer par les dunes disparaissant a l’arriere des montagnes. L’avion decolla a 9h, sous une chaleur deja torride. Auparavant, les navigants avaient passe une demi-heure d’escale sous les ailes de l’avion, attendant le chargement et le relais des petroliers qui retournaient a Alger apres trois mois a Hassi Messaoud. L’un d’eux tenait enfermes dans des boites a fromage deux scorpions roses qu’il brandissait de maniere provocante vers les autres. I1 les libera quelques minutes sur le sol pour les montrer aux navigants. Je pris quelques photos des visages curieux, toujours etonnes des hommes devant les creatures du desert. Elle les observait en silence. Je la photographiai a plusieurs reprises, son regard etait distant. Puis elle me sourit avec ironie, acceptant d’etre capturee.